Patrimoine ■ Le haïk, vêtement traditionnel féminin, est mis en valeur à l'occasion d'une exposition mise sur pied depuis, hier, par le Centre national d'interprétation du costume traditionnel de Tlemcen. Cette exposition vise à préserver ce voile typiquement algérien et à faire découvrir aux jeunes générations ce costume traditionnel, dans toutes ses formes et ses couleurs, a indiqué la directrice du Centre. La composition du haïk varie «selon le temps et les impératifs climatologiques. Sa texture peut être en laine ou en soie incrustée de filament d'or à l'occasion des mariages, a expliqué Ainad Tabet Radia, pour qui le haïk reflète également la catégorie sociale de la personne qui le porte. La façon de le vêtir diffère dans les zones urbaine et rurale. L'exposition met en relief, les manières de porter le haïk à «l'algéroise» ou à «la tlemcénienne», et ses différents types d'utilisation au quotidien ou lors des mariages et des deuils. Cette manifestation, abritée par le palais royal d'El Mechouar, s'inscrit dans le cadre des missions assignées au Centre national d'interprétation du costume traditionnel algérien. Celui-ci consent d'énormes efforts, depuis son ouverture, il y a près de deux ans, dans la préservation de ce patrimoine, a-t-on souligné de même source. Un défilé de femmes en haïk est également prévu lors de cette exposition qui prendra fin dans une dizaine de jours. Par ailleurs, le Centre d'interprétation du costume traditionnel algérien et des pratiques populaires, ouvert en février 2014 au niveau de la citadelle d'El Mechouar (Tlemcen), constitue un outil culturel pour préserver le patrimoine immatériel national et le valoriser. Cet espace de culture, unique dans son genre au niveau arabe et africain, a été créé, dans la foulée du classement en 2012 par l'Unesco, de la chebda tlemcénienne, au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, suite à une proposition du gouvernement algérien et du ministère de la Culture. Le Centre, situé en face du palais royal d'El Mechouar, se distingue par son architecture raffinée, un lieu idéal pour valoriser des traditions ancestrales et préserver de l'oubli des coutumes algériennes. Les lieux ont été également conçus pour la célébration des fêtes et autres occasions religieuses, et pour faire connaître et protéger les métiers traditionnels en voie de disparition. Cet espace culturel muséal à caractère éducatif vise également à valoriser la culture matérielle et immatérielle, liée au costume algérien et à ses parures dans toute leur diversité et richesse. La chebda est l'un des plus vieux costumes féminins dont la femme tlemcénienne a pu sauvegarder jalousement en le portant lors des mariages et autres occasions familiales. La chebda ou le costume traditionnel de la mariée, est composée d'éléments divers comme la chechia, brodée avec du fil en or, qui est d'origine andalouse. La Blousa est d'origine arabe, alors que la fouta est inspirée de la société amazighe et le Caftan renvoie à la culture et la civilisation Ottomane.