Le patron d'Apple a défendu hier, mercredi, sa position dans le bras de fer contre le FBI, qui veut obliger le groupe à débloquer un iPhone au nom de la lutte contre le terrorisme, en affirmant que ce serait «mauvais pour l'Amérique». «Ce serait mauvais pour l'Amérique. Cela créerait aussi un précédent qui, je pense, offenserait beaucoup de gens en Amérique», a indiqué le directeur général. «Je suis persuadé que nous faisons le bon choix». Apple est lancé depuis la semaine dernière dans une bataille judiciaire contre les autorités américaines, qui veulent le forcer à aider les enquêteurs à débloquer l'iPhone de Sayed Farook, un des auteurs de l'attentat de San Bernardino en décembre dernier en Californie et qui a fait 14 morts. Deux mois après l'attaque, les enquêteurs n'ont, en effet, toujours pas réussi à accéder au contenu crypté du téléphone. Le logiciel qui permettrait de décrypter le téléphone impliqué dans cette affaire particulière aurait en effet «le potentiel d'entrer dans n'importe quel iPhone. Ce n'est pas quelque chose qui devrait être créé», a martelé le patron d'Apple. Pour lui, «ce qui est en jeu ici, c'est : est-ce que le gouvernement peut forcer Apple à créer un logiciel qui, à notre avis, rendrait des centaines de millions de consommateurs vulnérables dans le monde et piétinerait les libertés civiles qui sont la fondation de ce pays». Au-delà de ce cas très médiatisé, les autorités américaines exigent aussi la collaboration d'Apple pour obtenir l'accès à au moins une dizaine d'iPhones dans différentes enquêtes, dont un trafic de stupéfiants à New York. Le bras de fer actuel suscite la colère des défenseurs des libertés civiles, qui craignent que la demande du FBI ne débouche sur une surveillance débridée aux Etats-Unis. USA : un tiers des innovateurs sont des immigrants Plus d'un tiers des «innovateurs» du secteur technologique aux Etats-Unis sont nés à l'étranger, selon une étude publiée hier, mercredi, par un centre de réflexion de Washington. D'après cette étude, les immigrants représentent 35,5% des «innovateurs» américains, définis comme les personnes qui font «des innovations importantes et commercialisables» dans des industries liées aux technologies. S'y ajoutent 10% d'innovateurs qui sont nés aux Etats-Unis, mais ont au moins un parent né à l'étranger. «Les gens peuvent penser que l'innovation technologique est soutenue par des gens qui abandonnent l'université de manière précoce pour des start-up, comme Bill Gates ou Mark Zuckerberg», les fondateurs respectifs de Microsoft et Facebook, commente un des auteurs de l'étude. «En réalité, les innovateurs d'Amérique sont plus probablement des immigrants avec des diplômes élevés, qui ont travaillé dur pendant des années dans de grandes entreprises», ajoute-t-il. Un stéréotype qui s'avère réel en revanche est la sous-représentation des femmes et des Américains issus de minorités. Les personnes noires, d'origine asiatique, hispanique, indienne... représentent seulement 8% des innovateurs nés aux Etats-Unis, alors que ces groupes constituent 32% de la population. Les Noirs, qui constituent 13% de la population des Etats-Unis, ne représentent que 0,5% des innovateurs. Pékin : la capitale mondiale des milliardaires l Pékin a ravi à New York le titre de «capitale mondiale des milliardaires», avec 100 de ces grandes fortunes recensées contre 95 dans la métropole américaine, selon une étude. Le nombre de ces richissimes Chinois habitant Pékin a augmenté de 32 par rapport à l'an dernier et seulement de quatre à New York, précise l'étude. Moscou arrive en troisième position, avec 66 milliardaires. «En dépit du ralentissement économique et de la chute des Bourses, la Chine a produit plus de nouveaux milliardaires que tout autre pays dans le monde l'an dernier, principalement du fait de leur entrée en Bourse», a commenté le responsable de cette recherche. La liste des grandes fortunes mondiales varie selon les publications spécialisées et les méthodes de classement employées, notamment entre celles de Forbes, Bloomberg et Hurun. L'an dernier, la Chine incluant Taïwan, Hong Kong et Macao a dépassé les Etats-Unis pour le nombre de ses milliardaires, avait rapporté Hurun en octobre dernier. Selon ses derniers chiffres, publiés hier mercredi, elle abrite désormais 568 milliardaires, 90 de plus que l'an dernier cumulant une richesse de 1 400 milliards, comparable au PIB de l'Australie. Un peu plus de 40% des milliardaires âgés de moins de 40 ans résident en Chine. Facebook : "Wouah", "Grrr" et "Haha", ces nouvelles applications l Jusqu'alors on ne pouvait qu'"aimer" une publication sur Facebook en cliquant sur le petit pouce bleu levé, mais depuis hier mercredi les utilisateurs du réseau social peuvent affiner l'expression de leurs sentiments avec cinq nouveaux boutons accompagnés d'émoticônes. Le milliard et demi d'utilisateurs de Facebook peut maintenant "adorer" avec un coeur rose la photo ou les informations partagées par ses amis. Plus exubérant, un smiley bouche ouverte permettra de s'exclamer "Wouah", et si la publication est drôle on peut cliquer sur "Haha" avec un bonhomme aux yeux plissés. Sur un registre plus sombre, les internautes ont le choix entre le bouton "triste" et son visage au sourire inversé ou le bouton "Grrr" avec un émoticône tout rouge. Facebook étudiait ces options depuis longtemps car des utilisateurs se plaignaient de n'avoir qu'un seul choix ; le bouton "j'aime" s'avérant particulièrement gênant en cas de publications sur des événements tragiques. Le réseau social a toutefois jugé qu'un bouton "j'aime pas" était inconvenant sur son site. "Nous ne voulons pas transformer Facebook en un forum où les gens votent pour ou contre les publications des gens", a expliqué son fondateur Mark Zuckerberg. Facebook est le plus grand réseau social mondial et revendiquait fin décembre dernier 1,59 milliard d'utilisateurs. Canada : les malades pourront faire pousser leur propre cannabis l Un tribunal canadien a déclaré invalide une loi adoptée par le précédent gouvernement conservateur qui interdisait aux patients autorisés à consommer du cannabis thérapeutique d'en faire pousser chez eux. La Cour fédérale a estimé que le «règlement sur la marijuana à des fins médicales», qui exigeait des patients d'acheter plutôt leur cannabis auprès de producteurs autorisés, violait leurs droits constitutionnels. Cette restriction contenue dans le règlement adopté en 2014 est «arbitraire et de portée excessive», a écrit un juge en donnant gain de cause aux quatre plaignants qui ont besoin de consommer du cannabis pour des raisons médicales. «L'imposition du régime en vue de contrôler la consommation de la marijuana à des fins médicales a eu des conséquences défavorables sur leur vie», a poursuivi le juge. Il a cependant suspendu pour six mois l'application de la déclaration d'invalidité afin de permettre au gouvernement d'adopter un nouveau régime conforme à la charte canadienne des droits et libertés. Néanmoins, les patients qui étaient déjà autorisés à cultiver du cannabis thérapeutique en vertu d'un précédent règlement de 2001 pourront continuer de le faire, a tranché le juge. Le Premier ministre canadien a promis, pour sa part, de faire du Canada le premier pays du G8 à légaliser le cannabis à des fins récréatives mais n'a pas établi de calendrier précis pour le faire. Nîmes : découverte des plus anciennes tombes musulmanes l Des fouilles ont permis de découvrir trois tombes musulmanes à Nîmes, de loin les plus an-ciennes découvertes en France et qui sont les premiers indices de la présence de communautés musulmanes dans le sud du pays au début du Moyen-Age. «On savait que les musulmans sont venus en France au VIIIe siècle, mais on n'avait jusqu'alors aucune trace matérielle de leur passage», explique l'anthropologue Yves Gleize, principal auteur de cette recherche publiée hier, mercredi. On disposait de quelques pièces de monnaie et de fragments de céramique, signes d'échanges commerciaux, mais rien de plus, précise-t-il, et ce, contrairement à la péninsule Ibérique, au sud des Pyrénées, qui a été sous occupation arabe pendant des siècles. En l'occurrence, les trois tombes ont été excavées près d'une grande avenue de Nîmes, à l'occasion de la construction d'un parking souterrain. Elles montrent clairement des rites funéraires musulmans: les corps de trois hommes étaient placés sur le côté, la tête regardant dans la direction de La Mecque. Des analyses des ADN prélevés sur des dents et les os indiquent qu'ils étaient d'origine nord-africaine. Ils étaient âgés respectivement de 20 à 29 ans pour l'un, d'une trentaine d'années pour le deuxième, et de plus de 50 ans pour le troisième. Ils n'avaient aucune trace de blessure. La datation radiométrique des ossements les fait remonter entre les VIIe et IXe siècles, précisent les chercheurs.