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Production de liège : Une matière noble à dépoussiérer
Publié dans Info Soir le 03 - 04 - 2016

Sept pays seulement produisent du liège dans le monde. L'Algérie, qui occupait, il y a quelques années, la troisième position au classement des pays producteurs a perdu sa place pour se retrouver en bas de la liste. C'est pourtant une des ressources -matière première- qui a fait longtemps la fierté de l'Algérie dans le bassin méditerranéen, sur les rives de laquelle existent des concurrents solides, comme le Portugal, le Maroc, la Turquie, ou encore la Grèce. Ce qui n'a pas échappé à la mafia du liège. Car si elle est peu connue, plusieurs affaires liées au trafic de cette précieuse ressource ont été révélées. De plus, les massifs de chêne-liège ne sont pas épargnés par les incendies. Dans ce contexte, certaines wilayas veulent encore y croire, en tentant de relever le défi de sa réhabilitation en ces temps de morosité vécus par le secteur des hydrocarbures. Outre ces régions, après des années de purgatoire, l'unité Béjaia-liège, reprend vie en affichant un état de santé insolent…
Une fierté algérienne dans le bassin méditerranéen
Parcours n L'Algérie était, de la fin du 19e siècle jusqu'au milieu du 20e siècle, le premier producteur de liège à l'échelle mondiale...
Cette espèce, dont le nom scientifique est Quercus Suber, a conquis la Méditerranée il y a environ 60 millions d'années, sur des superficies plus importantes qu'elles ne le sont de nos jours. Ce sont les variations climatiques importantes et l'influence de l'action de l'homme qui ont poussé le chêne-liège dans ses limites actuelles. Dans l'aire écologique méditerranéenne, le patrimoine du liège en Algérie est l'un des plus importants au vu de la superficie occupée par cette espèce, soit presque un demi-million d'hectares, dans les moments les plus fastes de cette espèce d'arbres. De Tlemcen à El Tarf et Souk Ahras, en passant par Tizi Ouzou, Béjaïa, Jijel, Skikda, Annaba, Guelma, un chapelet de forêts, parfois en tissu continu entre deux ou trois wilayas, se dresse sur les monts de l'Atlas tellien et va parfois jusqu'à des latitudes insoupçonnées, comme dans la wilaya de Bouira, où on le retrouve dans la daïra de Sour El Ghozlane, sur les monts du Titteri, associé au chêne zeen. Une curiosité biologique qui n'en est plus une, dès que l'on apprend que dans cette région, une exploitation effrénée a eu lieu dans les années 1940, en pleine Deuxième Guerre mondiale, afin de pourvoir la métropole en ce précieux produit utilisé dans l'isolation acoustique et thermique et dans la décoration domestique et bureautique, en plus de la bouchonnerie pour bouteilles. C'est une des ressources -matière première- qui a fait longtemps la fierté de l'Algérie dans le bassin méditerranéen, sur les rives duquel existent des concurrents solides, comme le Portugal, le Maroc, la Turquie, la Grèce, etc. C'était, jusqu'aux années 1970, un des créneaux les plus prometteurs, avec les autres produits agricoles (agrumes, produits de l'élevage ovins,…) que l'Algérie exportait au moment où le pétrole et le gaz commençaient à peine à connaître leur première ascension. Ce que l'on appelle aujourd'hui, sans souvent en prendre tout à fait conscience, la diversification économique était une réalité algérienne, dont faisait partie le liège, avant l'hégémonie pénalisante des hydrocarbures. Parmi les facteurs de la régression évoqués par les spécialistes : les incendies et la mafia du liège. En effet, le feu est venu à bout d'une grande partie des anciens peuplements. A Skikda, Jijel et certaines autres régions de l'Est algérien, outre les grands incendies de ces vingt dernières années, c'est la mafia du liège qui est à l'origine du recul dangereux de cette espèce. Certes, des parcelles de régénération sont venues rendre espoir, cependant, de nouveaux incendies se déclarent et viennent à bout de jeunes plants issus de la régénération. A ces phénomènes de régression se greffent l'urbanisation effrénée de la bande littorale du pays et les occupations illicites. Ces dernières se matérialisent par des activités agricoles au détriment de la forêt ou, pire, par l'installation d'habitations, hangars et autres formes de bâtis.
En chiffres …
l La forêt de chêne-liège n'a eu de cesse de se réduire en Algérie. On estime la superficie actuellement occupée par cette espèce à quelque 33 000 ha, une aire naturelle évaluée à 460 000 ha. En matière de production, les chiffres parlent d'eux-mêmes: 200 000 quintaux jusqu'aux années 1980 et 66 000 quintaux en 2013. Autrement dit, sur le plan strictement économique, le produit du liège ne représente plus grand-chose dans les agrégats nationaux.

Une production record de liège, estimée à près de 20 000 quintaux a été enregistrée cette année dans la wilaya d'El Tarf, a appris l'APS, mercredi, auprès de la Conservation des forêts. Cette production, qui conforte le premier rang national de cette wilaya de l'extrême est du pays en matière de récolte de liège, est le fruit de l'exploitation d'une subéraie couvrant 74 000 hectares, selon la même source. Les objectifs fixés ont été réalisés à plus de 90 %, a-t-on indiqué à la Conservation des forêts, soulignant que la baisse du nombre de foyers d'incendie ainsi que les bonnes conditions climatiques ont favorisé l'augmentation de la production de liège. Cette production record est également le fruit de l'amélioration des méthodes de déliégeage et l'exploitation de parcelles régénérées et entrées en production après une période nécessaire de dix ans. Lancée à la fin du mois de juin dernier, la campagne de déliégeage, confiée à l'entreprise régionale du génie rural Babors, s'est déroulée dans d'excellentes conditions, a-t-on affirmé. Les responsables de la Conservation des forêts ont fait part d'un «ambitieux» programme arrêté pour l'année 2016 portant sur le reboisement en chêne-liège de 200 hectares de forêts dans cette wilaya où la subéraie représente plus de 57 % de sa superficie forestière totale qui dépasse les 160 000 hectares.

L'unité de Bejaia-liège renaît de ses cendres
Dynamique n Après des années de purgatoire, l'unité Béjaia-liège, une émanation de l'ex-SNLB (Société nationale des lièges et bois), spécialisée dans la production de panneaux agglomérés en liège (isolation thermique et acoustique), reprend vie en affichant un état de santé insolent.
Ses performances, marquées par un doublement de ses niveaux de production et de son chiffre d'affaires, ainsi que son orientation affirmée vers l'international, renseignent on ne peut mieux sur son nouveau dynamisme certes, mais aussi sur ses projections. L'unité est sur le point de fonder une nouvelle usine dans la nouvelle zone industrielle d'El-Kseur (27 km à l'ouest de Béjaia) avec comme objectif le renforcement de ses exploits. Employant une soixantaine de travailleurs à peine, elle a produit en 2015 pas moins de 4 000 m3 de panneaux agglomérés (contre 2000 m3 en 2014), 76 tonnes de regranulé noir (contre 19 tonnes en 2014) et autant de poussières de liège, un sous-produit utilisé comme fertilisant ou remplaçant la paille dans les élevages. L'usine, sortie des limbes en 1933, puis nationalisée en 1964, capitalise une expérience, capable de lui garantir des horizons encore plus prometteurs, soutient-on. En fait, cette force acquise contraste fortement avec son état physique. L'unité, implantée à la périphérie de la ville, non loin du carrefour des quatre chemins qui fourmille de boutiques et d'ateliers industriels, est connue des seuls observateurs avertis. Cachée derrière un mur d'enceinte, elle n'accroche ni le regard ni ne renseigne sur son métier, «trahie» seulement par un panneau d'enseigne discret apposé latéralement au portail d'entrée. A l'intérieur, une fois le seuil franchi, l'attrait reste tout aussi austère, duquel apparaît une foule de bâtisses impersonnelles imbriquées les unes dans les autres et cernant un immense parking dont la quasi-vacuité renforce le «leurre» extra-muros. Le visiteur n'en lève le voile qu'une fois les pieds dans les ateliers, ou règnent un bruissement et une activité à tout rompre. Les lieux en soi ressemblent à s'y méprendre à un musée. «C'est presque une manufacture du 19e siècle», plaisante M.Himrane, ravi de dévoiler ses autoclaves fumants et ses équarisseurs à lame unique, qui fleurent l'ancien, mais qui lui calibrent des «produits de première main». Leur succès a dépassé les frontières nationales, arrivé jusqu'en Chine, intéressée par l'acquisition de la poudre de liège, ou encore dans d'autres pays européens, à l'instar de l'Autriche, attirée par les panneaux. L'unité traverse un moment de félicité. Et la crise, pour elle, n'est finalement qu'un motif de plus pour se transcender.
Des activités à l'export pour 50 000 euros
l Au même moment, elle a concrétisé sept opérations d'exportation vers l'Europe, notamment la Belgique, la France et l'Italie, pour un montant de plus de 50 000 euros. Pour autant, ses dirigeants évitent de pavoiser. «Nous avons redressé la barre certes, mais il faut persévérer et confirmer. On jugera sur la durée», commentera son PDG, Mohamed Himrane, qui s'est dit «optimiste», malgré un contexte de crise, quant à l'existence de plusieurs facteurs favorisant son activité. «Il y a une disponibilité sans limite du liège en Algérie, une manifestation d'intérêt de plus en plus importante en faveur du panneau isolant, notamment dans la construction et le bâtiment. Il y a aussi le souci partagé (public et privé) de réaliser des économies d'énergie, le liège ayant la faculté de réduire les consommations thermiques de l'ordre de 30 % dans les habitations, et les promesses d'une plus grande ouverture sur l'exportation», a-t-il expliqué. «Le liège est un produit d'avenir, il est écologique et durable et possède des propriétés d'isolation thermique et phonique inégalables, et reste de plus relativement peu onéreux», soutient-il.
Oran : une production de 557 qx prévue
Projection n La Conservation des forêts prévoit une production de 557 quintaux de liège cette saison au niveau de la forêt de M'sila, dans la daïra de Boutlélis (ouest d'Oran).
Pas moins de 554 qx de liège extrait de chênes-lièges avaient été cueillis lors de la campagne de l'année dernière, dépassant les prévisions de la Conservation des forêts estimées à 302 qx sur une superficie de 1 068 hectares. Le chêne-liège représente 5% des espèces forestières du massif boisé estimé à 41 302 ha dans la capitale de l'Ouest algérien. La qualité du liège «a été bonne» l'an dernier en raison de facteurs climatiques favorables, ajouté à cela la mobilisation de moyens nécessaires pour garantir le succès de la campagne supervisée par l'entreprise publique de génie rural Dahra, qui prend en charge la commercialisation de ce produit à travers une vente aux enchères, selon la même source. Cette opération commerciale dont le taux de 20% du montant global du produit commercialisé revient à la trésorerie publique conformément à la convention-cadre paraphée entre la Direction générale et l'entreprise de génie rural qui contribue à travers la cueillette à la création d'emplois. Utilisé dans l'industrie de transformation, le liège est cueilli dans la forêt M'sila, qui constitue le seul espace forestier au niveau de la wilaya d'Oran, qui recèle de chênes-lièges en raison de son altitude et de la baisse de température environnante. L'opération de cueillette, qui nécessite des travailleurs expérimentés dans le domaine, sera lancée au mois de juin prochain pour s'étendre jusqu'à août, aidée par la hausse de la température qui favorise l'enlèvement de l'écorce. Pour valoriser le patrimoine forestier qui a une importance économique, la Conservation des forêts œuvre à élargir la superficie de chênes-lièges à travers le reboisement et à stopper l'avancée du pin d'Alep, dont les graines affectent le sol et menacent la croissance du chêne-liège, a-t-on indiqué. Dans le but de préserver le chêne-liège, un arrêté de wilaya a été promulgué pour protéger la forêt M'sila, l'aménagement de pistes, la création d'une tour de contrôle et la mise en place de trois points d'eau équipés. La Conservation des forêts élabore une étude d'aménagement de cette forêt et veille à améliorer sa production, a-t-on ajouté.


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