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TLEMCEN : VERS LA REHABILITATION DES «SUBERAIES» INCENDIEES
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 19 - 01 - 2013

Les participants aux journées d'étude sur "la réhabilitation des 'subéraies' incendiées et reboisements", organisées, mercredi dernier, à la faculté des Sciences de la nature et de la vie et Sciences de la terre et de l'univers (département des sciences de l'agronomie et des forêts), sont unanimes à dire que la forêt algérienne, actuellement fragile, a besoin d'être protégée car la déforestation ne cesse de s'accentuer, en raison des incendies de forêts répétés.
Au cours des deux dernières décennies (1985-2006), les incendies de forêts ont dévasté l'équivalent de 779.872 ha, pour un nombre total de 32.354 foyers. Ce phénomène, qu'il soit naturel ou provoqué, pourrait avoir des conséquences néfastes sur les ressources naturelles d'une région qui risquent d'être irréversibles, selon les experts. L'Algérie constitue une entité écologique exceptionnelle dans la biosphère.
Rares sont les autres pays biogéographiques présentant une telle étendue et possédant une telle surface constituée par des écosystèmes de type méditerranéen, steppique et saharien. Cette année, les incendies de forêt ont été dévastateurs, dans la wilaya de Tlemcen, où plus de 15 000 ha ont été la proie des flammes, portant ainsi un sérieux préjudice à la flore et à la faune. Accentués par la canicule exceptionnelle qui a sévi au cours de cet été où les températures enregistrées ont parfois, dépassé 48°C, les feux attisés par un vent chaud provenant du Sud ont détruit de nombreuses espèces végétales. Rachid Tarik Bouhraoua, maître assistant à l'université de Tlemcen, a fait savoir, lors de son exposé sur " l'effet de la récurrence des feux sur la dégradation paysagère, l'altération sanitaire et la réduction de la production du liège de la subérie du massif forestier de Hafir-Zariffet (Tlemcen) que la région méditerranéenne est considérée comme un hot-spot de la biodiversité mondiale. Ses forêts ne couvrent que 8,5% du territoire (73 millions d'ha). Elles procurent un large éventail de biens et services de valeurs marchandes et non marchandes. Elle offre une panoplie de produits forestiers non ligneux (liège, pignons de pins, etc.), lutte contre la pauvreté et pour le développement socio-économique des populations rurales et abrite une richesse en biodiversité : 250 000 espèces de plantes vasculaires dont 50% sont endémiques : le chêne-liège affiche une diversité génétique extraordinaire, assure une qualité des paysages et lutte contre l'érosion, etc. En effet, a-t-il indiqué, cet écosystème a été façonné au fil des temps par diverses activités humaines et de multiples facteurs naturels y compris le feu. Les causes de ce facteur sont devenues progressivement anthropiques (90 à 95% selon les estimations des experts), développement de l'interface forêt-habitat, comportement du public par manque de sensibilisation au risque de feu, manque de sylviculture et de gestion.
La fréquence accrue des incendies de forêts compromet souvent la résilience naturelle de l'écosystème qui est devenu alors fragile et instable conduisant à son inévitable dégradation. Cette forêt déjà vulnérable, a-t-il ajouté, est confrontée aujourd'hui, à une autre menace d'une ampleur sans précédent, à savoir l'effet des changements climatiques, qui se manifestent par des hausses des températures, une diminution significative des pluies et une modification de leur régime, une fréquence accrue des épisodes de sécheresse estivale, des tempêtes, des inondations et des vagues de chaleurs. Ces changements ont un impact significatif sur la santé de la forêt qui se répercute sur les fournitures des biens et services offerts. L'Algérie qui fait partie de cette région, ne sort pas de cette situation, ses forêts sont soumises à de nombreux facteurs de dégradation d'ordre biotique et abiotique. Parmi ces derniers, on cite principalement les feux de forêts qui ravagent annuellement plusieurs milliers d'hectares. Le chêne-liège (Quercus suber(, cette plante de la famille des Fagacées représente le symbole d'une identité et d'une culture propres à la Méditerranée occidentale. Il constitue un patrimoine mondial unique. Sa forêt joue un rôle fondamental dans le bien- être des populations rurales et de la société en général. Elle constitue en effet, l'un des milieux uniques où se croisent ses valeurs multiples d'ordre économique, social et environnemental (3 enjeux du développement durable). Selon M. Bouhraoua, le chêne-liège est un arbre qui doit sa noblesse et sa valeur économique à son écorce qui se régénère une fois extrait selon des techniques particulières : le liège (bien marchand très demandé). Durant sa vie, l'arbre peut produire jusqu'à 1.800 kg de liège ou 430mm de liège de reproduction en 7 à 12 récoltes successives. Le liège est un matériau léger, élastique, isolant, imputrescible, utilisé depuis la haute antiquité pour des usages divers, mais l'utilisation la plus courante est la fabrication de bouchons et de rondelles.
Les déchets de fabrication sont broyés en "granulés " permettant de fabriquer avec du liège aggloméré divers produits : Diapo-panneaux aggloméré (expansé ou blanc), utilisé en bâtiment, comme isolant thermique et acoustique, doubles murettes, les travaux d'étanchéité, En industrie de chaussures. Des panneaux pour décoration utilisés dans les revêtements décoratifs muraux, isolants thermiques et acoustiques des salles (réunions, lecture, conférences), faux plafonds des locaux, etc. La 'subéraie' est un générateur de revenus à la population rurale, permettant d'améliorer leurs conditions de vie. Elle contribue à la création d'emplois dans les usines de transformation du liège.
Le secteur du liège crée, chaque année, plus de 3.500 emplois saisonniers durant la campagne d'exploitation du liège (de mai à septembre : récolte et transport) et emploie près de 1.400 travailleurs saisonniers et permanents dans les unités de transformation du liège (publiques et privées). L'élevage, l'apiculture, l'agriculture sont d'autres activités génératrices de revenus. La 'subéraie' offre aussi des services à forte valeur ajoutée non marchandes : elle abrite une biodiversité parmi les plus riches au monde : plus de 400 espèces de vertébrés dont beaucoup sont protégées : le lynx ibérique en Andalousie, le cerf de Corse, le singe Magot (Jijel et Béjaia), le cerf de Barbarie (El Tarf), plantes, qualité de paysages, protection des sols, etc.
Les forêts de chênes-lièges s'étendent entre les frontières tunisiennes et marocaines, occupant une tranche 'altitudinale' comprise entre le niveau de la mer Jijel, Skikda, Béjaïa et 1550 m à Teniet El Had. La superficie productive est passée de 450.000 ha à moins de la moitié (220.000 ha), la production a chuté en corollaire de 300.000 q/an à moins de 10.000 q/an (soit moins de 2/3). Les principaux facteurs de ces chutes (superficie production) sont les attaques parasitaires, enrésinement (pin d'Alep/pin maritime), embroussaillement, qualité de l'exploitation du liège, vieillissement. Mais le plus grave est représenté par les incendies à répétition. La 'subéraie' bien développée (résultat de l'évolution lente et progressive de longue date des écobiocoenoces) constitue un milieu cohérent composé d'un ensemble d'éléments (sol-végétaux-animaux) interdépendants intégrant dans un dispositif harmonieux : les différentes strates de végétation qui se superposent depuis la strate arborescente dominante (le chêne-liège) jusqu'à la strate herbacée. Quand l'incendie survient, toute cette harmonieuse construction s'écoule, se détruit en un instant parfois ruinée à jamais (selon les conditions, la récurrence et l'intensité des feux). Toutes les communautés biologiques parfaitement organisées sont bouleversées, ce qui éloigne la forêt de son équilibre initial. L'orateur a en outre souligné que l'été 2012, a été soldé par une catastrophe tri-dimensionnelle (écologique, économique et sociale) suite aux incendies de forêts ayant parcouru des superficies records (plusieurs dizaines de milliers d'hectares). Les 'subéraies' comptent parmi les forêts les plus touchées par ce sinistre, surtout dans les grandes régions à chêne-liège, comme Tizi-Ouzou, Béjaïa, Jijel, El Taref, etc.
Selon le Pr. Mohamed Bouazza, les participants à ces journées (16-17 janvier 2012), ont proposé une série de recommandations. Tous ont insisté sur le besoin urgent d'un cadre légal consultatif qui regrouperait tous les acteurs (chercheurs, gestionnaires forestiers, industriels, etc.) ayant comme titre, par exemple, Conseil national d'orientation pour le développement durable de la subéraie et du liège : les missions, propositions de nouvelles stratégies et politiques forestières de conservation et de relance de la production en liège, (réflexion, élaboration des programmes, etc.). Le meilleur cadre pour assurer la diffusion et la valorisation des résultats de la recherche scientifique auprès de l'administration forestière centrale (direction générale des Forêts). Réhabilitation des 'suberaies' après feu. Aménagement spécifique pour la récupération des 'subéraies' après feu. Amener une production régulière pour les industriels pour le maintien et la sauvegarde de la filière. Revoir le mode de gestion, d'organisation et d'exploitation du liège par la DGF, en concertation avec les autres partenaires scientifiques et industriels. Intervenir sur les 'subéraies' incendiées en s'inspirant de l'expérience étrangère de réhabilitation (portugaise, française, italienne, etc.) : actions rapides de recépage. Etablir un plan d'équipement de défense contre les incendies, en relation avec le niveau de risque d'Incendie pour les forêts. Encourager les moyens préventifs contre les feux (gestion du combustible). Pour les reboisements, tous se sont accordés à renforcer le savoir-faire en matière de reboisement : qualité du plant, sol, suivi par les entreprises, mise en défens, etc., voir les possibilités de réhabilitation des maquis à chênes-lièges, maintenir l'aire du chêne-liège, penser au reboisement en mélange : avec pin pignon, caroubier.


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