«Il faut neuf mois pour préparer un vaccin, même dans les pays développés.» C?est ce qu'a affirmé le Dr Derrar Fawzi, de l?Institut Pasteur, hier, lors d?une journée d?étude organisée par le ministère de la Santé et à laquelle ont pris part plusieurs spécialistes de la santé ainsi que des représentants des ministères concernés par la prévention. Le Dr Derrar expliquait ainsi la difficulté que vont rencontrer les pays du monde pour disposer d?un vaccin, contre la grippe aviaire. Il a souligné que le virus aviaire peut avoir 144 combinaisons. «Il mute sans arrêt, ce qui explique la difficulté de lui trouver un vaccin final», dit-il. Ce dernier a aussi expliqué que tous les oiseaux migrateurs sont vulnérables à ces 144 combinaisons. «Les antiviraux seront utilisés en attendant la fabrication du vaccin contre la nouvelle souche. Bien que leur efficacité soit discutée, ces antiviraux restent néanmoins la seule arme dont nous disposons actuellement», a-t-il ajouté. De son côté, le Dr Bouguedour, du ministère de l?Agriculture a expliqué qu?«en Algérie, on n?a jamais diagnostiqué la grippe aviaire dans les élevages avicoles. Les premières mesures ont été prises dès 2002 avec l?apparition de la maladie aux Pays-Bas et en Allemagne et ce en interdisant toute importation d?oiseaux exotiques quel que soit le pays de provenance», a-t-il souligné. Le Dr Amrani, de la direction de la prévention au ministère de la Santé, a, quant à elle, parlé du plan national de lutte contre la grippe aviaire. Ce plan prend en compte les deux phases de la pandémie, la phase prépandémique durant laquelle, «les interventions visent à réduire le risque d?émergence d?un virus pandémique». Et la phase pandémique «où les interventions viseront à réduire la morbidité, la mortalité et la désorganisation sociale», souligne-t-elle. Ce plan consiste surtout en des actions et des mesures sanitaires et médicales, mais aussi des interventions médicales. «Notre objectif principal est d?éviter l?introduction de grippe aviaire dans notre territoire, d?éviter si la pandémie éclate, l?apparition d?une nouvelle souche virale, et enfin de contenir et de maîtriser l?épidémie de manière à en limiter l'impact sur la population», explique-t-elle.