Commentaires n Trois jours après l'hospitalisation du Premier ministre israélien, toujours dans un état critique, quelques gouvernements arabes commençaient, hier, vendredi, à sortir du silence. Le président égyptien, Hosni Moubarak, dont le pays est lié à Israël par un traité de paix, a souhaité le rétablissement de Sharon, le qualifiant d?un homme de paix. Moubarak a fait savoir qu'il désirait poursuivre sa collaboration avec Israël, selon une chaîne de télévision israélienne. Plus tôt, la presse gouvernementale égyptienne avait fait état de l'inquiétude du Caire sur l'avenir d'Israël, exprimant la crainte des autorités égyptiennes de voir un retour au pouvoir du chef du Likoud, Benjamin Netanyahu. «En cas de disparition de Sharon, le retour de Netanyahu à la présidence du Conseil en Israël est quasi certain et nous savons tous qu'il représente l'aile la plus hostile à la paix et à la poursuite de son processus», affirme Al-Akhbar un quotidien gouvernemental. Le gouvernement de Jordanie a également réagi et affirmé «suivre avec intérêt le développement de l'état de santé du Premier ministre israélien, notamment ses effets sur la scène palestinienne et israélienne ainsi que le processus de paix», selon Nasser Jawdeh, porte-parole du gouvernement jordanien. L'Autorité palestinienne a, elle aussi, exprimé son inquiétude par la voix de son Premier ministre, Ahmad Qoreï, estimant que la disparition de Sharon «laisserait un grand vide en Israël». «C'est un grand événement qui aura des répercussions, en Israël et dans toute la région», a-t-il ajouté. Au Liban, le gouvernement, au pouvoir depuis le départ de l'armée syrienne du pays l'an dernier, s'est exprimé publiquement. «Qu'il meure ou non, ce qui nous intéresse c?est que la région parvienne à une solution pacifique, réglant tous les problèmes», a affirmé le ministre libanais des Affaires étrangères. L'Iran s'est, quant à lui, félicité de la détérioration de l'état de santé d?Ariel Sharon. Par ailleurs, la Maison-Blanche a refusé de parler des conséquences d'un retrait politique du Premier ministre israélien, malgré la très forte probabilité qu'il ne puisse pas reprendre ses fonctions. Jugeant choquants, par ailleurs, les propos du télévangéliste chrétien, Pat Robertson, assimilant l'accident cérébral du Premier ministre israélien, à une punition divine. Robertson a, rappelons-le, déclaré lors d'une de ses émissions télévisées qu'Ariel Sharon avait été puni pour avoir «divisé la Terre sainte», dans une allusion au retrait de la bande de Gaza, l'année dernière, et au démantèlement de colonies en Cisjordanie. Devant l?état de santé critique d?Ariel Sharon, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a annulé une tournée prévue en Indonésie puis en Australie, qui devait débuter, aujourd?hui samedi. Rice devait partir pour Jakarta afin d'y rencontrer les responsables du gouvernement indonésien, puis à Sydney pour participer à une conférence sur le changement climatique.