Réalité n Le nombre des cas d'intoxication alimentaire enregistrés annuellement dans notre pays est révélateur de carences en matière de contrôle et d'inconscience des consommateurs. L'Algérie enregistre annuellement une moyenne de 5 000 cas d'intoxication alimentaire collective avec des décès, à travers tout le territoire national, sans compter les cas isolés d'intoxication individuelle, qui prennent de l'ampleur notamment durant la saison estivale. Des chiffres effarants qui reflètent à la fois l'insuffisance des opérations de contrôle et de l'hygiène alimentaire menées par les services concernés et l'inconscience des citoyens vis-à-vis d'un phénomène aussi dangereux. Longtemps négligée ou peu connue dans notre pays, la notion de «sécurité alimentaire» commence à prendre forme avec l'apparition d'associations de protection du consommateur. Avec les moyens du bord, ces associations, qui tentent tant bien que mal d'inculquer la notion de protection du consommateur et de faire face aux irrégularités du marché en général, éprouvent toutes les difficultés du monde pour atteindre leurs objectifs, pourtant d'une importance capitale. L'avant-projet de loi élaboré par le ministère du Commerce compte attribuer d'importantes prérogatives à ces associations, dont le droit d'ester en justice les commerçants fraudeurs. Elles seront également dotées de moyens financiers pour l'organisation d'actions de sensibilisation, indique le directeur de la qualité et de la consommation au ministère. Il faut savoir qu'avec l'entrée en vigueur de l'Accord d'association avec l'UE et dans la perspective de l'adhésion de l'Algérie à l'OMC, le principe de protection du consommateur devient inéluctable. La sécurité alimentaire reste, en réalité, une tâche partagée entre les parties intéressées, alors que les rôles actuels sont limités aux pouvoirs publics qui n'interviennent qu'en cas de crise. Les producteurs sont en principe soumis à la réglementation, notamment la loi 89.02 relative à la protection du consommateur, qui leur impose un autocontrôle. Les consommateurs ont leur part de responsabilité en matière de sécurité et leur vigilance constitue un moyen incontournable dans la lutte contre toutes les formes d'anarchie et de mauvaises intentions de certains commerçants, importateurs ou producteurs, dont le seul souci est de tirer profit sans se soucier de la santé des citoyens.