Un des trois islamistes indonésiens condamnés à mort pour l'attentat de Bali, Mukhlas, a écrit quatre livres en captivité, dont un pour justifier cette attaque, mais n'a pas encore réussi à trouver d'éditeur, a raconté ce lundi son avocat. Les avocats du condamné ont démarché plusieurs éditeurs, mais aucun n'a accepté, de crainte d'être accusé de soutenir les actions du terroriste, un haut responsable de la Djamaa Islamiya, un réseau fortement soupçonné d'être lié à Al-Qaîda. Les éditeurs «doivent se rendre compte que même si une personne est emprisonnée, ses droits intellectuels ne le sont pas», a expliqué Me Wirawan Adnan. L'attentat de Bali, le 12 octobre 2002, avait fait 202 morts, en majorité des touristes étrangers. Mukhlas avait donné le feu vert final aux kamikazes pour mener l'attaque. Le militant islamiste a rédigé une autobiographie et trois autres ouvrages : Les personnalités qui ont influencé ma vie, Vingt manières d'éduquer les épouses et Le Djihad de l'attentat de Bali : ma défense. Mukhlas, 43 ans, veut être publié pour que ses droits d'auteur aillent à sa femme et ses enfants, dont l'un a été prénommé Oussama, en référence à Ben Laden, le chef d'Al-Qaîda. Mukhlas, ou Ali Ghufron, a fait appel devant la Cour suprême d'une décision en appel confirmant sa condamnation à mort.