Résumé de la 13e partie n En plein hiver, un homme découvre dans son jardin une grappe de raisin. Il doit vite la cueillir s'il ne veut pas qu'elle pourrisse ! L'homme passe la nuit à penser à sa grappe. Il a décidé de manger le raisin. Peut-être, après la prière de l'aube, ou alors, un peu plus tard, au repas de la mi-journée. Peut-être qu'il ne mangera rien d'autre pour garder le goût du fruit à la bouche… Mais il se dit : s'il mange la grappe, il va sans doute ressentir un grand plaisir, mais après, il oubliera le raisin et les choses reprendront leur cours normal. Il n'y aura plus de grappe à regarder… L'homme se dit : et si, au lieu de manger le raisin, il le vendait ? Il lui rapporterait un peu d'argent, de quoi améliorer son quotidien, mais là aussi, l'argent serait vite dépensé… «Mon Dieu, que faire de cette grappe de raisin ?» Cette grappe, qui le remplissait d'aise, devient pour lui un casse-tête ! Que faire ? Que faire ? La manger ou la vendre ? «Et si, au lieu, de la vendre, au souk, je l'offrais ?» Bien sûr, il y a les notables de la ville ou les autorités religieuses : on le féliciterait, on lui donnerait quelque argent, et on le renverrait chez lui ! Non, s'il veut faire un présent de sa grappe, il doit viser haut : c'est au roi qu'il doit l'offrir ! Le roi… Il ne l'a jamais vu, mais il sait qu'il vit dans un beau palais, qu'il a de nombreux ministres, des trésors… Peut-être qu'il se laissera attendrir par le présent et se montrera généreux ! Il pourra lui verser son pesant d'or ou alors le nommer à un poste supérieur, peut-être même ministre ! «C'est décidé, je vais offrir ma grappe au roi !» Le lendemain matin, il se prépare un viatique, une gourde d'eau, il met le bât à son âne et va couper la grappe. «Je regrette de t'arracher à ta treille, mais je vais t'offrir au roi !» Et il quitte sa maison et sa palmeraie. Il marche longuement, dans le désert. La ville où se trouve le roi est assez loin de là, mais l'homme a décidé de s'y rendre, il s'y rendra. Il s'arrête pour manger. C'est alors, qu'il aperçoit, au loin, un homme sur un dromadaire. L'homme, lui aussi, l'a vu et il se dirige vers lui. — Que le salut soit sur toi ! — Que le salut soit également sur toi ! L'homme descend de son chameau. — Je t'invite à partager mon modeste repas ! — Volontiers, dit l'homme. Il s'assoit à ses côtés. — Où vas-tu ainsi, à travers le désert ? — Je me rends dans la ville où réside le roi ! — C'est aussi ma destination ! — A ton âne, je vois que tu es un paysan… — Oui, je possède une lopin de terre que je cultive (à suivre...)