Le volet études du projet du port commercial centre d'El Hamdania, dans la wilaya de Tipasa, piloté par le Laboratoire des études maritimes (LEM) à Alger, sera achevé le 25 décembre prochain, a annoncé le ministère des Travaux publics et des Transports dans un communiqué repris par l'APS. Cette date a été communiquée au ministre du secteur, Boudjemaa Talai, lors de son passage au LEM pour s'enquérir de l'avancement des études détaillées sur ce projet structurant stratégique. La visite de travail du ministre s'inscrit dans le cadre des études d'avant-projet détaillé (APD) confiés au groupement algéro-coréen (LEM et le Consortium Yuhill-Yooshin). A cette occasion, M. Talai a suivi une présentation des études se focalisant sur les méthodes d'optimisation des travaux, tout en maintenant les objectifs arrêtées par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à savoir des capacités de traitement de 6,5 millions de conteneurs équivalent vingt pieds (EVP)/an et 28 millions de tonnes de marchandises générales. Le ministre a également assisté aux essais sur modèle réduit en trois dimensions (bassin à houle 3D), et en deux dimensions (canal à houle 2D). Notons qu'en janvier dernier, un protocole d'accord portant réalisation du nouveau port avait été signé entre le Groupe public des services portuaires et deux compagnies chinoises. L'accord stipule la création d'une société de droit algérien composée du Groupe public des services portuaires et des deux compagnies chinoises, Cscec (China state construction corporation) et Chec (China harbour engineering company). Ce projet, dont le coût est estimé à 3,3 milliards de dollars et qui doit être lancé en travaux début 2017, sera financé dans le cadre d'un crédit chinois à long terme. L'infrastructure portuaire sera mise en service progressivement. Le futur grand port commercial va s'étendre sur une superficie de plus de 1 000 hectares et disposera d'une zone logistique de 2 000 hectares. Il sera doté de 3 360 mètres linéaires de quai pouvant accueillir des navires de grande taille. Selon la fiche technique de ce projet, les délais de réalisation ont été ramenés à 7 années au lieu de 10. Les travaux seront exécutés par des entreprises nationales publiques et privées en partenariat avec des étrangers. De par ses grandes capacités de transbordement et sa position géographique stratégique, ce port facilitera l'acheminement des marchandises vers l'Afrique après son raccordement aux axes autoroutiers, dont la transsaharienne Alger-Lagos, avec un gain de temps et d'argent, ce qui en fait un concurrent pour les autres ports commerciaux du Bassin méditerranéen, qui, d'ailleurs, suivent de près sa réalisation. Cette infrastructure devrait augmenter les capacités portuaires actuelles de la région centre qui ne sont plus en mesure de faire face à la croissance du trafic prévue à l'horizon 2050. En effet, selon les prévisions du secteur des transports, le volume du trafic dans cette région du pays devrait atteindre, à cette échéance, 35 millions de tonnes de marchandises/an et deux millions de conteneurs de 20 pieds annuellement contre 30% de ce volume traité actuellement par les ports d'Alger et de Ténès, soit près de 10,5 millions de tonnes actuellement. Toujours selon le ministère, une fois ce port réalisé, il est prévu de transférer progressivement certaines activités du port d'Alger vers cette nouvelle place portuaire. A la lumière de ces indications, il apparait que le nouveau port est d'un grand intérêt et d'une importance stratégique pour le pays et le continent. Z. A.