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Annaba : le zéro et l'infini
Propos de jeunes suite à la campagne médiatique anti-algérienne menée par les égyptiens
Publié dans La Tribune le 05 - 12 - 2009


Photo : S. Zoheïr
De notre correspondant à Annaba
Mohamed Rahmani
La qualification de l'Algérie au Mondial suite à sa victoire au Soudan face à l'Egypte a été le point de départ d'une campagne médiatique menée tambour battant par ce «grand pays frère» qui n'a pas digéré la défaite de son équipe et a prolongé le match via les chaînes satellitaires. Ainsi, à coups de «douctours» et de soi-disant spécialistes qui déversent leur fiel sur l'Algérie, ces canaux ont excellé dans «l'art» tout égyptien de dénigrer et d'insulter, allant même jusqu'à s'attaquer aux symboles sacrés de tout un peuple. Religieux chauvinistes, hommes dits de culture, acteurs et auteurs de navets et autres «bach mouhandis» se sont joints à ces «hauts faits d'armes» face à un «ennemi» qu'il fallait abattre parce que l'algérie gagnant un simple match, les projets élaborés et les plans préparés sur la base d'une victoire «plus qu'assurée» ont été réduits à néant. Et la «Grande Egypte», «oum eddounia» comme ils disent, a montré son vrai visage au monde, celui d'un mauvais joueur et d'un mauvais perdant. L'Algérien a découvert ces derniers temps une méchanceté et une haine insoupçonnées jusque-là, surtout venant d'un pays qu'on dit «frère» ; une haine qui a été «revendiquée» et criée haut et fort par des présentateurs hystériques. Les Algériens médusés se voient traiter de tous les noms et leur histoire revue et corrigée par de nouveaux négationnistes. Cette campagne a amené des commentaires, des critiques acerbes et des réactions parfois violentes ; ce qui est sûr, c'est que tout ce qui est égyptien est aujourd'hui mal vu et l'on ne se reconnaît plus dans cette arabité et cet arabisme tant vantés par les discours et les envolées lyriques des uns et des autres et il n'est nul besoin d'être un analyste attitré ou un spécialiste de la question pour voir que, quelque part, ces incidents ont rendu service à l'Algérien, il découvre son algérianité, sa différence, sa propre culture, son identité vraie, son appartenance et sa fierté originelles et là c'est authentique, sans artifices, c'est nature et bio. Dans les rues de Annaba, les commentaires vont bon train : colère, amertume, mépris, écœurement et pour certains, désir de vengeance reviennent sur toutes les lènres. «Nous avons longtemps été embobinés par leurs films à l'eau de rose», nous dit une jeune étudiante de la faculté de droit. «Ils nous ont endormis pour mieux nous rouler, aujourd'hui, je découvre avec stupeur qui ils sont vraiment et je m'en veux d'avoir cru en eux ; ils sont narcissiques et se croient au-dessus des autres. Je suis écœurée par ces comportements infantiles parce que j'ai vu des artistes déverser tout un chapelet d'insultes sur nous ; ces gens sont vraiment tombés très bas et je suis d'avis que notre gouvernement rompe les relations avec ce pays qui a érigé l'hypocrisie comme modèle de relation.» Un autre étudiant est intervenu pour dire que les films qu'ils exportent dans tous les pays arabes n'ont rien apporté de bon. «Ce sont des navets et le scénario est toujours le même, on change seulement d'acteurs. Je n'ai jamais vu de film de science-fiction ou sur l'histoire des pharaons dont ils se réclament, dont ils disent qu'ils sont les descendants. Et puis quel problème ont-ils avec nous ; nous avons gagné un match, événement somme toute normal, cela arrive tous les jours à travers le monde et il n'y a pas eu de la part des perdants une animosité et une haine pareilles, qu'est-ce qu'il y a pour être leurs ‘‘frères'' qu'on s'aplatisse devant eux ? Personnellement je ne veux pas être le frère de gens qui ont traîné dans la boue nos chouhada, notre histoire et brûlé notre drapeau. Je ne pardonnerai jamais cela !» Un autre jeune, la barbe bien fournie et après un «bismillah» qui marque quelque peu sa différence, nous a déclaré être désolé d'avoir entendu et lu les propos d'un théologien, un des ouléma se ranger du côté de l'Egypte et fustiger l'Algérie, ne lui reconnaissant même pas le fait d'être un pays musulman. «Je suis vraiment tombé de haut, lance-t-il, pour un simple match, on nie notre appartenance à la ‘‘oumma'' islamique, c'est démentiel, j'en suis tout retourné. Je crois que ces gens sont devenus fous, ils se trompent d'ennemi, ils ferment leurs frontières aux Palestiniens de Ghaza, empêchent le passage de toute aide, tirent à vue sur quiconque tente de la franchir pour fuir les bombardements israéliens et ils reçoivent en grande pompe le président d'un Etat ennemi de tous les Arabes et musulmans et l'invitent à un déjeuner. Franchement, je ne comprends plus. L'Algérie, c'est mon pays, c'est la terre de mes ancêtres, la terre d'un million et demi de martyrs ; maintenant je comprends ce que me disait souvent mon père en répétant le vieil adage : ‘‘elli lik, lik, welli khatik, khatik !'' (celui qui est de ta chair est de ta chair, celui qui ne l'est pas ne l'est pas) Aujourd'hui, les masques sont tombés et j'ai découvert à mes dépens que les Egyptiens ne sont pas de notre chair.» Du côté de la place d'Armes, un des quartiers chauds de la ville de Annaba, ça bouillonne, on se dit prêts à aller en découdre avec les Egyptiens qui nous ont salis. «Moi, je ne pardonne pas», nous dit un jeune chômeur, ils ont insulté l'Algérie et ses martyrs, c'est quelque chose de sacré, il faut leur rendre la pareille ; ce type de choses ne s'oublie pas, match ou pas match, rien. Ils le paieront et au prix fort. Ils nous ont traités de terroristes, de bandits, d'ignares et bien d'autres qualificatifs. Moi, je leur dis ces mots qui résument tout : ce sont des traîtres à la nation arabe et au monde musulman, ils monnayent tout, et ça, l'Algérien ne peut pas le faire au risque de se renier lui-même. Nous avons notre fierté et, Dieu merci, elle est restée intacte malgré toutes les difficultés que nous avons traversées ; l'Algérie est restée debout et elle est toujours fière. Ben M'hidi, Amirouche, Benboulaïd, Hassiba, Zighout et tous nos valeureux chouhadas peuvent dormir tranquilles, l'Algérien d'aujourd'hui est resté fidèle à son pays. Pour preuve même les harraga arrêtés en pleine mer avaient des drapeaux avec eux !» Dans tous les propos que nous avons recueillis dans les quartiers de la ville de Annaba, on constate que tous sont attachés à l'Algérie et lui vouent un amour filial, un amour à toute épreuve. Ce qu'il y a de bon dans cette «querelle» avec l'Egypte c'est que cela a permis aux Algériens de redécouvrir leur appartenance, leur identité propre et leur unité. Quelque part, ce pays «frère» nous a rendus service, il a permis de mesurer l'attachement que chaque Algérien a pour ce pays et tous se sont soudain trouvés soudés l'un à l'autre, oubliant leurs différences. Le zéro de l'Egypte et le un de l'Algérie ont montré l'infini de cet amour que les Algériens ont pour leur pays où qu'ils soient sur cette planète.


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