L'année s'achève comme elle a commencé pour les Palestiniens. L'Etat maintes fois annoncé de la Palestine est encore une fois relégué aux calendes grecs et les Palestiniens contraints de poursuivre, inlassablement, le dur combat libérateur. Pourtant, le démarrage de négociations directes entre les Palestiniens et l'occupant israélien, initié par l'administration Obama, donnait des gages d'espérance. Le président américain accordait une année à la clarification des contours du nouvel Etat. Le scepticisme des réalistes ne donnait, par contre, aucun crédit à l'initiative américaine. A juste titre, l'intransigeance israélienne a tout fait pour mener le néo-processus de paix vers le mur. Entre-temps, la marine israélienne agresse une flottille d'aide internationale qui tentait de forcer la prison de Ghaza. L'opération coûte la vie à neuf passagers turcs, provoquant l'indignation mondiale. Mais Israël, un Etat au-dessus du droit international, jouit de l'impunité internationale. En pleins pourparlers, le feu vert est donné à la construction de 1 600 logements à El Qods, provoquant un froid avec Washington. Le parrain du processus de paix n'arrive pas à imposer un minimum de respect pour la crédibilité des négociations. Pourtant, le président Mahmoud Abbas joue le jeu côté palestinien. Reprise des constructions en Cisjordanie au lendemain de l'expiration d'un moratoire. Le 11 novembre, Benyamin Netanyahou accepte le principe d'un nouveau moratoire de quatre-vingt-dix jours sur la colonisation en Cisjordanie, mais exige d'abord des garanties écrites sur des aides proposées par les Américains. Le 21 novembre, Mahmoud Abbas exprime son agacement et se dit être contre une reprise des négociations sans un gel total de la colonisation. Finalement, Washington annonce renoncer à faire du gel de la colonisation un préalable à la reprise des pourparlers. Israël peut désormais coloniser en négociant. Le monde entier est ainsi édifié que le Président de la plus grande puissance de la planète n'est pas en mesure d'obtenir un temps d'arrêt de la colonisation des territoires palestiniens. Le monde entier découvre, une fois de plus, que la légalité internationale ne veut absolument rien dire quand il s'agit d'Israël. Dans la désillusion ambiante, l'espoir reste de mise. Il est symbolisé par la reconnaissance de l'Etat palestinien par d'importants pays d'Amérique du Sud : le Brésil et l'Argentine. M. B.