La création du Championnat d'Afrique des nations (CHAN), l'une des plus grandes décisions de la CAF, est une opportunité pour les joueurs locaux d'acquérir une expérience au plan international. C'est un tremplin pour tous ceux qui rêvent d'intégrer un jour le groupe de la formation phare de leur pays, une plateforme pour les espoirs, une compétition irremplaçable. La deuxième édition du CHAN se déroule au Soudan depuis le 4 février dernier et la finale se jouera le 25 février prochain. Cette compétition est une véritable aubaine et une initiative extrêmement salutaire car elle est une sorte de Coupe d'Afrique des nations (CAN) mais à laquelle participent uniquement des joueurs évoluant sur le continent. Ce qui peut représenter, d'une part, un bon tremplin pour ces joueurs, le plus souvent amateurs, et, d'autre part, un meilleur moyen de visiblité pour les championnats nationaux africains. C'est un peu une épreuve nouvelle puisque la CAF, au vu du succès de la première édition en Côte d'Ivoire, a décidé de doubler le nombre des participants.La mission première de la CAF est de participer au développement du football dans l'ensemble du continent, sans oublier personne. L'instance suprême du football africain a trouvé au Soudan une oreille particulièrement attentive à l'organisation de ces joutes africaines. Cependant, les débats avant la compétition tournent très souvent autour de la capacité du joueur local à jouer son rôle et à honorer son contrat. Mérite-t-il sa place dans l'équipe fanion qui ira représenter le pays dans ces compétitions ? Pour certains, la réponse est non. Tout simplement, parce que les joueurs locaux n'ont pas un haut niveau et ne méritent pas de figurer dans l'équipe A. Pour d'autres, il faut les inclure dans l'équipe. Leur seule présence permet la promotion du championnat local. Aussi, la mise sur pied d'une compétition comme le CHAN est une opportunité pour les pays qui ne comptent que sur les expatriés lors des compétions internationales de faire émerger les joueurs locaux à l'image de l'Egypte et de la Libye. Des pays comme l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Nigeria, le Ghana, la Côte d'Ivoire ou le Cameroun qui possèdent les plus gros contingents de joueurs expatriés dans les plus grands championnats européens donnent rarement au joueur local l'occasion de montrer son talent. Le CHAN est donc une aubaine d'exhiber son talent loin de la concurrence presque déloyale des professionnels venus tout droit d'Europe. Il est évident que le Soudan et les autres pays organisateurs n'ont pas l'intention de s'en tenir au CHAN. Il leur faut désormais renouer avec une CAN qu'ils désirent abriter pour bénéficier de ses retombées économiques. Mais chaque épreuve a sa spécificité. Elle s'adresse à des joueurs différents, à diverses catégories d'âge, femmes, etc. Le CHAN est une compétition spécialement dédiée aux joueurs évoluant dans leur pays. C'est une obligation pour la CAF de penser à ces joueurs, de leur offrir une chance de revêtir le maillot de la sélection nationale. C'est grâce à toutes ces compétitions que le football peut progresser : champions du monde cadets, juniors, olympiques, les équipes féminines, de plus en plus compétitives au niveau mondial. De tels résultats ne seraient pas possibles sans un strict maillage des épreuves qui répondent chacune à des critères différents. Concernant la CAN, et indépendamment des problèmes de transport, il y a de beaux stades tout neufs, de belles pelouses dans certains pays organisateurs. Il y avait du monde dans les stades, mais également en province. Le public vient au stade même si ce n'était pas le pays organisateur qui joue. Au niveau sportif, le niveau de jeu était quand même assez moyen. En Angola par exemple, avec 5 équipes qualifiées pour la Coupe du monde 2010, on s'attendait à mieux. Même si l'intensité des matchs à partir de la dernière journée du premier tour s'est un petit peu élevée. On a vu de beaux quarts de finale, comme Algérie-Côte d'Ivoire ou Cameroun-Egypte. Mais, ce n'était pas le top niveau. On retrouve 3 fois d'affilée le même vainqueur contre des adversaires différents, ça veut dire quelque chose. ça fait 6 ans quand même. Donc quand un pays est bien organisé, et fonctionne bien, il est au-dessus du lot. Ce n'est pas normal. On n'a jamais vu ça en Amérique du Sud, en Europe ou même en Asie : aucun pays n'a remporté 2 fois de suite l'Euro. L'Argentine a aussi remporté 3 fois de suite la Copa America en 1945, 1946 et 1947, mais sur une durée totale de 3 ans. Même s'il y a beaucoup plus de joueurs étrangers qui évoluent en Europe, le problème vient de l'organisation du football en Afrique. Il faut absolument rehausser le niveau du football sur le continent africain, en passant par la formation et les championnats de jeunes. Il n'est pas normal que des pays ne puissent pas former des jeunes chez eux et leur faire disputer des compétitions sur le continent. Parce qu'un joueur quand il évolue en Europe et qu'il revient en CAN, son rendement n'a rien à voir avec celui qu'il livre sous les couleurs de son club. Y. B.