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Taberdga, une cité berbère et un haut lieu d'histoire en quête de valorisation
A cinq kilomètres de Chechar, dans la wilaya de Khenchela
Publié dans La Tribune le 21 - 05 - 2011

Le village de Tabergda, à 5 km de Chechar, dans la wilaya de Khenchela, avec ses maisons anciennes aux couleurs virant vers le gris et ses toits de tuile rouge, trônant au cœur de vergers de palmiers dattiers, de grenadiers et de figuiers, est une véritable fresque à la gloire de l'architecture berbère, si typique des traditions ancestrales de l'Algérie profonde.Perché sur un nid d'aigle comme la sentinelle oubliée d'un autre temps, sur le bord d'un éperon rocheux, le vieux Taberdga domine un cirque exceptionnel du fond duquel surgit une luxuriante végétation dont les arbres majestueux laissent à peine entrevoir les sinuosités d'un cours d'eau.La beauté et la fraîcheur de ce lieu surprennent le voyageur empruntant la RN83, nouvellement refaite. L'émerveillement augmente d'un cran à l'approche des ruines bien conservées de la séculaire Taberdga révélant une architecture traditionnelle. Les constructions, s'élevant pourtant sur plusieurs niveaux, sont faites de pierre, sommairement ou pas du tout taillées.Témoins de cette urbanisation séculaire, les vestiges de l'ancienne mosquée dont le minaret et les murs extérieurs sont encore debout, donnent une idée du génie et du savoir-faire des anciens bâtisseurs.En plus de la fortification naturelle que lui procurait son emplacement sur le bord d'une falaise abrupte, ce vieux village était accessible par quatre portes que l'on fermait la nuit, affirme Tayeb Benomrane rencontré dans son garage, à l'entrée de Taberdga, en train de démonter un moteur.«Je me souviens fort bien des escaliers de Djamaâ dechra (mosquée du village) dont les marches étaient faites de planches très solides», dit-il, regrettant l'indifférence des gens qui conduit à la dégradation de cet important vestige cultuel et historique.L'inscription du site, vieux de presque un siècle, sur la liste du patrimoine national en 1928 «ne le répertorie que dans la catégorie des sites naturels, passant sous silence toute la valeur historique de son patrimoine architectural et urbanistique», assure Khelaf Righi, directeur de la culture de la wilaya de Khenchela, cité par l'APS.Imputant cet «oubli délibéré» au souci de l'administration coloniale d'effacer toutes traces de civilisations berbéro-islamiques, ce responsable assure qu'une démarche a été engagée en 2008 pour classer Taberdga en tant que site historique à sauvegarder et à valoriser.En rupture totale avec la nouvelle zone urbaine Chechar «sans âme», vers laquelle ont été transférés en 1978, à 5 kilomètres au nord, les sièges de la daïra et de la commune, jusque-là installés à Taberdga, le vieux village est à partir de cette date relégué au statut d'agglomération secondaire, même si son urbanisation s'est poursuivie au bas de l'ancienne dechra.Chef-lieu de daïra depuis 1974 et, déjà en 1958, siège de la commune-mixte de Chechar, la localité était devenue, après une période de turbulences, une contrée quiète et paisible pour les voyageurs qui lui donnèrent l'appellation de Taberdga qui, selon la tradition orale, se compose de deux termes Taba et Ragad signifiant «se repentir» et «dormir».Deux saints patrons et quatre falaises gardent la cité entourée de quatre majestueuses falaises appelées Taberdga, Ziza, Antar et Edh-Dhahri, Taberdga, aux habitations anciennes et nouvelles éparpillées sur des escarpements aux pentes plus ou moins prononcées, est «immunisée», dit-on, contre les chutes mortelles.
Deux saints patrons veillent sur la cité
«Koul kaf yadhmane fi kaf» (chaque ravin est la caution de l'autre), assure cheikh Miloud, un septuagénaire marié à trois femmes et père de 25 enfants, qui jure avoir été témoin de plusieurs chutes dont les victimes s'en sont sorties toutes indemnes.Un passant, saisissant au vol la discussion, n'hésite pas à corroborer les termes de cheikh Miloud en ajoutant que même lorsque une voiture dérape sur un escarpement, les passagers s'en sortiront «sains et saufs quel que soit le dommage subi par le véhicule». Cette «baraka», la localité la doit, dit-on, aussi à ses deux saints patrons Sidi Rached et Dada Belgacem Youcef, dont les sépultures surplombées de coupoles veillent sur les deux seules ouvertures donnant accès à son site circulaire resserré par les montagnes.La source Aïn El Hammam qui arrose la luxuriante bande verte de figuiers, d'abricotiers, de grenadiers, de vignes et bien d'autres arbres fruitiers et forestiers s'étirant à partir de Taberdga vers les localités Mezine, Taghit, Zaouïa et El-Amra, prend vie dans l'oued Bedjar, alimenté par plusieurs sources lui assurant un écoulement continu.Chaude en hiver et étonnamment fraîche en été, l'eau de Aïn El Hammam coule à ce jour mais les habitants refusent de «faire boire son eau, même au bétail, de crainte de tomber malades à cause de sa pollution par les eaux usées» déversées 5 kilomètres plus haut par le nouveau chef-lieu de commune de Chechar, affirme cheikh Miloud qui montre du doigt l'étendue de la pollution de ce cours d'eau devenu verdâtre.
Le Goundi, un rongeur-médicament
Le Goundi pour guérir l'hépatite. Taberdga est aussi connue pour constituer un habitat pour l'une des espèces faunistiques les plus menacées d'Algérie, le Goundi de l'Atlas (Ctenodactylus gundi), un rongeur de la taille d'un petit lapin. Grillée, la viande de cet animal, que l'on chasse à la demande de malades ou de leurs proches, est réputée guérir l'hépatite localement appelée Essafaira (la jaunisse), affirment des jeunes rencontrés sur la placette de Chechar. «Nous le chassons à titre gracieux et refusons de nous faire payer en contrepartie», affirme le jeune Hamza Kaderi, pourtant chômeur. Très alerte, le jeune homme assure également refuser de chasser le Goundi lors de sa période de reproduction durant le printemps. Ici, le braconnage du Goundi est méprisé. Pour ces jeunes, personne de la région, sauf peut être de rares enfants en quête d'argent de poche, n'acceptera de chasser cet animal pour de l'argent.Voilà une des innombrables curiosités d'une région qui a sûrement bien d'autres choses à révéler, pour peu qu'on se penche dessus et qu'elle soit valorisée comme elle le mérite. Mais là, c'est une autre question, dont la réponse est à chercher du coté de nombreux responsables et institutions qui doivent travailler de concert pour redonner à ce site et bien d'autres à travers le pays leur véritable image.
R. N.


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