L'Algérie a plaidé devant les Nations unies pour inclure la surveillance des droits de l'Homme dans la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso). En déplorant que cette dernière soit la seule de toutes les missions de l'ONU à ne pas être dotée d'un tel mécanisme, la délégation de l'Algérie à l'ONU a souligné que l'une des conséquences de cette défaillance a été que la Minurso n'a pas été en mesure de suivre la situation dans le camp de Gdeim Izik, démantelé par le Maroc en novembre 2010. Pour le représentant de l'Algérie à l'ONU, qui intervenait au cours du débat général du Comité spécial des OPM, ou «Comité des 34», mercredi au siège de l'ONU, la Minurso a été écartée des transformations progressives des fonctions dévolues aux autres Opérations de maintien de la paix de l'ONU (OMP). Il a observé dans ce sens, qu'au cours des deux dernières décennies les OMP avaient considérablement évolué en passant de forces d'interposition classiques à des missions multidimensionnelles opérant le plus souvent dans des environnements complexes et hostiles. Cette évolution s'explique, selon lui, par la préoccupation partagée par les Etats membres quant à la nécessité d'apporter aux différents conflits «une réponse appropriée et efficace, tout en préservant et en améliorant les tâches traditionnelles chargées du maintien de la paix». Indépendamment des différents mandats confiés à chaque mission, a poursuivi l'intervenant, les opérations de maintien de la paix des Nations unies ont le devoir de soutenir la stabilisation de la situation et de fournir au Secrétaire général de l'ONU, au Conseil de sécurité et à la communauté internationale «des informations indépendantes et crédibles sur la situation sur le terrain, en particulier sur la situation des droits de l'Homme». En faisant référence à l'évolution de ces fonctions dévolues aux différentes missions de l'ONU chargées du maintien de la paix, l'intervenant a, cependant, observé que «très loin de tous ces paramètres, le cas de la Minurso semble être unique». En effet, a-t-il expliqué, «toutes les transformations connues par les Opérations de maintien de la paix des Nations unies semblent s'appliquer à toutes les missions sauf à la Minurso». Dans ce sens, il a déploré que la Minurso «n'est même pas dotée du mécanisme pour surveiller et établir les rapports sur la situation des droits de l'Homme sur le terrain, en dépit du fait que la promotion et la protection des droits de l'Homme ont été identifiées au sein de l'ONU comme un élément essentiel pour parvenir à une paix durable». En évoquant cette défaillance et ses conséquences parfois dramatiques, il a cité l'exemple tout récent du procès des 24 civils sahraouis de Gdeim Izik pour faire remarquer que la Minurso, sans un mandat de surveillance des droits de l'Homme et de l'élaboration de rapports y afférents, «n'était pas en mesure de surveiller la situation, lors du démantèlement du camp de Gdeim Izik en novembre 2010». Même le Secrétaire général de l'ONU, a-t-il rappelé, avait reconnu cette réalité dans son rapport sur la question du Sahara occidental adressé au Conseil de sécurité en avril 2011. Dans ce rapport, M. Ban Ki-moon avait «clairement» mentionné que «la Minurso n'a pas été en mesure de suivre la situation dans le camp de Gdeim Izik, du fait que les autorités marocaines avaient entravé son accès. Tout comme les tentatives de patrouilles militaires et de visites du personnel de sécurité des Nations unies ont été empêchées ou arrêtées à plusieurs reprises». Sur cette base, a souligné le représentant de l'Algérie dans son intervention devant le Comité des 34, «ma délégation estime qu'il est temps de réaffirmer la légalité internationale en plaçant la Minurso en conformité avec les autres missions de la paix et de s'assurer qu'elle inclut les fonctions de surveillance et d'élaboration de rapports (reporting) d'une manière régulière sur la situation des droits de l'Homme». Par ailleurs, l'intervenant a insisté pour souligner que la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales incombe à l'ONU et que la coopération avec les accords régionaux doit être effectuée conformément aux dispositions du Chapitre VIII de la Charte des Nations unies et non destinée à remplacer le rôle de l'ONU. A cet égard, a-t-il fait valoir, l'Union africaine a démontré une détermination «renouvelée» et la volonté de déployer des opérations de maintien de la paix «pour aider à stabiliser les environnements fragiles, fournir le soutien indispensable aux forces de la paix et créer les conditions d'une paix durable». Il a, cependant, fait part des sérieuses contraintes auxquelles est confrontée l'UA, en matière notamment des ressources financières et de logistique, qui entravent ses opérations de maintien de la paix, appelant à un renforcement de ses capacités à travers un financement prévisible et durable. A. R. /APS