«J'ai décliné des offres de grands clubs européens à cause de la CAN» Rafik Djebbour n'a, à aucun moment, utilisé la langue de bois pour répondre aux questions qui lui ont été posées et ses réponses sont loin d'être inintéressantes. Ecoutons-le. * Le président de la FAF vient de rendre publique la décision prise par Saâdane de ne pas vous retenir dans la liste des joueurs qui prendront part à la CAN, Ziaya vous ayant été préféré. Un commentaire ? Cela n'a pas été pour moi une surprise, dans la mesure où l'entraîneur national m'a contacté personnellement et m'a informé qu'il ne pouvait pas compter sur moi pour la CAN. Je manque tout simplement de compétition. * Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ? C'est très difficile d'accepter cela car pendant deux ans, je me suis battu avec mes coéquipiers de l'EN pour arracher ces deux qualifications et au final, je me retrouve privé de CAN. C'est très frustrant sur tous les plans et surtout sur le plan sportif. L'entraîneur national, juste après le match contre l'Egypte, m'a clairement signifié que si je voulais prendre part à la CAN, je devrais me trouver un club et avoir du temps de jeu. Il n'y a rien de plus logique que de compter sur des joueurs qui sont compétitifs. Je n'ai aucune raison de ne pas accepter cela. * Votre remplaçant en sélection est Ziaya… Je le connais de réputation et aussi parce qu'il brille en Coupe continentale et en championnat national. Je lui souhaite une bonne réussite, bien sûr. * Et pour ce qui est de la venue du joueur de Santander, Lacen ? Ce joueur avait refusé de venir en sélection, au moment où le pays avait besoin de lui. Je ne dis pas cela pour le dénigrer, mais il a une dette envers le pays et c'est pour cela qu'il doit se transcender et donner le meilleur de lui-même. Je lui souhaite bonne chance. * Qu'y a-t-il de nouveau en ce qui concerne les clubs qui veulent vous recruter ? J'ai reçu des offres de plusieurs clubs qui ont l'intention de jouer les premiers rôles dans leur championnat. C'est le cas de Bochum en Allemagne et aussi de la part de clubs italiens, français et grecs. A chaque fois lors des négociations, j'ai mis sur la table ma libération pour la CAN, ce qui a fait capoter toute négociation. Bien sûr, maintenant la donne a totalement changé. * Comment cela ? Maintenant que j'ai tout mon temps, je veux faire le meilleur choix et étudier profondément toutes les propositions et il y en a certaines qui m'intéressent. * Il s'agit de quel club ou, à défaut, de quel championnat ? Il y a plusieurs offres et mon manager s'en occupe. Mon choix pourrait se porter sur le championnat grec, pour un club qui joue les premiers rôles. Cette période est très importante et le meilleur choix doit être fait, car si je dois rater la CAN, je n'ai pas l'intention de rater le Mondial. * Quelles sont, d'après-vous, les chances de l'EN en Angola ? Elles sont réelles, car nous avons battu à deux reprises le champion d'Afrique en titre. Je pense que nous avons l'équipe pour terminer à la tête de notre groupe, malgré la présence du pays organisateur. Après cela, vous savez, cela se jouera sur un match et tout sera possible dans ce cas-là. Je pense que la CAN sera aussi dure que le Mondial, ne serait-ce qu'à cause des conditions climatiques. * Et pour ce qui est de la Coupe du monde ? Il y a une seule équipe qui rallie tous les suffrages en ce qui concerne le passage au deuxième tour, c'est bien sûr celle d'Angleterre. Elle a l'expérience et les joueurs qu'il faut pour dominer le groupe. Pour ce qui est du deuxième ticket, les trois autres nations, dont l'Algérie, partent à chances égales. Avec une bonne préparation, nous sommes en mesure de passer au deuxième tour. * Quand serez-vous fixé, en ce qui concerne votre prochaine destination ? Comme je vous l'ai dit, je pendrai le temps qu'il faut avant de me décider, surtout que je suis maintenant certain de ne pas prendre part à la CAN. * Par quoi voulez-vous conclure ? Croyez-moi, j'aurais tout donné pour vivre l'aventure africaine avec mes camarades. Je comprends parfaitement la décision de Saâdane, car c'est l'intérêt de la nation qui prime. Je voudrais remercier tous ceux qui m'ont soutenu lors des moments difficiles que je viens de traverser. Je promets aux amoureux de l'EN de revenir en pleine forme pour défendre comme il se doit les couleurs nationales, car je sais que les portes de la sélection me sont toujours ouvertes. Je leur donne d'ailleurs rendez-vous pour le 3 mars face à la Serbie. Entretien réalisé par M. H.