«Il faut arrêter de tout incomber à Halilhodzic» Foued Kadir était inconsolable, samedi en fin de match. Dans cet entretien exclusif, le milieu de terrain marseillais revient sur cette élimination amère concédée lors cette CAN et nous livre ses impressions sur le rendement global de l'équipe lors des deux précédentes sorties. Foued, cette défaite vient anéantir vos chances et d'anticiper votre départ de cette CAN ? C'est une grosse déception. C'est là un scénario regrettable. On a donné le maximum dans ce match ; on a dominé pratiquement tout le match, mais malheureusement, on n'a pas su concrétiser les occasions qu'on s'est procurées. Sincèrement Foued, qu'est-ce qui a manqué à cette équipe ? Je crois que comme tous mes camarades l'ont déclaré, on a manqué terriblement de réussite. On n'a pas été efficaces. Maintenant, on doit vite se remettre au boulot et penser aux matchs qui restent pour la qualification au Mondial-2010. On doit absolument retrouver notre efficacité. Ça s'est joué sur de petits détails, un penalty non sifflé, des erreurs qu'on a payées cash, et puis voilà, il ne faut s'arrêter là. La déception est totale dans le camp algérien, les supporteurs n'avalent pas cette sortie précoce ? Déjà, on doit présenter nos excuses à nos supporteurs qui sont venus jusqu'ici nous encourager. Sincèrement, on ressent exactement ce qu'ils ressentent. On a tout donné ; on a mouillé le maillot lors des deux matchs joués jusqu'ici mais ça n'a pas voulu sourire. C'est le football ; il faut l'accepter. Les bonnes prestations n'assurent pas forcément les bons résultats. On a voulu faire le jeu ; on s'est fait prendre sur des contres assassins. Le Togo a été plus réaliste, car sur deux occasions, ils ont réussi à marquer deux buts. Ne vous êtes pas vus trop beaux, parce qu'on on a lu parfois dans la presse que la Coupe d'Afrique était un objectif évident pour les Verts ? Non, je ne suis pas de cet avis. Si c'était le cas, on aurait manqué d'humilité et d'engagement. Et au bout des deux matchs, il paraît bien qu'on était loin d'avoir été médiocres ; je parle de la production d'ensemble, bien sûr. Je dis ça au-delà de l'élimination qui reste amère. Il faut signaler aussi que c'est la première CAN pour la plupart des joueurs, donc, le manque d'expérience dans cette compétition nous a joué un mauvais tour. Après, j'ai envie de dire que c'est facile de critiquer un joueur sur une seule prestation, et cela m'amène à dire une chose très importante si vous le permettez... Oui, allez-y ? C'est franchement regrettable de dire que j'avais peur de me blesser dans cette CAN ou je ne sais quoi, alors que tout le monde a vu que je me suis donné à fond contre la Tunisie et le Togo. J'ai tout tenté ; j'ai couru ; j'ai bien mouillé le maillot, comme tout le monde quoi. C'est encore un journaliste qui a écrit n'importe quoi sur ma personne pour des raisons particulières. C'est vraiment dommage qu'on me tombe dessus comme ça gratuitement. Tout ça parce que j'avais refusé une interview sans rendez-vous. Franchement, c'est mesquin tout ça. Revenons à ce match contre la Tunisie. Tout le monde a remis en cause le schéma de Vahid Halilhodzic ; est-ce votre avis aussi ? Il faut arrêter. Sérieusement, il ne faut pas tirer sur l'entraîneur. Le schéma de jeu proposé par le coach nous a permis de dominer notre adversaire. C'est aussi facile de tout jeter sur Halilhodzic ; nous aussi on a manqué d'efficacité. Il faut bien revoir ces deux matchs et, croyez-moi, vous allez avoir un autre jugement sur le schéma du coach Vahid. Je le dis encore une fois : si l'arbitre ne nous avait pas tués ce jour-là et que si nous avions eu plus de réussite contre la Tunisie, on aurait gagné. Quel a été le discours du coach, en sortant du vestiaire ? Il n'a pas beaucoup parlé ; on est tous abattus ; on est tous dans la même situation ; on est tous déçus. Il est évident que lorsqu'on met tous les ingrédients pour réussir une bonne CAN et qu'on se voit éliminés comme ça, en produisant du beau jeu, ça nous rend malades. On a travaillé comme des acharnés sur tous les plans : physiquement, tactiquement. On a tout préparé pour procurer de la joie au peuple, mais malheureusement, ça ne paye pas. Ce n'est pas pour rien que vous avez effectué ce travail. Il y aura les éliminatoires de la Coupe du monde 2010, au mois de mars... C'est exactement ça. Après, on doit se fixer dès maintenant sur cet objectif. Pour nous, participer à une deuxième Coupe du monde de suite sera un événement exceptionnel pour notre pays. On a un groupe qui est jeune, avec beaucoup de qualités. Contre la Côte d'Ivoire, ce sera un match de préparation de plus pour l'EN afin de préparer les prochaines échéances ou bien vous avez envie de le gagner pour faire honneur au pays ? On va aborder ce match comme on l'a fait face à la Tunisie et au Togo, c'est-à-dire avec la même détermination et la même motivation. Cette fois, j'espère qu'on aura plus de réussite. Dans ce système mis en place par Halilhodzic, dans quel poste préférez-vous évoluer, à gauche, à droite ou dans l'axe ? D'abord, je dois dire que je suis là pour exécuter les consignes du coach. Comme je l'ai dit, c'est dans l'axe que je me retrouve le mieux, le plus à l'aise dans un système pareil. Maintenant en sélection, on n'a pas de préférence ; si l'entraîneur me demande de jouer derrière, je le ferai sans la moindre explication. Les spécialistes parlent de malaise dans ce groupe de l'EN. Ils disent que vous vivez très mal. Une confirmation ? C'est faut. Ceux qui disent ça se sont mis un doigt dans l'œil. Ils sont à côté de la plaque. On forme un groupe solidaire, très uni et, croyez-moi, qu'il n'existe aucun clan ni malaise dans notre effectif. Franchement Foued, assumez-vous cet échec en tant que groupe ? Bien sûr, on est hommes ; on doit assumer. Il ne faut pas trop se chercher des excuses. On est passés à côté, il faut assumer. Maintenant, il faut regarder la vérité en face et se préparer pour les échéances à venir. Surtout qu'il y avait de la place pour passer ce tour ? C'est clair. Lorsqu'on reverra les deux matchs, on va se dire qu'on avait notre mot à dire. La Tunisie et le Togo n'étaient pas au-dessus, et c'est surtout par rapport à cela qu'on est déçus et qu'on peut, en effet, avoir des regrets. Avez-vous envie de dire quelque chose au peuple ? C'est clair. Je n'aurais pas terminé sans m'adresser à ce fidèle public qu'on respecte beaucoup. On s'est investis totalement sur cette CAN et on ne regrette rien à ce niveau-là. On a montré qu'on avait de l'envie.