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Programme du gouvernement algérien devant l'Apn : Quinze (15) questions à monsieur Ahmed Ouyahia, premier ministre
Publié dans Le Financier le 02 - 11 - 2010


2ème partie et fin
OU VA L'ALGERIE ?
8.- Comment percevez vous le gonflement du poste des services au niveau de la balance des paiements pour 11 milliards de dollars en 2008, avec une tendance similaire pour 2009, contre en 2006 de 4,7 milliards de dollars avant de passer à 7 milliards de dollars en 2007, l'Algérie étant le seul pays du pourtours méditerranéen à avoir une balance déficitaire en matière des services concernant notamment les Télécommunications, la Finance, le Transport, le Consulting et études ainsi qu'à l'Informatique, la plupart des grands projets , étant confiés à des bureaux d'études étrangers pour la conception et le suivi se faisant au détriment des compétences nationales, assistant donc à ce paradoxe exode de cerveaux algériens et importations des compétences étrangères (dévalorisation du savoir au profit des emplois rentes) ?. Et concernant le transfert de dividendes, quel est le montant exact y compris les associés de Sonatrach?
9.- Les dernières mesures gouvernementales 30% étrangers 70% nationaux pour le commerce et 49% étrangers et 51% pour les nationaux pour les autres secteurs ne risquent-elles pas d'aboutir à freiner à l'avenir des capitaux étrangers avec le savoir faire, et obliger l'Etat à un financement à 100% des autres segments hors Hydrocarbures et hors infrastructures sur les recettes Sonatrach ? Ne serait-il pas préférable pour l'Algérie de privilégier une balance devises excédentaires, l'apport technologique et managérial au lieu de cette voie juridique de peu d'efficacité, car on ne peut soumettre la logique tant du secteur privé national qu'international à la logique du pouvoir d'Etat, restreignant les libertés économiques contredisant les règles économiques élémentaires, tout cela nous renvoyant au point un (1) analysé précédemment. Dans ce cas que pensez vous de la création des fameux champions industriels prévus par le gouvernement en rappelant que l'assainissement des entreprises publiques a couté plus de 40 milliards de dollars entre 1991/2008, plus de 70% des entreprise publiques étant revenues à la case de départ, (donc ce n'est pas uniquement une question d'argent) et ces champions s'inséreront-ils dans le cadre de la concurrence internationale (cout/qualité ne pouvant interdire l'importation), l'Algérie étant liée à un Accord avec l'Europe pour une Zone de libre échange applicable, depuis le 01 septembre 2005 allant vers ,un dégrèvement tarifaire zéro ?
10.-Le passage sans transition du Remdoc au Crédit documentaire (Crédoc ) est -elle la solution miracle de la traçabilité, c'est à dire une lutte contre les surfacturations alors qu'il faille s'attaquer aux dysfonctionnements des structures de l'Etat, et vous le savez, la traçabilité existe déjà au niveau du Remdoc ? Cette procédure technique normale sous d'autres cieux , appliquée sans transition sans la préparation du système bancaire se limitant à être de simples guichets administratifs, dont les réformes de fond sont souvent annoncées mais différées, enjeux énormes du pouvoir, car lieu de distribution de la rente des Hydrocarbures qu'il s'agit impérativement de démocratiser la gestion, car propriété de toute la Nation, ( les différents scandales financiers touchant tous les secteurs étant là pour nous interpeller ), ne risque -elle pas de pénaliser les Petites et Moyennes Entreprises déjà fragiles et représentant la majorité du tissu productif hors Hydrocarbures, qui ne disposent pas de fonds de roulements suffisants et les orienter vers la sphère informelle déjà florissante comme en témoigne la domination du cash existant une intermédiation financière informelle, alors que les fondamentaux de l'économie moderne doivent reposer sur le respect du contrat et le crédit ?
11.- Cette procédure du Credoc, sans transition, outre les surstocks des grandes entreprises publiques non initiées au management stratégique, ne risque t- elle pas de produire un nouveau monopole privé beaucoup plus néfaste que le monopole public, source de surprofits, de gaspillage et de surcouts pouvant assister à des ententes de monopole et donc à des hausses de prix supportés par le consommateur dont les couches les plus défavorisées , pénalisées par un retour à l'inflation et à une concentration excessive du revenu national au profit d'une minorité de couches spéculatives qui captent une fraction croissante de la rente des Hydrocarbures . Processus amplifié par la faiblesse de l'Etat régulateur, une économie de marché maitrisée qui ne saurait signifier anarchie, l'Algérie étant dans cette interminable transition depuis 1986, expliquant d'ailleurs les difficultés de la régulation tant politique, sociale qu'économique ?
12.-Cette mesure de restriction des importations autant que la suppression des crédits à la consommation, permettra t- elle une baisse de la facture de la valeur des importations globalement et vous le savez, la production locale est mineure important presque 75% de nos besoins expliquant que le FMI prévoit dans son rapport de fin octobre 2010 des importations entre 2011/2012, dépassant les 56 milliards de dollars. Freiner les importations, sans préparer une production locale, demandant du temps, car on ne décrète pas la création d'entreprises productives, comme on décrète la diminution du taux de chômage fonction du taux de croissance réel, ne suppose t-il pas la fermeture de bon nombre d'activités et par là, des tensions sociales du fait du dépérissement du tissus productif local ? L'essence de l'envolée de la facture des importations ne réside t- elle pas fondamentalement à la fois dans la maitrise de la dépense publique globale et la mauvaise allocation des ressources financières ? Pourquoi donc n'y a t-il pas eu proportionnalité entre le montant de la dépense publique et les impacts économiques et sociaux sachant que des pays pour deux fois moins de dépenses ont eu pour la même période des résultats deux fois voire trois fois meilleurs ?
13.-Ne serait-il pas souhaitable pour toute politique salariale inexistante actuellement assistant à des redistributions passives de rente, et éviter des tensions inutiles que l'organe national de la statistique ne décode toujours pas, assistant à un effritement du système d'information avec des données contradictoires de ministère à ministère , que vous nous précisiez, au lieu de chiffres globaux de peu de significations, sachant que tout est irrigué par les Hydrocarbures, taux de croissance, taux d'emploi, réserves de change, baisse de l'endettements intérieur et extérieur, les liens entre l'accumulation, la répartition du revenu et le modèle de consommation par couches sociales. Quelle est la réalité du taux d'inflation vécue (5,4% en 2010 ?), le taux d'inflation calculé autant que le taux de croissance (9% hors Hydrocarbures ?), le taux de chômage (11% ) ne sont-ils pas des taux fictifs voilés par les transferts de rente, les citoyens ne mangeant pas les chiffres, le besoin étant historiquement daté .Et les transferts sociaux certes importants (plus de 10% du PIB) sont-ils bien ciblés et bien gérés ou ne sont ils pas une redistribution passive de la rente pour une paix sociale éphémère ? La cellule familiale ciment de la solidarité et la sphère informelle ne contribuent –elles pas à une cohésion sociale aussi éphémère ? -Dans ce contexte, peut-on parler d'une économie de la connaissance, sans une véritable réforme de l'école, la mère de toutes les réformes alors que l'on privilégie les emplois rentes, le savoir qui ne se décrétant pas. Revaloriser le savoir, suppose un réaménagement profond de la nature du pouvoir qui est fondé depuis l'indépendance politique à nos jours essentiellement sur une logique rentière. Or, sans l'amélioration de la bonne gouvernance et la considération du savoir, sans ces deux indicateurs dialectiquement liés, il ne faut pas s'attendre à une dynamisation de la production et des exportations hors Hydrocarbures, mais de vains discours sans lendemain.
14.-La corruption, certes existante dans toutes les sociétés développées , mais par rapport au Produit Intérieur Brut étant relativement faible, car existant de véritables contrepouvoirs inexistants en Algérie (problématique d'un véritable Etat de Droit, l'opposition productive étant utile pour le pouvoir lui même), ne prend t- elle pas des proportions alarmantes en Algérie, les derniers rapports internationaux (2004/2010), nous ramenant à la note de 2005, montrant que l'Algérie est le pays qui connait un des taux de corruption les plus élevés du monde, alors bon nombre de pays du Maghreb d'Afrique connaissant de notables améliorations de la gouvernance, s'étant socialisés, que certains veulent banaliser, car jouant comme facteur de redistribution, certes fortement inégalitaires de la rente des Hydrocarbures dévalorisant par là, les véritables créateurs de richesses, le travail et l'intelligence et donc les véritables entreprenants? Ce mal profond qui ronge le corps social conduisant à une démobilisation de la population algérienne, une névrose collective, un divorce croissant Etat/Citoyens et dont les pratiques de certains responsables contredisent leurs discours, ne risque t-il pas de conduire à une société anomique, telle que décrite par le grand sociologue maghrébin Ibn Khaldoun dans son cycle descendant, freiné transitoirement par une redistribution passive de la rente des Hydrocarbures qui va inéluctablement à l'épuisement entre 15/25 ans ? Le grand problème ne réside t-il pas dans une plus grande moralité des personnes chargées de diriger la Cité, éviter les relations personnalisées certes existantes partout mais dominantes en Algérie et l'efficacité des Institutions impliquant la refonte de l'Etat, une réelle décentralisation (pourquoi pas la régionalisation économique à ne pas confondre avec l'avatar du régionalisme néfaste), les nouveaux codes de gestion locale impliquant une participation plus active de la société à la responsabilité et à la gestion et non voir une déconcentration administrative qui produirait une bureaucratie locale paralysante ? Le blocage n'est-il pas d'ordre systémique et donc ce mal ne réside t-il pas dans le système bureaucratique rentier dans la mesure où la sphère informelle dominante, contrôlant plus de 40% de la masse monétaire en circulation produit de la bureaucratie paralysante favorisant donc cette corruption qu'il s‘agit de combattre par la mise en place des mécanismes transparents véritablement démocratiques et non par des mesures autoritaires qui produisent l'effet inverse ?
15. L'option stratégique n'est-elle pas un consensus national qui ne saurait signifier unanimisme signe de décadence de toute société, au moyen d'un dialogue permanent, seul outil moderne de la gouvernance ? Ne serait-il pas souhaitable qu'un débat national devant conduire à des propositions concrètes, loin de ces séminaires et de ces rencontres internationales souvent inutiles et coûteuses, pouvant être assimilées à de l'activisme, car que rapportent-ils en termes de valeur ajoutée à l'Algérie? Ce débat devrait concerner également les impacts réels économiques et sociaux (couts par rapport aux normes internationales et aux prévisions et à la qualité), des 200 milliards de dollars de dépenses monétaires entre 2004/2009, car l'important n'est pas d'étaler des réalisations physiques et les impacts futurs des 286 milliards de dollars entre 2010/2014, dont je rappelle 130 milliards de dollars des restes à réaliser du programme 2004/2009 : mauvaise gestion ou corruption ? Cela n'implique t-il pas d'organiser autour d'une table toutes les sensibilités de la société y compris notre émigration qui constitue un potentiel à valoriser , et non comme cela se passe à la Télévision algérienne (l'unique ENTV) avec des intellectuels organiques aux ordres en contrepartie de la rente, pour paraphraser Antonio Gramsci), se fasse d'abord sur le futur rôle de l'Etat dans le développement économique et social au sein d'une économie mondialisée.
Notamment de poser clairement la place pour l'Algérie au sein de l'espace Euro - méditerranéen, de l'Afrique et de l'intégration magrébine qui est une nécessité historique et économique. Et pour terminer, Monsieur le Premier ministre, si certains, certainement une minorité envisagent de vivre ailleurs, selon la devise après moi le déluge, la majorité des Algériens plus de 99% ont décidé de vivre en Algérie.
Et pour cela, que tout gouvernement, privilégiant les intérêts supérieurs de son pays, peut se tromper, son grand mérite n'étant pas de rectifier ses erreurs.
Mais, l'erreur politique la plus grave, n'est-elle pas de continuer dans une voie suicidaire en sacrifiant les générations futures ?
*Docteur Abderrahmane MEBTOUL Professeur d'Université en management stratégique


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