L'année 2008 a vu une accumulation soutenue et un niveau record des réserves officielles de change ainsi qu'un niveau très bas de la dette extérieure à moyen et long termes.Ainsi, le dernier rapport de la Banque d'Algérie sur la situation économique et monétaire révèle que la très forte réduction de la dette extérieure en 2006, sous l'effet des importants remboursements par anticipation de la dette extérieure auprès du Club de Paris et du Club de Londres, constitue un élément appréciable de sauvegarde vu l'apparition, dès août 2007, des premiers indices de la crise financière internationale et son intensification depuis septembre 2008 que ces éléments de sauvegarde ont largement contribué à limiter.Aussi, la très forte contraction des financements extérieurs et le durcissement de leurs conditions, à partir de 2008, constituent un "choc" externe de grande ampleur pour une grande partie des pays émergents et en développement. En matière de position financière extérieure nette de l'Algérie, l'année 2008 s'est caractérisée par une performance historique qui intervient dix ans après la fin de la période d'ajustement et de rééchelonnement (1994-1998). En tant que socle pour le retour à l'équilibre macrofinancier, la viabilité de la balance des paiements a été rétablie dès le début des années 2000, et ce pour la première fois après le choc externe de 1986. Après un excèdent de la balance courante record au premier semestre 2008 (21,04 milliards de dollars), la balance des paiements a encore enregistré des performances appréciables au second semestre de l'année 2008 avec un excèdent de la balance courante de 13,41 milliards de dollars. Cet excédent a atteint 34,45 milliards de dollars pour toute l'année 2008, soit 20,2 % du produit intérieur brut, en dépit de la forte baisse des prix mondiaux d'hydrocarbures au quatrième trimestre et de la poursuite du trend haussier des importations des biens et services au second semestre. L'excèdent de la balance courante des paiements réalisé en 2008 (34,45 milliards de dollars) représente une performance bien meilleure que celle de l'année 2007 (30,54 milliards de dollars), pendant que l'excédent en la matière pour ces deux années a dépassé 20 % du produit intérieur brut. L'excédent global record de l'année 2008 a représenté le double du surplus de l'année 2006 (17,73 milliards de dollars), alors que les importations des biens et services ont doublé. Pour l'année 2008, avec des prix moyens du baril de pétrole en hausse de 33 % par rapport à l'année 2007, les exportations d'hydrocarbures s'élèvent à 77,19 milliards de dollars, correspondant à une augmentation de 17,58 milliards de dollars (29,5 %) par rapport à l'année 2007 (59,61 milliards de dollars). L'année 2008 a été marquée par une envolée des importations des biens et services, après la forte augmentation en la matière de l'année 2007. Si les importations de biens, quant à elles, s'étaient déjà accrues de 27,4 % en 2007, l'année 2008 enregistra une envolée à en juger par la très forte expansion (44,2 %). Ainsi, leur niveau a atteint 19,65 milliards de dollars au second semestre 2008 contre 18,34 milliards de dollars au premier semestre 2008, totalisant 37,99 milliards de dollars pour l'année, alors que leur montant était de 13,92 milliards de dollars au second semestre 2007. Il est utile de souligner que le premier semestre 2008 a été marqué par la résurgence de l'inflation mondiale tirée par une envolée des prix des produits de base et des matières premières qui ont atteint des niveaux historiquement élevés, en termes réels, des vingt dernières années. Par ailleurs, il importe de souligner que les acquis résultants de la stratégie de désendettement extérieur conduite entre 2004 et 2006 se sont matérialisés, dès le second semestre 2008, par un excédent du compte capital et opérations financières. C'est la première année où le compte capital et opérations financières réalise un solde positif qui contribue à la viabilité de la balance des paiements, sous l'effet d'une augmentation significative des investissements directs étrangers en 2008. La rubrique investissements directs étrangers (nets) est estimée à 2,33 milliards de dollars pour 2008, dont 1,26 milliard de dollars au second semestre 2008 contre 1,07 milliard de dollars au premier semestre 2008, alors que l'année 2007 avait enregistré 1,37 milliard de dollars de flux nets d'investissements directs étrangers. Sous l'angle de la consolidation de la position financière extérieure nette de l'Algérie, il est utile de noter que l'encours de la dette extérieure à moyen et long termes a encore reculé en 2008 pour atteindre 4,282 milliards de dollars en fin de période contre 4,889 milliards de dollars à fin 2007, après la forte réduction de l'année 2006. Cela témoigne du succès de la conduite de la stratégie de désendettement extérieur de l'Algérie qui a été complétée quelques mois avant l'avènement de la crise financière internationale. Vu la gravité de la crise financière internationale et l'entrée en récession des économies avancées au quatrième trimestre 2008, avec une propagation de leurs effets négatifs sur les économies émergentes et les économies en développement dès octobre 2008, le niveau important des réserves officielles de change et la stabilisation du taux de change effectif réel du dinar constituent pour l'Algérie des instruments importants de protection face à ces "chocs" externes historiques. Synthèse Isma B.