Après l'appel à la grève lancé par le syndicat d'ArcellorMittal Annaba, les travailleurs se sont rassemblés, ce jeudi, et plus de 4 000 d'entre eux se sont exprimés, à main levée, en faveur de l'appel à la grève. Au cours de cette assemblée générale tenue au niveau de l'usine, en présence d'un huissier de justice, il a été convenu de déposer un préavis de grève dimanche auprès de l'inspection du travail d'El Hadjar, en vue d'un arrêt de travail qui serait effectif à partir du 20 ou du 21 juin 2010. Malgré l'introduction, en mai dernier, d'une demande de conciliation socioprofessionnelle auprès de l'inspection du travail d'El Hadjar (Annaba) autour d'une plateforme de revendications et malgré la médiation du wali d'Annaba, le syndicat de l'usine ArcelorMittal a déclaré, mardi, dans un communiqué, qu'il y a une "phase de rupture de dialogue avec la direction générale de l'usine". Il est à rappeler que ces revendications sont axées, notamment, sur "l'augmentation des salaires et les mesures d'accompagnement liées à la mise à la retraite". Pour sa part, la direction générale de ce complexe a réagi, mardi, à cet appel à la grève, avertissant que la situation de l'usine ArcelorMittal Annaba "peut rapidement devenir difficile en cas d'un nouvelle grève", déclarant que le salaire de base moyen des travailleurs a "augmenté de 25% depuis janvier 2009 et augmentera encore de 5% le 1er juillet". L'usine ArcelorMittal Annaba emploie actuellement quelque 6 000 travailleurs. Sa capacité théorique de production est de 2 millions de tonnes d'acier liquide/an. Cette grève aura certainement un impact négatif sur la production du complexe sidérurgique, mais la direction fait toujours sourde oreille aux revendications des travailleurs qui sont aussi irrités du fait que 1 200 d'entre eux, sur les 7 200 en poste début 2009, ont été licenciés ou ont quitté l'entreprise sans être remplacés. Ceci d'autant qu'ArcelorMittal recrute du personnel étranger pour des missions à même d'être efficacement accomplies par des Algériens. En outre, la direction du complexe ArcelorMittal El Hadjar a commencé, cette semaine, l'opération de départ volontaire pour le personnel. En priorité, les salariés de l'administration et du service commercial, avec une compensation de 3 millions de dinars, qui a été revue à la hausse. Ils expliquent leur nouvelle offre par la nécessité de relancer l'entreprise. De son côté, le syndicat n'a pas encore affiché sa position à ce revirement, par contre, Vincent Le Gouic, le P-DG de l'entreprise, a précisé, dans un message aux travailleurs, que le débrayage de janvier a coûté 6 millions de dollars au complexe avec une perte sèche de 36 000 tonnes de production.