La session de négociations entre la Russie, l'Ukraine et l'Union européenne sur les achats de gaz, prévue aujourd'hui à Berlin, a été reportée faute de progrès suffisants, a annoncé la Commission. La trilatérale prévue à Berlin a été reportée et une réunion au niveau des experts sera organisée la semaine prochaine à Bruxelles, a indiqué un porte-parole de la Commission. L'idée est d'organiser cette réunion trilatérale dans le courant du mois d'avril, mais des questions techniques doivent encore être réglées, a-t-il expliqué. Je ne doute pas que les discussions des experts prépareront le terrain pour la prochaine réunion au niveau politique, toujours prévue pour se tenir en avril, a commenté le vice-président de la Commission chargé de l'Energie, Maros Sefcovic, cité dans un communiqué. Les discussions au niveau des experts doivent se poursuivre car toutes les questions techniques à leur niveau n'ont pas été réglées, a-t-il précisé. Après le dernier rendez-vous trilatéral avec les ministres russe et ukrainien de l'Energie, le 20 mars à Bruxelles, ces experts ont été chargés de préparer le terrain sur le prix et les volumes du gaz livré par la Russie. La présence mardi à Berlin des dirigeants des groupes gaziers des deux pays pour un forum sur l'énergie avait été considérée comme une opportunité pour tenir une nouvelle réunion de négociations, mais la partie est complexe, a expliqué une source européenne. A Kiev, une source gouvernementale a imputé le report à un refus de la partie russe de participer aux négociations à Berlin. Kiev était d'accord mais les Russes ont finalement refusé sans fournir d'explications, a indiqué cette source. L'objectif de ces négociations est de trouver une solution pour la poursuite de l'approvisionnement de l'Ukraine et de l'Europe en gaz russe, alors qu'un fragile cessez-le-feu est en vigueur dans l'est de l'Ukraine entre les séparatistes prorusses et les forces loyalistes. La partie ukrainienne souhaite conclure un accord pour 12 mois, a indiqué vendredi le patron du groupe ukrainien Naftogaz, Andriï Kobolev, lors d'un point de presse organisé au siège de l'Otan à Bruxelles. Nous allons négocier un accord sur 12 mois (...) nous souhaiterions le signer le plus vite possible, même si nous avons plus au moins stabilisé la situation pour les trois prochains mois, a-t-il dit. Les achats de gaz par l'Ukraine sont couverts jusqu'au mois de juin, après l'accord de Moscou à la prolongation pour trois mois d'un accord ayant expiré en mars. L'UE, qui veut sécuriser ses propres approvisionnements transitant par l'Ukraine, souhaite que Kiev porte ses réserves de 7 à 20 milliards de m3 avant le début de l'hiver. La Commission européenne plaide également pour un accord tenant jusqu'à fin 2016, date à laquelle doit se prononcer le tribunal international d'arbitrage de Stockholm saisi par Kiev et Moscou pour régler leur contentieux gazier, né de la crise ukrainienne.