Le président du Conseil italien Matteo Renzi a démenti dimanche des propos de l'ambassadeur des Etats-Unis à Rome selon lequel l'Italie pourrait envoyer jusqu'à 5.000 soldats en Libye pour y combattre le groupe Etat islamique (EI). "Tant que je serai président du Conseil, l'Italie n'ira pas en Libye pour une invasion avec 5.000 hommes", a déclaré le chef du gouvernement de centre gauche sur l'antenne de Canale 5. Il répondait à des déclarations de l'ambassadeur John Phillips vendredi dans les colonnes du Corriere della Sera. "Nous devons rendre Tripoli sûre et nous assurer que l'EI ne sera plus libre de frapper", avait dit le diplomate. Selon des responsables gouvernementaux italiens, l'Italie a envoyé une quarantaine d'agents des services secrets en Libye ces dernières semaines et une cinquantaine de membres des forces spéciales doivent les rejoindre. L'Italie résiste cependant aux pressions en vue d'autoriser des avions et des drones armés à lancer des attaques contre l'EI en Libye à partir de son territoire. Elle s'efforce aussi de persuader ses alliés de limiter leurs opérations tant qu'un gouvernement unique ne sera pas en place en Libye et n'aura pas requis formellement une aide internationale. "S'il y a nécessité d'intervenir, l'Italie ne se dérobera pas. Mais ce n'est pas la situation aujourd'hui. L'idée d'envoyer 5.000 hommes n'est pas sur la table", a déclaré Matteo Renzi. Deux otages italiens libérés en Libye, où ils avaient été enlevés en juillet dernier, ont regagné l'Italie dimanche. Deux autres otages kidnappés en même temps qu'eux ont été tués par des membres de l'Etat islamique, selon Sabri Kchada, porte-parole des forces de sécurité libyennes à Sabratha, dans l'ouest de la Libye. Tous les quatre étaient employés par l'entreprise de construction Bonatti et avaient été enlevés près d'un complexe appartenant au groupe pétrolier Eni à proximité de la frontière tunisienne. Les deux otages libérés ont toutefois déclaré à des magistrats italiens à leur retour à Rome qu'ils avaient été détenus par une bande criminelle sans lien direct avec l'EI, rapportent les médias transalpins. Ils ont dit avoir été battus et privés de nourriture pendant des jours par leurs ravisseurs, et avoir réussi à s'échapper seuls vendredi, alors que selon Sabri Kchada, ils ont été libérés grâce à un raid des forces libyennes.