Dans le concept de " révolution "il y a bien l'intégration de la violence. Pas de révolution sans violence et sans seigneurs de guerre? Le type de révolution arabe est de celui qui permet à des exilés de revenir prendre le pouvoir. Exilés du pays ou exilés du pouvoir. Alors, malheur aux vaincus. L'exilé se fait vengeance, soit en pendant le président après un procès dont l'issue est prévue, soit en le faisant assassiner sans tenir un procès. La condamnation à perpétuité donne l'espoir aux " vaincus ". C'est l'ex-président tunisien qui a eu le plus de chance. Il a réussi à sauver sa tête. Dans les pays arabes qui ont subi la révolution, les premières lectures occidentales disaient que c'était les peuples qui s'étaient insurgés. Quel statut pour les " étrangers " dit djihadistes? Quel avenir pour les révolutions arabes ? Régression ? Correction de trajectoire ? De quoi seront fait les cours et moyen termes ? Sans céder à la tentation de produire une vision sur le long terme, une vision dont la marge d'incertitude serait d'autant grande que l'on vise loin, très loin, trop même, il est tout de même bien visible et palpable le lendemain d'une " révolution" qui n'en finit pas. Pourquoi une simple correction quand les forces en présence produisent des visions incompatibles entre elles, ont des convictions non négociables, ont des conceptions complètement antagonistes de la nature de l'Etat, ne se reconnaissent mutuellement en fait pas le droit à l'existence politique comme si elles vivent chacune sur sa propre planète ? C'est ainsi que cela semble se passer dans le cas égyptien. Une correction qui se suffira des urnes ? Certainement pas, car les distances entre " politiques " sont assez trop longues pour espérer malgré ça pouvoir les réduire. Il y a pire encore. Les deux parties en conflits ne sont pas dans le même système référentiel. Dans ces conditions, le dialogue est impossible. Les mêmes mots ne diront pas la même chose. S'il est plus facile de passer d'une dictature non islamiste à une dictature islamiste, il sera encore plus difficile de passer de la dictature islamiste à la démocratie. Ça sera très probablement une transition sanglante. C'est à ce niveau de transition que toute armée est appelée à s'interroger. Dans les pays arabes, on ne sait pas encore ce qu'est un Etat civil. Certes, l'armée peut considérer qu'elle dépend du pouvoir politique. Mais, elle devrait s'interroger sur la conformité à la constitution et à son statut républicain des ordres qu'elle reçoit quand elle est instruite à réprimer les populations ou l'opposition politique.. Dans un pays où entrent en confrontation une vision démocrate et une vision théocrate, il devrait exister un arbitre pour siffler les hors-jeux et cet arbitre ne peut être que l'armée républicaine, si non où trouver cet arbitre ?. Qu'en serait-il des politiques qui mettraient en péril la souveraineté nationale ou la sécurité nationale ?