Plus de 6.000 chansons (en arabe et en kabyle) d'artistes algériens enregistrées depuis 1910 ont été retrouvées en France. Il s'agit bien entendu de chansons inédites dont la trace a été perdue. 25.000 à 35.000 chansons ont été, par ailleurs, enregistrées à Paris dans des maisons de disques depuis la fin du XVIIIe siècle. Plus de 6.000 chansons (en arabe et en kabyle) d'artistes algériens enregistrées depuis 1910 ont été retrouvées en France. Il s'agit bien entendu de chansons inédites dont la trace a été perdue. 25.000 à 35.000 chansons ont été, par ailleurs, enregistrées à Paris dans des maisons de disques depuis la fin du XVIIIe siècle. Trois quarts d'entre elles ont été crées en France et traitent en majorité du thème d' «al Ghorba» (l'exil). Et ce n'est pas tout, des dizaines de photos inédites et «sublimes» des studios Harcourt (de très bonne qualité) d'artistes algériens (Nora, H'nifa, Slimane Azem, etc) ont été trouvées au fond d'une malle rouillée dans les studios d'une entreprise de communication en France alors qu'on relève 4.000 manuscrits autoédités au cours de la même période. A toute cette masse de documents, il faut ajouter le fonds d'archives de l'opéra d'Alger qui a été retrouvé au Texas chez Habib Réda ! Ce citoyen algérien, devenu industriel, vit actuellement aux Etats-Unis; il a été comédien durant les années 1930, militant de la cause nationale, et condamné à mort, lors de la bataille d'Alger. Tous ces chiffres et ces détails époustouflants ont été révélés dimanche par madame Naïma Yahi, venue animer au Centre Culturel Français d'Alger, une conférence portant sur «l'histoire culturelle de l'immigration maghrébine en Europe». La conférencière a enseigné la profession de foi suivante : «L'immigration maghrébine en Europe a une culture qui a marqué l'histoire de la France depuis la fin du XVIIIe siècle». Naïma Yahi est docteur en histoire culturelle, elle est, elle-même, issue d'une famille algérienne ayant immigré en France. «Les migrants algériens ont enrichi la France par leur culture» a-t-elle soutenu d'emblée. «On a longtemps dit que les immigrés maghrébins n'ont pas de culture, et j'ai été étonnée de découvrir que les Français ne connaissent rien au patrimoine culturel du Maghreb». Et de regretter «même de grands noms de la littérature algérienne de langue française à l'image de Kateb Yacine, célèbre partout dans le monde ne sont pas connus en France». Insistant sur l'importance des archives (manuscrits, photos, enregistrements, etc.) la conférencière a fait état de contacts établis «avec le ministère algérien de la Culture afin de rapatrier les archives». Mais il faut relever la réticence exprimée par le public présent dans la salle qui, peut-être ayant fait le lien avec la difficulté d'accès des historiens aux archives de la révolution, n'a pas caché son inquiétude de voir le même sort reservé aux documents du monde des artistes. Naïma Yahi, pour rassurer, a mis en exergue le geste de l'anthropologue française, Germaine Tillion, qui, avant de mourir, a légué sa bibliothèque personnelle à l'Algérie, tout en expliquant «qu'on ne peut pas ne pas accéder à la volonté de Tillion» sous prétexte que ses livres vont s'égarer. «Le cabinet du ministère de la Culture nous a reçu et émis un avis favorable quant à nos propositions» a précisé Naïma Yahi. Tous les documents exhumés l'ont été, ajoute-t-elle, grâce à 4 ans de recherches menées par une équipe d'historiens. «Toute histoire culturelle est forcément l'histoire sociale des représentations» a-t-elle soutenu. «L'étude de la censure qui a frappé les productions artistiques des Algériens en France et, notamment, le dispositif mis au point pour débusquer le discours nationaliste, (révélé par les PV de censure) nous apprend beaucoup sur la dimension sociopolitique de l'immigration» a ajouté la conférencière, laquelle a plaidé pour la récupération par l'Algérie de cette mémoire artistique qui, selon elle, «est ce qu'on a en partage avec la France». L.G. Trois quarts d'entre elles ont été crées en France et traitent en majorité du thème d' «al Ghorba» (l'exil). Et ce n'est pas tout, des dizaines de photos inédites et «sublimes» des studios Harcourt (de très bonne qualité) d'artistes algériens (Nora, H'nifa, Slimane Azem, etc) ont été trouvées au fond d'une malle rouillée dans les studios d'une entreprise de communication en France alors qu'on relève 4.000 manuscrits autoédités au cours de la même période. A toute cette masse de documents, il faut ajouter le fonds d'archives de l'opéra d'Alger qui a été retrouvé au Texas chez Habib Réda ! Ce citoyen algérien, devenu industriel, vit actuellement aux Etats-Unis; il a été comédien durant les années 1930, militant de la cause nationale, et condamné à mort, lors de la bataille d'Alger. Tous ces chiffres et ces détails époustouflants ont été révélés dimanche par madame Naïma Yahi, venue animer au Centre Culturel Français d'Alger, une conférence portant sur «l'histoire culturelle de l'immigration maghrébine en Europe». La conférencière a enseigné la profession de foi suivante : «L'immigration maghrébine en Europe a une culture qui a marqué l'histoire de la France depuis la fin du XVIIIe siècle». Naïma Yahi est docteur en histoire culturelle, elle est, elle-même, issue d'une famille algérienne ayant immigré en France. «Les migrants algériens ont enrichi la France par leur culture» a-t-elle soutenu d'emblée. «On a longtemps dit que les immigrés maghrébins n'ont pas de culture, et j'ai été étonnée de découvrir que les Français ne connaissent rien au patrimoine culturel du Maghreb». Et de regretter «même de grands noms de la littérature algérienne de langue française à l'image de Kateb Yacine, célèbre partout dans le monde ne sont pas connus en France». Insistant sur l'importance des archives (manuscrits, photos, enregistrements, etc.) la conférencière a fait état de contacts établis «avec le ministère algérien de la Culture afin de rapatrier les archives». Mais il faut relever la réticence exprimée par le public présent dans la salle qui, peut-être ayant fait le lien avec la difficulté d'accès des historiens aux archives de la révolution, n'a pas caché son inquiétude de voir le même sort reservé aux documents du monde des artistes. Naïma Yahi, pour rassurer, a mis en exergue le geste de l'anthropologue française, Germaine Tillion, qui, avant de mourir, a légué sa bibliothèque personnelle à l'Algérie, tout en expliquant «qu'on ne peut pas ne pas accéder à la volonté de Tillion» sous prétexte que ses livres vont s'égarer. «Le cabinet du ministère de la Culture nous a reçu et émis un avis favorable quant à nos propositions» a précisé Naïma Yahi. Tous les documents exhumés l'ont été, ajoute-t-elle, grâce à 4 ans de recherches menées par une équipe d'historiens. «Toute histoire culturelle est forcément l'histoire sociale des représentations» a-t-elle soutenu. «L'étude de la censure qui a frappé les productions artistiques des Algériens en France et, notamment, le dispositif mis au point pour débusquer le discours nationaliste, (révélé par les PV de censure) nous apprend beaucoup sur la dimension sociopolitique de l'immigration» a ajouté la conférencière, laquelle a plaidé pour la récupération par l'Algérie de cette mémoire artistique qui, selon elle, «est ce qu'on a en partage avec la France». L.G.