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Les Polonais se recueillent à la mémoire de Kaczynski et des autres victimes
Grande émotion en Pologne et dans le monde après le crash de Smolensk
Publié dans Le Midi Libre le 12 - 04 - 2010

Des dizaines de milliers de Polonais étaient rassemblés tard hier soir dans le quartier du Palais présidentiel à Varsovie dans le centre historique de la capitale pour rendre hommage aux 96 victimes du crash de l'avion présidentiel survenu samedi à Smolensk, 400 kilomètres à l'ouest de Moscou.
Des dizaines de milliers de Polonais étaient rassemblés tard hier soir dans le quartier du Palais présidentiel à Varsovie dans le centre historique de la capitale pour rendre hommage aux 96 victimes du crash de l'avion présidentiel survenu samedi à Smolensk, 400 kilomètres à l'ouest de Moscou.
Le président polonais ainsi qu'un grand nombre de hauts responsables civils et militaires y avaient péri, une tragédie sans précédent qui a décimé l'élite dirigeante du pays. Le quartier présidentiel, noire de monde, était illuminé d'immenses tapis de bougies posées sur le sol par la foule. Une triste musique de Chopin, qui monte des bancs musicaux, installés dans ce quartier par la mairie à l'occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur polonais, se fait entendre.
Des dizaines de dessins d'enfants étaient posés sur la place et devant le monument aux morts. Dans toute Varsovie ornée de fleurs et de bougies, les drapeaux étaient en berne et la foule chantait l'hymne national. Hier matin, les Polonais en deuil se pressaient dans les églises où les messes dominicales étaient consacrées à la mémoire des victimes de l'accident d'avion. Peu après 10H00 GMT, les voitures et les piétons se sont figés pendant deux minutes de silence observées travers toute la Pologne. 
Réunis devant le siège du Parlement, les membres du gouvernement, députés et sénateurs ont allumé des bougies. "C'est un drame sans précédent, il est rare dans le monde qu'en un instant tant de représentants des plus hautes autorités de l'Etat, de l'armée et des autorités spirituelles et que le président lui-même trouvent la mort", a déclaré le chef du Parlement, Bronislaw Komorowski, qui assure la présidence par intérim.
La dépouille du président polonais Lech Kaczynzki a été rapatrié hier, en présence du Premier ministre russe Vladimir Poutine, après que le cercueil ait été brièvement exposé à l'aéroport militaire de Smolensk. M. Poutine et l'ambassadeur polonais en Russie Jerzy Bahr ont déposé des roses rouge devant le cercueil et un orchestre militaire a joué les hymnes russe et polonais. 
La cérémonie s'est déroulée à moins d'un kilomètre de la forêt où l'appareil était tombé. Conformément à la loi russe, les dépouilles des autres victimes seront transférées pour expertises à Moscou et non à Varsovie. Les familles des victimes devaient affluer hier dans la capitale russe pour notamment identifier les défunts. 40 psychologues dans des aéroports, hôtels et morgues de Moscou ont été dépéchés pour les soutenir.
Une erreur de pilotage à l'origine de la catastrophe
Plus de quarante experts russes ont été dépêchés sur les lieux de la catastrophe alors que des experts russes et polonais ont commencé l'examen dans un laboratoire du comité intergouvernemental d'aviation (MAK) à Moscou, des boîtes noires de l'avion afin d'établir les causes exactes de la catastrophe. Samedi, les pilotes de l'avion polonais ont été mis en cause par les autorités russes, le commandant adjoint de l'état-major de l'armée de l'air russe, Alexandre Aliochine, affirmant qu'ils avaient ignoré les instructions des aiguilleurs du ciel russes qui leur demandaient d'atterrir sur un autre aéroport en raison de mauvaises conditions météorologiques.  L'appareil a accroché la cîme d'arbres, s'écrasant à quelque centaines de mètres de la piste, lors d'une quatrième tentative d'atterrissage dans un épais brouillard, selon les autorités russes. Le Parquet russe chargé du dossier a annoncé l'ouverture d'une enquête sur de "possibles violations des règles de sécurité aériennes ayant entraîné la mort" de nombreuses personnes. Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, qui a déclaré à l'intention des Polonais que cette catastrophe aérienne "'est aussi une tragédie pour nous et nous pleurons avec vous", a demandé que les causes de l'accident soient éclaircies "au plus vite". La Pologne n'a encore fait aucun commentaire officiel à ce sujet. 
Vives compassion et émotion dans le monde
Cette catastrophe aérienne a suscité une vive émotion dans le monde. La Russie a déclaré lundi jour de deuil et le président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre Vladimir Poutine ont très vite présenté leurs condoléances et promis une "enquête minutieuse"sur ce drame. "(…) C'est une tragédie inimaginable, un malheur inimaginable", s'est écrié l'ex-président polonais Lech Walesa, chef historique du syndicat Solidarité, en apprenant l'accident. 
Aux Etats-Unis, le président Barack Obama a parlé d'un accident "épouvantable pour la Pologne, les Etats-Unis et le monde". Le Brésil a décrété trois jours de deuil. Au Canada, où près d'un million d'habitants sont d'origine polonaise, le Premier ministre Stephen Harper a affirmé: "les Canadiens et les Polonais portent ensemble le deuil de Lech Kaczynski (...) de son épouse Maria, ainsi que des hauts responsables politiques et militaires, disparus dans l'accident". 
Le pape Benoît XVI a fait part de sa "profonde douleur". "J'implore auprès de Dieu tout-puissant une bénédiction spéciale pour le peuple polonais", a-t-il dit. L'Union européenne (UE) a prévu une journée de deuil aujourd'hui à Bruxelles à la mémoire de Lech Kaczynski, qui était pourtant volontiers eurosceptique et avait bloqué l'accord sur le traité de Lisbonne. Les drapeaux des institutions européennes seront en berne et toutes les réunions de l'UE seront ce jour-là précédées de deux minutes de silence. La Lituanie qui compte une forte minorité polonaise, a prévu un deuil national dimanche.
Le secrétaire général de l'Onu, Ban-Ki-moon, s'est dit "choqué", tout comme le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. Les secrétaires généraux de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, et du conseil de l'Europe, Thorbjoern Jagland, et le président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). 
Le Tupolev-154 transportait 96 personnes dont 8 membres d'équipage. La délégation polonaise se rendait à Katyn, près de Smolensk, pour se recueillir sur les tombes de 22.000 officiers polonais exécutés en 1940 par le NKVD, la police politique soviétique.
N. S.
Le président polonais ainsi qu'un grand nombre de hauts responsables civils et militaires y avaient péri, une tragédie sans précédent qui a décimé l'élite dirigeante du pays. Le quartier présidentiel, noire de monde, était illuminé d'immenses tapis de bougies posées sur le sol par la foule. Une triste musique de Chopin, qui monte des bancs musicaux, installés dans ce quartier par la mairie à l'occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur polonais, se fait entendre.
Des dizaines de dessins d'enfants étaient posés sur la place et devant le monument aux morts. Dans toute Varsovie ornée de fleurs et de bougies, les drapeaux étaient en berne et la foule chantait l'hymne national. Hier matin, les Polonais en deuil se pressaient dans les églises où les messes dominicales étaient consacrées à la mémoire des victimes de l'accident d'avion. Peu après 10H00 GMT, les voitures et les piétons se sont figés pendant deux minutes de silence observées travers toute la Pologne. 
Réunis devant le siège du Parlement, les membres du gouvernement, députés et sénateurs ont allumé des bougies. "C'est un drame sans précédent, il est rare dans le monde qu'en un instant tant de représentants des plus hautes autorités de l'Etat, de l'armée et des autorités spirituelles et que le président lui-même trouvent la mort", a déclaré le chef du Parlement, Bronislaw Komorowski, qui assure la présidence par intérim.
La dépouille du président polonais Lech Kaczynzki a été rapatrié hier, en présence du Premier ministre russe Vladimir Poutine, après que le cercueil ait été brièvement exposé à l'aéroport militaire de Smolensk. M. Poutine et l'ambassadeur polonais en Russie Jerzy Bahr ont déposé des roses rouge devant le cercueil et un orchestre militaire a joué les hymnes russe et polonais. 
La cérémonie s'est déroulée à moins d'un kilomètre de la forêt où l'appareil était tombé. Conformément à la loi russe, les dépouilles des autres victimes seront transférées pour expertises à Moscou et non à Varsovie. Les familles des victimes devaient affluer hier dans la capitale russe pour notamment identifier les défunts. 40 psychologues dans des aéroports, hôtels et morgues de Moscou ont été dépéchés pour les soutenir.
Une erreur de pilotage à l'origine de la catastrophe
Plus de quarante experts russes ont été dépêchés sur les lieux de la catastrophe alors que des experts russes et polonais ont commencé l'examen dans un laboratoire du comité intergouvernemental d'aviation (MAK) à Moscou, des boîtes noires de l'avion afin d'établir les causes exactes de la catastrophe. Samedi, les pilotes de l'avion polonais ont été mis en cause par les autorités russes, le commandant adjoint de l'état-major de l'armée de l'air russe, Alexandre Aliochine, affirmant qu'ils avaient ignoré les instructions des aiguilleurs du ciel russes qui leur demandaient d'atterrir sur un autre aéroport en raison de mauvaises conditions météorologiques.  L'appareil a accroché la cîme d'arbres, s'écrasant à quelque centaines de mètres de la piste, lors d'une quatrième tentative d'atterrissage dans un épais brouillard, selon les autorités russes. Le Parquet russe chargé du dossier a annoncé l'ouverture d'une enquête sur de "possibles violations des règles de sécurité aériennes ayant entraîné la mort" de nombreuses personnes. Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, qui a déclaré à l'intention des Polonais que cette catastrophe aérienne "'est aussi une tragédie pour nous et nous pleurons avec vous", a demandé que les causes de l'accident soient éclaircies "au plus vite". La Pologne n'a encore fait aucun commentaire officiel à ce sujet. 
Vives compassion et émotion dans le monde
Cette catastrophe aérienne a suscité une vive émotion dans le monde. La Russie a déclaré lundi jour de deuil et le président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre Vladimir Poutine ont très vite présenté leurs condoléances et promis une "enquête minutieuse"sur ce drame. "(…) C'est une tragédie inimaginable, un malheur inimaginable", s'est écrié l'ex-président polonais Lech Walesa, chef historique du syndicat Solidarité, en apprenant l'accident. 
Aux Etats-Unis, le président Barack Obama a parlé d'un accident "épouvantable pour la Pologne, les Etats-Unis et le monde". Le Brésil a décrété trois jours de deuil. Au Canada, où près d'un million d'habitants sont d'origine polonaise, le Premier ministre Stephen Harper a affirmé: "les Canadiens et les Polonais portent ensemble le deuil de Lech Kaczynski (...) de son épouse Maria, ainsi que des hauts responsables politiques et militaires, disparus dans l'accident". 
Le pape Benoît XVI a fait part de sa "profonde douleur". "J'implore auprès de Dieu tout-puissant une bénédiction spéciale pour le peuple polonais", a-t-il dit. L'Union européenne (UE) a prévu une journée de deuil aujourd'hui à Bruxelles à la mémoire de Lech Kaczynski, qui était pourtant volontiers eurosceptique et avait bloqué l'accord sur le traité de Lisbonne. Les drapeaux des institutions européennes seront en berne et toutes les réunions de l'UE seront ce jour-là précédées de deux minutes de silence. La Lituanie qui compte une forte minorité polonaise, a prévu un deuil national dimanche.
Le secrétaire général de l'Onu, Ban-Ki-moon, s'est dit "choqué", tout comme le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. Les secrétaires généraux de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, et du conseil de l'Europe, Thorbjoern Jagland, et le président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). 
Le Tupolev-154 transportait 96 personnes dont 8 membres d'équipage. La délégation polonaise se rendait à Katyn, près de Smolensk, pour se recueillir sur les tombes de 22.000 officiers polonais exécutés en 1940 par le NKVD, la police politique soviétique.
N. S.


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