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Les préjuges sur le viol
Point de vue
Publié dans Le Midi Libre le 15 - 03 - 2008

«Je suis indignée par le fait que beaucoup d'hommes ne veulent pas admettre les réelles conséquences d'un viol pour une femme. Généralement, ils trouvent qu'on exagère, qu'on fait un caprice, arguant que ce type de traumatisme s'oublie au bout de quelques années. Vous voulez savoir les choses que j'ai entendues dans mon entourage ? Par exemple "Une femme qui s'habille de façon trop provocante mérite de se faire violer. "En couple, le viol est impossible, car si une femme se rétracte après avoir dit oui à un homme, c'est qu'elle fait un caprice".
Vous me direz, on ne peut pas changer la nature des hommes. Je vous réponds que je crois fermement que nous sommes toujours responsable de nos choix et de nos actes. Certains hommes se croient très sensibles à la douleur des femmes, en me tenant des propos tels que "Je ne violerais jamais une femme", de la même manière que "Je méprise les violeurs. Mais je crois que les femmes violées peuvent se remettre de leur traumatisme". Ça ne vous indigne pas ? C'est pourtant tellement courant comme manière de penser. Que répondre à cela, quand la nature même de ces propos souligne qu'ils choisissent activement de faire l'autruche ! Certains me font peur par leur ignorance. Je peux comprendre la poussée de désir pour l'interdit, que nos corps peuvent envoyer un message tout autre que celui de notre volonté réelle. Comment prendre au sérieux une fille de dix-huit ans qui s'habille vulgairement et qui s'est fait violée par son copain, alors qu'elle était loin d'être encore vierge ?
Comment comprendre que les cicatrices d'un viol restent ancrées en elle toute sa vie, et ont des répercussions sur sa vie sociale et sexuelle toute sa vie durant ?
Quand on se donne, c'est une porte qu'on entrouvre pour vous, vers ce qui nous est tellement précieux et personnel. Nous violer, c'est forcer cette porte. Et quelle que soit notre réaction immédiate, elle est obligatoirement d'autoprotection. Imaginez une belle porte de bois avec serrure et verrou, qui donne sur des trésors magnifiques. A chaque fois qu'une femme l'ouvre pour vous, elle vous en donne un peu, ou beaucoup, comme elle le désire. Mais imaginez, cette porte défoncée, la serrure à terre, le bois cassé. La porte reste pour toujours ouverte ou fermée. Si elle reste ouverte, elle prend la forme d'un trou béant. Mais si elle reste fermée, elle pointe des échardes blessantes dirigées contre les envahisseurs, parfois un mur de feu, plus blessant pour la femme. Cette porte ne se remplace pas, elle ne se répare qu'en partie, pour ne jamais redevenir comme avant.
Le viol, c'est en fait le vol le plus atroce qui puisse exister, après le meurtre. Pensez-y, s'il vous plait, avant de vous adonner à vos préjugés. Aucune femme ne peut volontairement souhaiter de se faire violer, jamais.»
Une lectrice
Chère lectrice, le viol est certes le plus infâme des crimes qui doivent être sévèrement sanctionné par la loi ainsi que la société. Malheureusement, au sein de notre société, les préjugés qui accompagnent le viol sont souvent sévèrement dirigés vers la femme, victime directe de ce crime inhumain, mais rendue coupable par un contexte social rigoriste. Qu'une femme porte une tenue provocante, qu'elle ait une démarche excitante, rien ne donne le droit à quiconque d'attenter à sa liberté ou de porter préjudice à sa dignité en la violant.
Cet acte barbare soutenu par une justification pareille ne peut émaner que d'une personne insensible, inhumaine et de surcroît inconsciente. Je sais que le sujet des préjugés sur le viol, des conséquences sur le cours et le long terme sur la personne est encore plus profond et ne peut se résumer en quelques lignes, je laisserais le soin aux lecteurs, hommes et femmes, qui lisent votre réaction, de réagir à leur tour en envoyant sur l'adresse électronique ci-dessus leurs points de vue sur la question.
«Je suis indignée par le fait que beaucoup d'hommes ne veulent pas admettre les réelles conséquences d'un viol pour une femme. Généralement, ils trouvent qu'on exagère, qu'on fait un caprice, arguant que ce type de traumatisme s'oublie au bout de quelques années. Vous voulez savoir les choses que j'ai entendues dans mon entourage ? Par exemple "Une femme qui s'habille de façon trop provocante mérite de se faire violer. "En couple, le viol est impossible, car si une femme se rétracte après avoir dit oui à un homme, c'est qu'elle fait un caprice".
Vous me direz, on ne peut pas changer la nature des hommes. Je vous réponds que je crois fermement que nous sommes toujours responsable de nos choix et de nos actes. Certains hommes se croient très sensibles à la douleur des femmes, en me tenant des propos tels que "Je ne violerais jamais une femme", de la même manière que "Je méprise les violeurs. Mais je crois que les femmes violées peuvent se remettre de leur traumatisme". Ça ne vous indigne pas ? C'est pourtant tellement courant comme manière de penser. Que répondre à cela, quand la nature même de ces propos souligne qu'ils choisissent activement de faire l'autruche ! Certains me font peur par leur ignorance. Je peux comprendre la poussée de désir pour l'interdit, que nos corps peuvent envoyer un message tout autre que celui de notre volonté réelle. Comment prendre au sérieux une fille de dix-huit ans qui s'habille vulgairement et qui s'est fait violée par son copain, alors qu'elle était loin d'être encore vierge ?
Comment comprendre que les cicatrices d'un viol restent ancrées en elle toute sa vie, et ont des répercussions sur sa vie sociale et sexuelle toute sa vie durant ?
Quand on se donne, c'est une porte qu'on entrouvre pour vous, vers ce qui nous est tellement précieux et personnel. Nous violer, c'est forcer cette porte. Et quelle que soit notre réaction immédiate, elle est obligatoirement d'autoprotection. Imaginez une belle porte de bois avec serrure et verrou, qui donne sur des trésors magnifiques. A chaque fois qu'une femme l'ouvre pour vous, elle vous en donne un peu, ou beaucoup, comme elle le désire. Mais imaginez, cette porte défoncée, la serrure à terre, le bois cassé. La porte reste pour toujours ouverte ou fermée. Si elle reste ouverte, elle prend la forme d'un trou béant. Mais si elle reste fermée, elle pointe des échardes blessantes dirigées contre les envahisseurs, parfois un mur de feu, plus blessant pour la femme. Cette porte ne se remplace pas, elle ne se répare qu'en partie, pour ne jamais redevenir comme avant.
Le viol, c'est en fait le vol le plus atroce qui puisse exister, après le meurtre. Pensez-y, s'il vous plait, avant de vous adonner à vos préjugés. Aucune femme ne peut volontairement souhaiter de se faire violer, jamais.»
Une lectrice
Chère lectrice, le viol est certes le plus infâme des crimes qui doivent être sévèrement sanctionné par la loi ainsi que la société. Malheureusement, au sein de notre société, les préjugés qui accompagnent le viol sont souvent sévèrement dirigés vers la femme, victime directe de ce crime inhumain, mais rendue coupable par un contexte social rigoriste. Qu'une femme porte une tenue provocante, qu'elle ait une démarche excitante, rien ne donne le droit à quiconque d'attenter à sa liberté ou de porter préjudice à sa dignité en la violant.
Cet acte barbare soutenu par une justification pareille ne peut émaner que d'une personne insensible, inhumaine et de surcroît inconsciente. Je sais que le sujet des préjugés sur le viol, des conséquences sur le cours et le long terme sur la personne est encore plus profond et ne peut se résumer en quelques lignes, je laisserais le soin aux lecteurs, hommes et femmes, qui lisent votre réaction, de réagir à leur tour en envoyant sur l'adresse électronique ci-dessus leurs points de vue sur la question.


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