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Les enfants, premières victimes
Les allergies alimentaires
Publié dans Le Midi Libre le 08 - 11 - 2009

Les adultes et les enfants apparaissent inégaux devant l'allergie alimentaire. Si seulement 3,5 % des adultes y sont sujets, près de 10 % des enfants sont concernés. Comment reconnaître les symptômes ? Quels sont les aliments les plus souvent en cause ? Quels traitements privilégier ?
Les adultes et les enfants apparaissent inégaux devant l'allergie alimentaire. Si seulement 3,5 % des adultes y sont sujets, près de 10 % des enfants sont concernés. Comment reconnaître les symptômes ? Quels sont les aliments les plus souvent en cause ? Quels traitements privilégier ?
Le tube digestif possède un très riche système immunologique local au niveau de la muqueuse, complété par un drainage ganglionnaire très important. Ce système protège l'organisme des antigènes viraux, bactériens et parasitaires par une réponse immunitaire efficace qui vise à les éliminer. Le système immunitaire doit également reconnaître les protéines alimentaires pour accepter leur passage à travers la muqueuse. Un aliment contient, en effet, de nombreuses protéines. Parmi elles, beaucoup se révèlent être des allergènes. Un aliment peut ainsi contenir une quarantaine d'allergènes différents.
Une prédisposition à l'allergie
La tolérance naturelle à des protéines alimentaires étrangères est une particularité biologique tout à fait originale. Chez certains enfants, il existe un terrain familial dit "atopique". L'atopie est une prédisposition génétique à élaborer des anticorps de la classe des IgE contre les allergènes naturels (protéines de l'environnement) entrant en contact avec l'organisme par les voies naturelles : peau et muqueuses (respiratoires, digestives).
Lait maternel et inflammation
Les allergènes alimentaires sont les premiers allergènes naturels à entrer en contact avec l'organisme. En effet, on sait que les allergènes alimentaires passent, à l'état de traces, dans le lait maternel. Ces très faibles quantités de protéines alimentaires servent sans doute au système immunitaire du bébé à mettre en place sa tolérance immunologique. Dans le cas d'un terrain atopique, il y a probablement un emballement des processus et la création d'une allergie alimentaire. Il est possible que l'allergie alimentaire soit aussi favorisée par l'existence d'une inflammation de la muqueuse intestinale sous l'influence de facteurs variés (infections virales, réaction au stress, destruction de la flore intestinale, irritation de la muqueuse digestive, présence d'une parasitose ou d'une candidose intestinale et toute cause d'augmentation de la perméabilité intestinale aux protéines des aliments).
Les symptômes
Le nourrisson peut se sensibiliser à l'aliment très tôt, même in utero pendant la grossesse. L'allergie alimentaire des nourrissons atteint souvent le tube digestif (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales). Elle peut provoquer une atrophie villositaire totale avec diarrhée persistante comme c'est le cas dans l'intolérance au gluten. Chez l'enfant plus grand, les symptômes sont très divers : choc anaphylactique, urticaire, oedème des lèvres et de la langue, dermatite atopique, diarrhée, vomissements, coliques, eczéma, asthme, infections ORL à répétition, etc. La part de l'allergie alimentaire dans les chocs anaphylactiques par exemple est de 3 à 15 %. Dans l'asthme, elle serait responsable de 8 % des crises. Dans les dermatites atopiques (eczémas), certains avancent les chiffres de 30 à 50 %. Plus la dermatite atopique est sévère, plus il est probable qu'une allergie alimentaire soit en cause.
Les principaux aliments en cause
Si les allergies alimentaires peuvent en théorie concerner tous les aliments, une vingtaine, selon le Pr. D.A. Monneret-Vautrin, d'aliments en France sont les plus souvent en cause. Certains allergènes sont responsables de 90% des cas d'allergies : oeufs, poissons de mer, cacahuètes ou arachides, noisettes et drupacées (amande, noix, abricot, cerise, coing, pêche, pomme, poire, prune, olives), lait de vache, céleri-rave, sel de céleri et autres ombellifères (anis, angélique, carotte, cerfeuil, coriandre, cumin, fenouil, persil, poivre vert), crustacés (araignée de mer, crabe, crevette, écrevisse, langouste, langoustine, homard). D'autres aliments sont plus rarement en cause (10 % des cas) : fruits exotiques (ananas, banane, fruit de la passion, kiwi, kaki, litchi, mangue, noix de coco, papaye), légumineuses (fèves, haricots, pois, pois chiche, soja), farine de blé, moule, boeuf, pomme de terre, noix, noix de coco, poulet, porc, moutarde avec un rôle inducteur possible des cataplasmes de moutarde dans l'enfance.
Les autres allergènes sont exceptionnels : ail, agneau, artichaut, calamar, café, châtaigne, chocolat, chou rouge, ciboulette, coquille saint-jacques, encornet, épices et condiments, escargot, fraise, gelée royale, lapin, laurier, lilicées, levure de boulanger, oignon, orange, pigeon, pistache, pollens, radis, raisin, rognons, sarrasin, sésame, tomate...
Avant l'âge de 1 an, les principaux allergènes sont l'oeuf, l'arachide et le lait de vache. Entre 1 et 3 ans, les principaux allergènes sont l'oeuf (31 %), l'arachide (18 %), le lait (12,5 %), le poisson (12,5 %), l'huile d'arachide, la moutarde.
Certains facteurs de risque ont été mis en évidence : la grande diversification de l'alimentation, l'emploi généralisé et croissant de protéines alimentaires additionnées aux préparations industrielles en raison de leurs propriétés, etc. L'industrie agroalimentaire introduit en effet sans arrêt de nouveaux ingrédients dans ses préparations.
Certains sont potentiellement allergisants :
- nouvelles céréales ;
- fruits secs variés (cacahuètes, noisettes, noix, pistaches, amandes) ;
- exotiques divers (kaki, kiwi, litchi, etc.) ;
- graines variées (pavot, sésame, etc.) ;
- additifs alimentaires protéiques variés (alpha-amylase, carmin de cochenille, caséinates, gommes végétales, lysozyme, etc.) ;
- présence de traces de protéines dans les huiles végétales (arachide, noix, sésame, soja, tournesol) ;
- protéines modifiées allergisantes (soja texturé, surimi de poisson, etc).
Le développement de l'allergie au latex est à l'origine d'allergies croisées avec certains végétaux. L'allergie aux colorants et autres additifs alimentaires est souvent suspectée mais difficile à démontrer.
Le rôle des conservateurs chimiques est quant à lui mal connu. Les plus sensibilisants sont probablement ceux à base de métabisulfites de sodium (E222 à E227). Les sulfites sont si répandus dans l'industrie alimentaire et pharmaceutique que leur mise en cause n'est pas toujours possible.
Le diagnostic d'allergie alimentaire
Le diagnostic est difficile. Il nécessite le recours à un immuno-allergologue spécialisé en allergie alimentaire qui décidera de la stratégie de prise en charge.
Une éruption urticarienne après les repas peut être par exemple un élément de présomption. Le risque d'allergie alimentaire est de 20 % lorsqu'aucun des deux parents n'est allergique. Ce risque est de 40 % lorsqu'un des parents est allergique et monte à 60 % lorsque les deux parents sont atopiques. La tenue d'un journal alimentaire où l'ingestion de tous les aliments est notée scrupuleusement peut aider le médecin. Les tests cutanés, le dosage des IgE spécifiques, les tests de provocation (ou les régimes d'exclusion) permettent en général de poser le diagnostic.
Le problème des allergènes "masqués" est important. Les exemples sont de plus en plus nombreux : il y a des caséinates dans le bouillon de poulet, du lyzozyme de blanc d'oeuf dans certains fromages (gruyère, emmenthal) par exemple. L'huile d'arachide contenue dans certains laits diététiques a été à l'origine de dermatites atopiques. Actuellement, les laits adaptés n'en contiennent plus. Des observations d'enfants sensibilisés in utero à l'arachide ont révélé que les mères enceintes mangeaient de grandes quantités de cacahuètes, assises devant la télévision.
Traitement
L'éviction absolue de l'aliment responsable doit être recommandée. Elle nécessite une vigilance de tous les instants lorsqu'il s'agit d'oeufs, de lait, d'arachide ou de soja. Lorsqu'une allergie à de nombreux aliments est prouvée, le régime préconisé doit être établi par une diététicienne expérimentée afin d'éviter des carences nutritionnelles, en particulier vitaminiques.
Le traitement pharmacologique comporte un anti-histaminique et un médicament protégeant la muqueuse digestive du risque de libération locale d'histamine (cromoglycate disodique : Nalcron). En cas d'accidents allergiques graves, corticoïdes et adrénaline sont nécessaires.
Bien des inconnues persiste sur l'histoire naturelle de l'allergie alimentaire. Il n'est pas possible actuellement d'en pronostiquer l'évolution : l'allergie aux protéines du lait de vache guérit souvent vers 5 ans ; l'allergie à l'arachide persiste souvent toute la vie. De nombreux facteurs, pas tous recensés, se conjuguent pour qu'au bout d'un à trois ans, de façon aléatoire, l'enfant soit guéri, ou en voie de guérison, ou dans un état stable, ou au contraire dans un état de sursensibilisation.
Le tube digestif possède un très riche système immunologique local au niveau de la muqueuse, complété par un drainage ganglionnaire très important. Ce système protège l'organisme des antigènes viraux, bactériens et parasitaires par une réponse immunitaire efficace qui vise à les éliminer. Le système immunitaire doit également reconnaître les protéines alimentaires pour accepter leur passage à travers la muqueuse. Un aliment contient, en effet, de nombreuses protéines. Parmi elles, beaucoup se révèlent être des allergènes. Un aliment peut ainsi contenir une quarantaine d'allergènes différents.
Une prédisposition à l'allergie
La tolérance naturelle à des protéines alimentaires étrangères est une particularité biologique tout à fait originale. Chez certains enfants, il existe un terrain familial dit "atopique". L'atopie est une prédisposition génétique à élaborer des anticorps de la classe des IgE contre les allergènes naturels (protéines de l'environnement) entrant en contact avec l'organisme par les voies naturelles : peau et muqueuses (respiratoires, digestives).
Lait maternel et inflammation
Les allergènes alimentaires sont les premiers allergènes naturels à entrer en contact avec l'organisme. En effet, on sait que les allergènes alimentaires passent, à l'état de traces, dans le lait maternel. Ces très faibles quantités de protéines alimentaires servent sans doute au système immunitaire du bébé à mettre en place sa tolérance immunologique. Dans le cas d'un terrain atopique, il y a probablement un emballement des processus et la création d'une allergie alimentaire. Il est possible que l'allergie alimentaire soit aussi favorisée par l'existence d'une inflammation de la muqueuse intestinale sous l'influence de facteurs variés (infections virales, réaction au stress, destruction de la flore intestinale, irritation de la muqueuse digestive, présence d'une parasitose ou d'une candidose intestinale et toute cause d'augmentation de la perméabilité intestinale aux protéines des aliments).
Les symptômes
Le nourrisson peut se sensibiliser à l'aliment très tôt, même in utero pendant la grossesse. L'allergie alimentaire des nourrissons atteint souvent le tube digestif (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales). Elle peut provoquer une atrophie villositaire totale avec diarrhée persistante comme c'est le cas dans l'intolérance au gluten. Chez l'enfant plus grand, les symptômes sont très divers : choc anaphylactique, urticaire, oedème des lèvres et de la langue, dermatite atopique, diarrhée, vomissements, coliques, eczéma, asthme, infections ORL à répétition, etc. La part de l'allergie alimentaire dans les chocs anaphylactiques par exemple est de 3 à 15 %. Dans l'asthme, elle serait responsable de 8 % des crises. Dans les dermatites atopiques (eczémas), certains avancent les chiffres de 30 à 50 %. Plus la dermatite atopique est sévère, plus il est probable qu'une allergie alimentaire soit en cause.
Les principaux aliments en cause
Si les allergies alimentaires peuvent en théorie concerner tous les aliments, une vingtaine, selon le Pr. D.A. Monneret-Vautrin, d'aliments en France sont les plus souvent en cause. Certains allergènes sont responsables de 90% des cas d'allergies : oeufs, poissons de mer, cacahuètes ou arachides, noisettes et drupacées (amande, noix, abricot, cerise, coing, pêche, pomme, poire, prune, olives), lait de vache, céleri-rave, sel de céleri et autres ombellifères (anis, angélique, carotte, cerfeuil, coriandre, cumin, fenouil, persil, poivre vert), crustacés (araignée de mer, crabe, crevette, écrevisse, langouste, langoustine, homard). D'autres aliments sont plus rarement en cause (10 % des cas) : fruits exotiques (ananas, banane, fruit de la passion, kiwi, kaki, litchi, mangue, noix de coco, papaye), légumineuses (fèves, haricots, pois, pois chiche, soja), farine de blé, moule, boeuf, pomme de terre, noix, noix de coco, poulet, porc, moutarde avec un rôle inducteur possible des cataplasmes de moutarde dans l'enfance.
Les autres allergènes sont exceptionnels : ail, agneau, artichaut, calamar, café, châtaigne, chocolat, chou rouge, ciboulette, coquille saint-jacques, encornet, épices et condiments, escargot, fraise, gelée royale, lapin, laurier, lilicées, levure de boulanger, oignon, orange, pigeon, pistache, pollens, radis, raisin, rognons, sarrasin, sésame, tomate...
Avant l'âge de 1 an, les principaux allergènes sont l'oeuf, l'arachide et le lait de vache. Entre 1 et 3 ans, les principaux allergènes sont l'oeuf (31 %), l'arachide (18 %), le lait (12,5 %), le poisson (12,5 %), l'huile d'arachide, la moutarde.
Certains facteurs de risque ont été mis en évidence : la grande diversification de l'alimentation, l'emploi généralisé et croissant de protéines alimentaires additionnées aux préparations industrielles en raison de leurs propriétés, etc. L'industrie agroalimentaire introduit en effet sans arrêt de nouveaux ingrédients dans ses préparations.
Certains sont potentiellement allergisants :
- nouvelles céréales ;
- fruits secs variés (cacahuètes, noisettes, noix, pistaches, amandes) ;
- exotiques divers (kaki, kiwi, litchi, etc.) ;
- graines variées (pavot, sésame, etc.) ;
- additifs alimentaires protéiques variés (alpha-amylase, carmin de cochenille, caséinates, gommes végétales, lysozyme, etc.) ;
- présence de traces de protéines dans les huiles végétales (arachide, noix, sésame, soja, tournesol) ;
- protéines modifiées allergisantes (soja texturé, surimi de poisson, etc).
Le développement de l'allergie au latex est à l'origine d'allergies croisées avec certains végétaux. L'allergie aux colorants et autres additifs alimentaires est souvent suspectée mais difficile à démontrer.
Le rôle des conservateurs chimiques est quant à lui mal connu. Les plus sensibilisants sont probablement ceux à base de métabisulfites de sodium (E222 à E227). Les sulfites sont si répandus dans l'industrie alimentaire et pharmaceutique que leur mise en cause n'est pas toujours possible.
Le diagnostic d'allergie alimentaire
Le diagnostic est difficile. Il nécessite le recours à un immuno-allergologue spécialisé en allergie alimentaire qui décidera de la stratégie de prise en charge.
Une éruption urticarienne après les repas peut être par exemple un élément de présomption. Le risque d'allergie alimentaire est de 20 % lorsqu'aucun des deux parents n'est allergique. Ce risque est de 40 % lorsqu'un des parents est allergique et monte à 60 % lorsque les deux parents sont atopiques. La tenue d'un journal alimentaire où l'ingestion de tous les aliments est notée scrupuleusement peut aider le médecin. Les tests cutanés, le dosage des IgE spécifiques, les tests de provocation (ou les régimes d'exclusion) permettent en général de poser le diagnostic.
Le problème des allergènes "masqués" est important. Les exemples sont de plus en plus nombreux : il y a des caséinates dans le bouillon de poulet, du lyzozyme de blanc d'oeuf dans certains fromages (gruyère, emmenthal) par exemple. L'huile d'arachide contenue dans certains laits diététiques a été à l'origine de dermatites atopiques. Actuellement, les laits adaptés n'en contiennent plus. Des observations d'enfants sensibilisés in utero à l'arachide ont révélé que les mères enceintes mangeaient de grandes quantités de cacahuètes, assises devant la télévision.
Traitement
L'éviction absolue de l'aliment responsable doit être recommandée. Elle nécessite une vigilance de tous les instants lorsqu'il s'agit d'oeufs, de lait, d'arachide ou de soja. Lorsqu'une allergie à de nombreux aliments est prouvée, le régime préconisé doit être établi par une diététicienne expérimentée afin d'éviter des carences nutritionnelles, en particulier vitaminiques.
Le traitement pharmacologique comporte un anti-histaminique et un médicament protégeant la muqueuse digestive du risque de libération locale d'histamine (cromoglycate disodique : Nalcron). En cas d'accidents allergiques graves, corticoïdes et adrénaline sont nécessaires.
Bien des inconnues persiste sur l'histoire naturelle de l'allergie alimentaire. Il n'est pas possible actuellement d'en pronostiquer l'évolution : l'allergie aux protéines du lait de vache guérit souvent vers 5 ans ; l'allergie à l'arachide persiste souvent toute la vie. De nombreux facteurs, pas tous recensés, se conjuguent pour qu'au bout d'un à trois ans, de façon aléatoire, l'enfant soit guéri, ou en voie de guérison, ou dans un état stable, ou au contraire dans un état de sursensibilisation.


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