Gravissime accusation que celle que la secrétaire générale du PT porte contre le FLN et le RND auxquels elle reproche de lui avoir «subtilisé» une dizaine de listes électorales, usant de l'arme de la corruption. Mohamed Kebci - Alger (Le Soir) - Louisa Hanoune, qui présidait, hier mardi, une réunion ordinaire du bureau politique de son parti, s'est appesantie sur la première étape des élections locales du 23 novembre prochain, celle de la confection des listes électorales et de la collecte des signatures des électeurs pour valider certaines de ces listes. Une première phase qui a révélé l'état d'esprit global au sein de la société empreint, selon elle, d'une «totale défiance à l'égard des élections». Et les raisons sont à situer au niveau du cadre juridique et politique qui est le même que celui ayant prévalu lors des dernières élections législatives. Un «argument» avancé par une partie de militants et de cadres du parti à refuser de candidater, a avoué Hanoune qui reconnaît, par ailleurs, toutes les difficultés sans «précédent» éprouvées dans l'opération de collecte des signatures des électeurs pour valider ses listes électorales, contraint qu'il est à cette procédure dans une dizaine de wilayas. Une opération frappée, comme lors des élections législatives du 4 mai dernier, des sceaux de la «corruption et de l'achat des signatures, de candidatures, voire de listes entières». Et d'accuser, dans la foulée, le FLN d'avoir «acheté 5 listes du parti à Tiaret» et le RND quatre autres listes à Chlef. La secrétaire générale du PT affirme qu'aucun parti, pas même ceux du pouvoir, n'a présenté, au soir du 24 septembre dernier, ultime délai pour le dépôt des listes électorales auprès des services des Drag (Direction de la réglementation et de l'administration générale) des wilayas, des listes dans l'ensemble des 1 541 communes du pays. Elle soutiendra que le duo FLN-RND a déposé des listes bien après minuit dans la nuit du 24 au 25 septembre dernier, et ce, au vu et au su de tout le monde, mettant ce dérapage parmi tant d'autres, sur la «fracture à l'intérieur des institutions» du pays. Autant de pratiques «horribles» qui «confirment, selon la secrétaire générale du PT, ce qui s'est passé le 4 mai dernier», et qui constituent une «guerre contre la démocratie politique, le multipartisme, contre l'Etat et le mandat communal». Inquiétudes sur la révision de la loi sur les hydrocarbures A propos de la révision de la loi sur les hydrocarbures que vient d'évoquer le Premier ministre, la secrétaire générale du PT, et comme il fallait s'y attendre, affirme tirer une «alerte», exprimant ses «inquiétudes». Lui répondant, elle interroge Ahmed Ouyahia : «Quand est-ce que nous étions comme des escargots ?», affirmant que le pays est «plus qu'ouvert puisqu'il est à plat-ventre». Hanoune s'interroge si cette révision n'était pas une manière «inavouée» d'accéder à une doléance des multinationales qui n'ont jamais cessé de revendiquer «l'annulation de la taxe sur le superprofit». Ou si c'était également une façon tout aussi détournée de «revoir la fameuse règle 51/49% portant investissement étranger dans le pays dans la perspective de revenir sur les nationalisations». Et de promettre «ne pas rester les bras croisés», rappelant qu'«en 2005, pas moins de deux millions de signatures de citoyens ont été collectées, ce qui a amené le président de la République à surseoir à cette même perspective évoquée par Ouyahia». M. K.