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L'Anep fixe de nouvelles règles du jeu
Publicité dans les journaux
Publié dans Le Soir d'Algérie le 25 - 08 - 2020

Dans toute entreprise qui engage la communauté, l'argent est le nerf de la guerre ! Une vérité de La Palice qui rappelle les grands enjeux que représente la publicité pour n'importe quelle entreprise de presse. Cela est le propre de la presse écrite partout dans le monde.
Les études de l'économie de la presse démontrent que les ventes seules ne suffisent pas elles-mêmes à faire vivre un journal aussi bien pour les diverses prestations techniques (frais d'imprimerie) que pour les dépenses du personnel, administratif et rédactionnel. Si pour les journaux publics le débat n'a pas lieu, il en est tout autrement pour les publications privées quelle que soit leur périodicité. La libéralisation de la presse dès les années 90, dans le cadre du pluralisme politique inauguré sous l'ère de feu Chadli Bendjedid, n'a été précédée d'aucune étude, et dans ce cas, en son volet publicité. Il n'y a aucune balise susceptible de réguler la colossale masse d'argent que procuraient les annonces dans les journaux.
C'est donc une formidable anarchie qui allait s'installer, ouvrant la voie aux passe-droits, au clientélisme et à la corruption. Cela est surtout flagrant avec l'irruption sur un marché étriqué d'entrepreneurs de presse d'un genre nouveau, que rien ne distingue des autres faiseurs d'argent ! Paradoxalement, les critères énoncés par la loi de 1990 sont foulés aux pieds, les professionnels qui pouvaient prétendre au lancement d'un titre sont vite noyés par une bande d'affairistes sans vergogne, dont l'appât du gain facile leur fait transgresser toute limite qu'imposent l'éthique et la déontologie. Dès lors, l'on comprend l'extraordinaire nombre de quotidiens (plus de 160 ) aux revenus juteux aux yeux de leurs promoteurs. Exit les périodiques hebdomadaires, bimensuels ou mensuels de qualité à valeur ajoutée pour le paysage médiatique au profit d'un lectorat de plus en plus exigeant, avec l'avènement des réseaux sociaux. Et cela fait 30 ans que ça dure ! Que de fortunes ont été amassées sur le dos du contribuable et celui des rédacteurs mal payés, non déclarés et sciemment tenus dans une situation précaire à la merci de leur patron. Un scandale ! Cette situation a fini par devenir presque un acquis. Le nouveau directeur de l'Agence nationale d'édition et de publicité (Anep), installé récemment, a vite fait de donner un grand coup dans la fourmilière, résultat : des virements colossaux (à coups de milliards de dinars) ont été mis à jour souvent pour des titres à petits tirages, à l'impact nul et parfois même virtuel puisqu'on ne les retirait même pas des imprimeries d'Etat, non payées ou mal payées en retour. C'est que les entreprises de presse parasites se nourrissaient en toute quiétude des mamelles de la vache à lait, en l'occurrence l'Anep, la prise en compte du lecteur étant le cadet de leur souci.
Ammar Belhimer, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement qui a roulé sa bosse dans le milieu de la presse, aussi bien publique que privée, n'en se laisse pas conter, il va donc s'attaquer à ce « big » dossier au risque de s'attirer les foudres des tenants du système Anep, version tiroir-caisse.
Il a annoncé, hier lundi, au cours d'une réunion avec les éditeurs de presse, une opération assainissement du secteur de la publicité car c'est la volonté du gouvernement. Ne soyons donc pas étonnés d'assister à brèves échéances au dépôt de bilans frauduleux et la disparition d'une multitude de titres qui n'existaient que par la volonté de leurs sponsors et autres parrains politiques. À la grande joie des professionnels du secteur. Ce sera ainsi à la faveur d'un « nouveau partenariat Anep-presse écrite » où seront mis en avant des critères transitoires d'attribution de la publicité publique. Souhaitons que cela signifie la fin des «ambitions et pratiques contraires au métier de journaliste». Ammar Belhimer a déclaré aux professionnels des médias réunis ce lundi que cet effort d'assainissement s'inscrit dans le cadre de « la liberté de contrat tant qu'elle (la liberté) ne contredit pas les lois de la République », ajoutant que cette démarche prend en considération trois principes : « tout est possible dans le cadre de la loi », du moment que l'article 59 du code civil stipule que « le contrat est établi du fait d'une volonté compatible sans préjudice aux dispositions légales. L'exercice serein des libertés grâce à la reconsidération de la notion de responsabilité. La transition d'une presse version papier vers une presse électronique ».
Vu la sensibilité du sujet, le ministre, s'il a pris le soin de préciser que si l'Etat est le seul propriétaire de l'Anep, affirme : « Nous ne nous érigeons pas en tant que tutelle car l'ère de l'allégeance et de la tutelle administrative a abouti à des catastrophes économiques qu'il est difficile d'évaluer aujourd'hui », et que son département « n'a aucune implication directe dans la gestion d'une institution économique publique soumise au droit commercial (Anep) ». Pour le reste, deux documents techniques quant aux nouvelles dispositions qui devront régir les rapports – commerciaux ? — de cette institution étatique ont été élaborés et sont disponibles pour les concernés. Il s'agit de celui des « critères transitoires d'attribution de la publicité » et de la « constitution du dossier de l'entreprise de presse ». Les zones d'ombre qui ont prévalu dans le secteur ont été globalement assainies. Les conditions technico-administratives de création d'une entreprise de presse (au même titre d'ailleurs que les autres) ont été rappelées avec un accent mis sur la situation vis-à-vis de la Cnas (protection sociale des travailleurs). Des alinéas ont été précisés sous forme de mises en garde quant au risque encouru par le directeur de la publication en cas de corruption avérée ou de diffamation. Il est rappelé aussi, concernant la création d'un journal, l'article 25 de la loi organique de 2012 qu'une même personne de droit algérien ne peut posséder plus d'une seule publication.
Les partis politiques ne sont pas éligibles à la création d'un titre qui revient aux seuls journalistes. Et pour mettre fin à la confusion générale, désormais doivent être mentionnés : le tirage, la nature du journal (local, régional ou national), interdiction de prête-nom et pas plus du 1/3 de la surface du journal consacré à la publicité. Mais qui sont les titres qui peuvent prétendre à autant de possibilités ? Il reste que le ministère de la Communication a planché sur une certaine hiérarchisation quant à l'ancienneté des titres en 3 paliers allant de 4 ans à 15 ans et plus et cela, surtout, ouvre droit proportionnellement à l'accès à la publicité étatique. L'Anep se réserve le droit de prendre 30% des droits sur chaque pub octroyée à compter du 1er janvier 2021. Par ailleurs, les tarifs (en fonction de chacun des paliers cités) sont précisés pour les parutions en noir et blanc ou couleur. Pour une page noir et blanc, le montant est à 300 000 DA et 400 000 DA pour la page couleur. Il est évident que le tirage du journal conditionne aussi cet accès qui ne serait pas automatique. Les prix sont légèrement moins élevés pour les journaux de moins de 4 ans par exemple. Peut-on dire alors que plus rien ne sera comme avant et que cette volonté d'assainissement mettra fin au clientélisme et autres pratiques contre nature dans le secteur à la recherche d'une voie salvatrice et qu'enfin les professionnels amoureux du métier d'informer puissent enfin vivre leur vocation ? D'autre part, cette initiative sera-t-elle le prélude à l'élaboration de la loi sur la publicité maintes fois reportée et que l'Assemblée nationale légiférera ? Evidemment, Ammar Belhimer aura à se pencher sur la publicité dans les télés privées hors de tout contrôle et qui, parfois, se transforment en véritables agressions du téléspectateur. Au demeurant, on ne peut pas exclure de ces préoccupations la presse électronique qui s'aguerrit de jour en jour.
Enfin, si l'Anep est souveraine – au plan du droit commercial — liberté pleine et entière doit être reconnue aux annonceurs privés, dans le cadre de la loi et la fin du chantage à la publicité, tant nuisible à la liberté d'expression.
Brahim Taouchichet


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