Tout dans la démarche du chef de l'état plaide pour un gouvernement beaucoup plus large, à l'effet de faire face, ensemble, aux moult défis qui se présentent au pays. M. Kebci-Alger (Le Soir)- Aussitôt les résultats définitifs des élections législatives anticipées du 12 juin dernier proclamés, mercredi dernier en début de soirée, le Premier ministre Abdelaziz Djerad a présenté la démission de son gouvernement au chef de l'Etat. Suite à quoi, Abdelmadjid Tebboune s'est lancé, le surlendemain, soit hier, dans des concertations en vue de la constitution du nouvel exécutif. Il a, en effet, d'abord reçu, dans la matinée, le secrétaire général du parti du Front de libération nationale, le grand vainqueur du récent scrutin législatif avec 98 sièges parlementaires, pas loin de sa moisson des élections de mai 2017. Abou Elfadhl Baâdji, qui était accompagné à cette audience de membres du bureau politique du parti, a affirmé, dans un point de presse, au sortir de cette entrevue, avoir exprimé au chef de l'état la «vision» du parti concernant le futur gouvernement qui, selon lui, doit être «politique» pour pouvoir, après, avoir la capacité d'en assumer la «responsabilité». Un gouvernement dont la composante doit être, a-t-il ajouté, au «prorata des sièges obtenus par chacun des partis appelés à y siéger». Une manière subtile, pour le secrétaire général du FLN, de réclamer le «gros lot» au sein du futur exécutif, faisant part de «contacts à maintenir» avec le chef de l'état jusqu'à la composition du gouvernement. Aussi, Baâdji a ajouté «n'avoir pas émis de proposition quant au poste de Premier ministre», estimant que cela relève des «prérogatives exclusives», du président de la République. Ceci avant que Tebboune ne reçoive une délégation de sept nouveaux députés indépendants, à leur tête Abdelouahab Aït-Menguellet, le maire sortant de la commune de Tizi-Ouzou. Des indépendants qui, avec 84 sièges récoltés, arrivent en deuxième position. Il devra poursuivre ces consultations selon l'ordre de classement des partis à ces élections. Ce qui fait que les prochains hôtes du palais présidentiel seront respectivement le président du Mouvement de la société pour la paix, Abderrazak Makri, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique, Tayeb Zitouni, le président du Front el Moustakbal, Abdelaziz Bélaïd et, enfin, le président du mouvement El Binaa, Abdelkader Bengrina. Un quatuor arrivé en troisième, quatrième, cinquième et sixième positions avec respectivement 65 sièges, 58 sièges, 48 sièges et 39 sièges parlementaires. Avec un net ascendant du chef de l'état quant à nommer un Premier ministre, puisque presque tous ces grands vainqueurs ont d'ores et déjà signifié leur disponibilité à accompagner le président de la République dans ses chantiers. Il faut rappeler que la Constitution de 2020 stipule dans son article 103 que le gouvernement est dirigé par un Premier ministre lorsqu'il résulte des élections législatives une majorité présidentielle et est dirigé par un chef du gouvernement lorsqu'il résulte des élections législatives une majorité parlementaire. Aussi, les membres du gouvernement sont nommés par le président de la République sur proposition du Premier ministre ou du chef du gouvernement, selon le cas. S'il résulte des élections législatives une majorité présidentielle, le président de la République nomme un Premier ministre et le charge de lui proposer un gouvernement, et d'élaborer un plan d'action pour la mise en œuvre du programme présidentiel qu'il présente au Conseil des ministres. Le Premier ministre soumet le plan d'action du gouvernement à l'approbation de l'Assemblée populaire nationale qui ouvre à cet effet un débat général. Il en fait de même au Conseil de la Nation. En cas de non-approbation du plan d'action du gouvernement par l'APN, le Premier ministre présente la démission du gouvernement au président de la République qui nomme à nouveau un Premier ministre selon les mêmes modalités. Et si la Chambre basse du Parlement ne l'approuve pas de nouveau, elle est dissoute de plein droit. Le gouvernement en place est maintenu pour gérer les affaires courantes, jusqu'à l'élection d'une nouvelle Assemblée populaire nationale qui doit intervenir dans un délai maximal de trois mois. M. K.