La ville d�El Kala a v�cu jeudi dernier une journ�e d��meutes et de saccage de biens publics et priv�s sans commune mesure dans son histoire tumultueuse. Les protestataires, venant de tous les quartiers p�riph�riques de la commune, ont exprim� violemment leur d�sarroi, rage et d�sapprobation suite � l�affichage, la veille, par les services de la commune, de la liste des 178 b�n�ficiaires des logements sociaux. Des centaines d��meutiers de tous �ges ont, avec une violence rare et inou�e, saccag� et br�l� le si�ge de la da�ra et ont ensuite incendi� tous les documents du service de l��tat civil du si�ge de la commune. Toutes les routes menant au centre-ville ont �t� obstru�es par des blocs de pierre, des pneus br�l�s et autres objets h�t�roclites. Les commerces ont baiss� rideaux et la circulation automobile vers El Kala a �t� d�vi�e. Par ailleurs, les protestataires ont br�l� une partie de la barque install�e au milieu du bassin du jet d�eau, situ� � l�entr�e ouest de la ville et vol� tous ses �quipements. Cette gerbe d�eau a �t� r�alis�e il y a quinze jours pour un montant de 2,5 milliards de centimes. Cet acte est consid�r�, par des �meutiers rencontr�s, comme une marque de d�fiance � l�endroit du premier homme de la wilaya. A quelque dizaines de m�tres de cet �quipement public, d�autres �meutiers ont bris�, par des jets de pierre, toutes les vitres de la gare routi�re appartenant au pr�sident de l�Assembl�e populaire de wilaya. Il est � signaler que les services de s�curit� pr�sents en masse ne se sont pas inqui�t�s. Statiques, ils observaient les sc�nes de destruction et de d�solation. Dans un autre registre, des cadres de la ville nous ont affirm� que ces �meutes �sont un trop-plein de fautes graves, r�currentes et de non-prise en charge des dol�ances des citoyens par les autorit�s, � leur t�te le chef de da�ra. Pour preuve, la non-r�gularisation depuis des ann�es de centaines d�habitations dites SAS par l�administration et ce, pour l�obtention de l�acte de propri�t� alors que le discours officiel est tout autre�. Par ailleurs, le maire dans une tentative de calmer les esprits et arr�ter la furie d�vastatrice de la population a affirm�, dans l�apr�s-midi de jeudi, que �la liste des b�n�ficiaires sera totalement revue�. Apr�s quoi ! Un calme pr�caire r�gne dans cette commune baln�aire o� la saison estivale est s�rieusement compromise.