Les fans de foot peuvent d'ores et déjà bloquer leur agenda. La Coupe du monde de football Fifa 2018 est en approche et le calendrier détaillé des matchs qui seront diffusés sur beIN Sports en payant et sur TF1 en clair est tombé. Pour rappel, la compétition, vecteur d'audience assuré pour les deux chaînes, se déroulera en Russie du 14 juin au 15 juillet prochain, date de diffusion de la finale. En heure GMT+2, les matchs seront essentiellement diffusés à 14h, 17h et 20h. En moyenne, les matchs diffusés en 2014 avaient rassemblé plus de 9 millions de téléspectateurs sur TF1, la diffusion de la compétition ne sera pas rentable pour la chaîne. Selon des estimations d'analystes, celle-ci aurait déboursé entre 40 et 60 millions d'euros pour s'offrir les meilleures affiches. La même somme aurait été mise sur la table pour les droits de la Coupe du monde 2022, qui sera également diffusée sur TF1 et beIN Sports. Reste qu'en juin prochain, le coût astronomique de la compétition sera en partie compensé par des recettes publicitaires exceptionnelles. A titre d'exemple, la Une facturera 280.000 euros le spot de publicité de trente secondes si les Bleus vont en finale. Sur les 64 matchs de la compétition, TF1 en diffusera 28, tout comme en 2014. Dans le détail, la première chaîne diffusera 16 matchs de poules, dont bien sûr les trois rencontres disputées par les Bleus. En raison du décalage horaire, ces trois matchs se déroulant plus à l'est, ils seront tous diffusés en journée. Le premier match des Bleus, France-Australie, qui se déroulera le 16 juin prochain est d'ailleurs le seul de la compétition qui sera diffusé... à 12h ! Mais que les salariés se rassurent, ils n'auront pas à sécher leur pause-déjeuner puisqu'il s'agit d'un samedi. Parmi les 16 rencontres qu'elle diffusera, TF1 se réserve encore la possibilité d'effectuer quelques changements, notamment concernant les affiches des groupes B, D, E et G, qui seront diffusées entre le 25 et le 28 juin. Du côté des phases finales, la Une proposera trois des quatre quarts de finale, cinq des huit huitièmes de finale. La chaîne fera connaître son choix concernant ces rencontres décisives à l'issue des matchs de poules. Seule certitude : la chaîne diffusera forcément tous les matchs des Bleus en phases finales si ceux-ci parviennent à se qualifier. La Une retransmettra évidemment les deux demi-finales, la petite finale et la finale. Comme en 2014, beIN Sports sera le seul diffuseur à proposer l'intégralité des 64 matchs de la compétition sur son antenne. La chaîne sportive annonce par ailleurs qu'elle proposera un suivi 24/24h de la compétition, avec notamment des afters et des magazines dédiés. L'occasion peut-être pour la chaîne payante de franchir la barre des 4 millions d'abonnés puisque pour voir un maximum de matchs, il faudra impérativement être abonné à la chaîne qatarie (ou pas). Source: ozap.com Plus de radio ni de télé publiques en Suisse ? Et si la Suisse devenait le premier pays d'Europe sans télévision, ni radio publiques ? Vous savez combien ils payent de redevances, les Suisses ? 450 francs par an. 386 euros. Trois fois le montant français. Ça pèse lourd sur le pouvoir d'achat. Et du coup, c'est tentant. Tentant de voter le 4 mars prochain la suppression de cet impôt que trois jeunes gens de même pas trente ans ont décidé de soumettre au référendum populaire. Mot d'ordre «No Billag» ! «A bas la redevance». Non, ils vivent confortablement en Suisse allemande et bossent dans la finance. C'est un acte idéologique pur, donc intellectuellement passionnant. Ils ne sont pas libéraux ou ultra-libéraux. Ils sont libertariens. Rien ne prime, pour eux, sur la liberté et la propriété individuelle. Pas même l'Etat. Impensable de payer, donc, pour une télé que vous ne regarderiez pas ou une radio que vous estimez surtout écoutée par les autres. Pas d'audiovisuel public pour tous. Chacun s'abonne à des services payants, type Netflix par exemple, et choisit ce qu'il aime : du série pour Rebecca Manzoni, du foot pour Marie-Pierre Planchon, du porno pour Nicolas, il ne regarde que ça, etc. Bref, l'intérêt du citoyen est remplacé par celui du consommateur. En termes de programme, la logique de l'offre par celle – très appauvrie – de la demande. Là-bas, les chaînes et stations publiques ont pour mission la prise en compte de trois langues et de trois cultures. Ne doutons pas que sans la redevance, leur affaiblissement sera tel qu'il conduirait droit au démantèlement. Quid de l'identité suisse si disparaît ce lien social et culturel que sont la radio et la télévision ? Ciment national, c'est aussi chaque identité régionale qui est en jeu. Prenez la Suisse romande. Privée de ses chaînes publiques francophones, elle verrait les grandes télés françaises renforcer leur présence. Vous imaginez, vous, votre société racontée en son et en image par une puissance étrangère ? Il y a de quoi susciter des crispations. La Suisse romande n'exprime guère de désir d'émancipation ou d'indépendance. On n'est pas en Catalogne. Mais attention, à l'heure où l'Europe s'avère giflée par les replis régionaux, jouer avec le feu serait dangereux.