Il y a quelques semaines, l��quipe nationale juniors gar�ons disputait en Libye le championnat d�Afrique, ponctu� par une qualification au Mondial �gyptien de 2009. Dans une rencontre informelle avec quelques journalistes, le coach national, Kheraifia Lahbib, est revenu sur les p�rip�ties de cette comp�tition avec une projection sur le futur. Le Soir d�Alg�rie : Comment appr�ciez-vous cette comp�tition continentale ? Khera�fia Lahbib : L�accueil a �t� impeccable, et c�est tout � l�honneur des organisateurs libyens. Toutes les �quipes �taient log�es dans une m�me cit� et les salles de handball �taient tr�s fonctionnelles. Cependant, les responsables de la f�d�ration libyenne ont essay� de peser de tout leur poids au sein de la Conf�d�ration africaine de handball pour d��ventuels profits. Concernant cet aspect de coulisses et de contacts, nous �tions des clients pauvres comme on dit. Expliquez-vous. C�est malheureux de constater, une �ni�me fois, que nos d�l�gations sportives, en dehors de celles du football, sont insuffisamment encadr�es lors des comp�titions officielles internationales � l��tranger. Comment justifier cette propension de la tutelle � r�duire le nombre de personnes accompagnant les �quipes nationales dans leurs sorties ? C�est une honte de voir, dans les r�unions techniques, l�Alg�rie repr�sent�e par son seul chef de d�l�gation, contrairement aux autres pays d�fendus par une armada de personnes. Ce qui fait que l�Alg�rie se retrouve isol�e pour esp�rer imposer ses id�es. D�ailleurs, en Libye, j�ai d� assister aux r�unions pour faire entendre, avec Filali, la voix de l�Alg�rie. En dehors de ces r�unions, il est regrettable de constater que le MJS refuse tout autre membre de la FAHB (administrateur, technicien, garde mat�riel ou charg� de la communication). Jusqu�� quand persistera cette restriction ? Comment jugez-vous le niveau technique de la comp�tition ? Le niveau �tait appr�ciable car les �quipes se sont bien pr�par�es et avaient des arguments techniques � faire valoir. Nous pensons que la hi�rarchie a �t� respect�e sauf pour l�Alg�rie qui est une nation de handball qui a rat� le podium. Nous n�avons qu�� nous en prendre � nous m�mes. Comment jugez-vous le niveau technique de la comp�tition ? Le niveau �tait appr�ciable car les �quipes se sont bien pr�par�es et avaient des arguments techniques � faire valoir. Nous pensons que la hi�rarchie a �t� respect�e sauf pour l�Alg�rie qui est une nation de handball qui a rat� le podium. Nous n�avons qu�� nous en prendre � nous m�mes. Comment avez-vous trouv� l�arbitrage ? Loin d��tre un paravent, je dirai que l�arbitrage n�a pas jou� dans l�ensemble le r�le attendu de lui. D�s le d�but, il �tait acquis aux Libyens, surtout en demi-finale. En effet, comment expliquer le remplacement de derni�re minute de la paire tunisienne par des Marocains. Ce c�t� me permet de revenir � cette insuffisance dans l�encadrement de la d�l�gation alg�rienne. M. Filali, le chef de la d�l�gation, �tait au four et au moulin et ne pouvait donc contrecarrer le jeu de coulisse des Libyens et autres. Sans transition, parleznous du rendement de la s�lection alg�rienne lors de cette comp�tition. Je peux la qualifier de mifigue mi-raisin. L��quipe alg�rienne a obtenu, comme vous le savez, la quatri�me place mais elle pouvait faire mieux. Cependant, ce r�sultat cadre avec de multiples facteurs endog�nes n�gatifs comme l�absence de pr�paration, le championnat national juniors r�duit � quelques �quipes, etc, la FAHB qui fait face � mille probl�mes, et la politique sportive nationale catastrophique et floue. Comment s�est d�velopp� le jeu alg�rien ? Il comprend des c�t�s positifs mais aussi n�gatifs. D�un c�t�, la volont�, le courage et l�ambition �taient pr�sents chez les joueurs alg�riens qui avaient un minimum de tactique, insuffisamment �toff�e. Il ne faut pas occulter la question des crit�res de leur s�lection et leur mauvaise pr�paration aggrav�e par l�insuffisance de matches amicaux de qualit�, qui n�a pas �t� en ad�quation avec les exigences de la comp�tition. Nous avons tent� avec Redouane Tchakrabi de corriger, un tant soit peu, les orientations techniques n�cessaires. Il faut ajouter le niveau de coh�rence insuffisamment stabilis� � cause des volets endog�nes d�j� cit�s. Etes-vous satisfait de l�effectif retenu ? Je ne peux pas afficher une satisfaction mais je dirai que parmi les joueurs pr�sents en Libye, seuls cinq �taient au diapason, d�o� le probl�me des changements et des doublures par poste de jeu. Pour le revers de la m�daille, il y a eu la tr�s mauvaise prestation des gardiens de but qui a r�ellement handicap� le jeu de l��quipe. Cela a influ� sur le rendement, permettant ainsi � nos adversaires de revenir au score ou de creuser l��cart. Mais honn�tement, je peux dire que beaucoup de joueurs n�ont pas leur place en �quipe nationale. Cela est d� � quoi ? A une p�riode bien particuli�re, les responsables de la FAHB ont fait appel � Redouane Tchakrabi et � moi pour prendre en main cette �quipe nationale, pour un laps de temps tr�s court, c'est-�dire l�emmener au championnat d�Afrique qui pointait trois semaines plus tard. Nous avons essay� de donner la meilleure image possible de l�Alg�rie handballistique. Quand j�ai pris l��quipe en main, la s�lection �tait d�j� �tablie. Nous avons, moi et mon camarade Redouane, essay� de poursuivre le travail d�j� entam�. Je pense que l�erreur a �t� commise au d�but de la s�lection. L�, il y avait un effectif dont la moiti� �tait n�e en 1990 et le reste entre 1988 et 1989. Or, pour ce championnat d�Afrique, seuls ceux n�s en 1988 et 1989 devaient y participer. Aussi, le reste, qui �tait majoritaire, ne pouvait y �voluer car il �tait issu de la cat�gorie sup�rieure. Il faut avouer que les joueurs alg�riens, avec une pr�paration inad�quate, ne pouvaient affronter des formations bien pr�par�es telles que la Libye, la Tunisie, l�Angola et m�me l�Egypte qui n�a pas particip�. Cette derni�re vise tout simplement le titre mondial chez elle en 2009. Toutes ces �quipes ont travaill� sans rel�che et d�arrache- pied et il n�y a qu�� voir comment les autorit�s des ces pays s�investissent en direction des jeunes cat�gories. Que faut-il faire pour rattraper ces pays africains ? Malheureusement, nous ne pourrons pas combler le d�ficit pr�valant pr�sentement. Ce qu�il faudrait faire, c�est de repartir � z�ro et travailler comme nous l�avons fait par le pass�. Plus pragmatiquement, il faudra mettre en place les s�lections de jeunes au niveau des wilayas, des r�gions, des zones et enfin au niveau national pour essayer d��lever le niveau technique. Et comment y rem�dier ? Il faut une s�rieuse prise en charge et une motivation des techniciens pour les lib�rer et les mettre � l�aise. J�insiste sur les moyens didactiques et une r�mun�ration correcte qui leur assure une dignit�. Aussi, les responsables des associations sportives et de la tutelle sont interpell�s. En attendant, le Mondial 2009 devra �tre pr�par� ? Tout d�abord, il ne faudra mettre la charrue avant les b�ufs. Dans un premier temps, il n�y a rien d�officiel concernant la situation du staff technique. Cependant, une �bauche de plan d�actions, allant du mois de novembre courant au mois de juin prochain, a �t� d�battue avec les responsables de la FAHB. Ces derniers recevront ce dimanche le planning �labor� pour l�officialiser. Avez-vous une id�e sur la conception de ce programme ? Bien s�r que j�en ai une id�e. La pr�paration sera marqu�e par de longues p�riodes de regroupements des joueurs dont il y aura une liste tr�s �largie. Nous essayerons de coller notre programme avec celui de l��quipe A pour avoir des stages aux m�mes p�riodes. Cela servira surtout � pr�parer la rel�ve en quelque sorte. En participant � ce Mondial, vous devriez avoir des ambitions ? Il est trop t�t de faire un pronostic, car il reste tributaire de cette pr�paration et des rencontres amicales internationales que nous aurons � livrer. Toute bonne participation au Mondial sera conditionn�e par l�apport de moyens cons�quents. Sinon, il faudra mieux rester � la maison car faire de la figuration est une honte pour un pays riche. Pour une meilleure participation, l�effectif devrait �tre �toff� ? Parall�lement � la mat�rialisation du programme d�actions avec la programmation de tournois de haut niveau en Alg�rie et � l��tranger, une prospection devra �tre entam�e en Alg�rie et ailleurs. Chez nous, les directeurs techniques de r�gion et de wilaya devraient s�rieusement s�impliquer dans la prospection, la s�lection et le suivi des joueurs retenus dans les r�gions ou wilaya par la mise sur pied de s�lections � leurs niveaux. A l��tranger, des gens y r�sidant nous ont transmis des noms de joueurs susceptibles de porter les couleurs nationales. J�ouvre une parenth�se pour d�plorer le manque de formation des jeunes joueurs dans la majorit� des associations sportives. A la d�charge des techniciens des petites cat�gories, il faut mettre en exergue le manque de moyens mat�riels et de stimulations p�cuniaires qui freinent leurs missions C�est un SOS lanc� aux autorit�s du pays ? Je ne dis pas que c�est un SOS. Je ne suis qu�un entra�neur, et l�appel rel�ve de la responsabilit� de la FAHB et du MJS qui ont le devoir de le faire. Ma t�che est d�entra�ner l��quipe nationale. Mais en participant � cet appel, cela se r�percutera s�rement sur votre travail� Si nous avions les moyens demand�s, les joueurs seront � l�aise. Si les moyens suivent, nous serons au deuxi�me tour du Mondial �gyptien. L�espoir et la confiance demeurent forts pour le Mondial... Bien s�r. Derni�rement, j�ai interpell�, dans une �mission t�l�vis�e, la conscience de nos responsables. L�Etat devra prendre en charge l��lite nationale avec des moyens cons�quents, �videmment avec des contrats-objectifs �tablis entre chaque f�d�ration et la tutelle. Si l��tat r�pond favorablement � la demande, je ne vois pas pourquoi ne pas travailler et obtenir de r�sultats. C�est un plaisir de constater cet optimisme� L�espoir existe malgr� le fait que nous n�avons plus, quantitativement, des joueurs de talent comme auparavant. La p�te existe aussi m�me si nous avons un nombre restreint de bons joueurs. L�Alg�rien est connu pour relever des d�fis.