Avec l'organisation de la 6e édition des journées de la musique andalouse Andaloussiate, dont la clôture est prévue pour vendredi prochain, l'Etablissement Arts et Culture aura encore une fois prouvé – en plus du travail de proximité qu'il fait tout au long de l'année au niveau des centres culturels et des communes de la wilaya d'Alger – qu'il répond exactement à nos attentes. En effet, cet établissement a encore une fois réussi à inviter les associations les plus prestigieuses d'Alger et des autres villes d'Algérie pour égayer durant tout le mois de mai l'auditorium du théâtre de verdure Laadi Flici et redonner la joie au amateurs de la musique andalouse tout en rendant hommage aux grands maîtres tels que Cheikh Mamad et Mohamed Khaznadji qui a été surpris par tout ce beau monde qui a tenu à lui offrir de nombreux cadeaux à l'occasion de son 80e anniversaire. Il faut dire que mis à part les soirées animées par les associations et les chanteurs andalous, le public a été invité à assister à des cours de musique (master class) dirigés par des professeurs de musique andalouse et à des conférences avec des spécialistes tels que Nacereddine Baghdadi, Maya Saâdani, Boudjemâa Haïchour, Dr Zerouala et Abdelhakim Meziani. Les imams aimaient la musique Ce dernier qui avait donné une communication sur le vieil Alger musical a tenu à rappeler le rôle joué par l'Emir Khaled qui était, en effet, derrière la création de la plupart des associations sportives et culturelles d'Alger, Blida et Médéa. Meziani a noté que les premiers à prendre les armes contre les Français étaient les membres des confréries musulmanes avant d'ajouter qu'Alger était une citadelle soufie. Le conférencier a également rappelé que les imams et les muphtis d'Alger étaient de grands amateurs d'andalou et encourageaient ce genre de musique. D'ailleurs, beaucoup d'entre eux tels que Cheikh El Kebabti étaient des poètes de grand talent. Meziani a cité certains noms dont celui de Sidi Boumediène, Sidi Abderrahmane et Chikh Bensmaïa qui fut le professeur de Cheikh Abderrahmane Djilali. Il faut noter que cet érudit qui a aujourd'hui 101 ans est également un grand mélomane. Il a été membre de la commission de révision des textes andalous à l'ONDA. Toujours au sujet de la position des religieux face à la pratique musicale, Meziani a indiqué que Abdelhamid Ben Badis se déplaçait à Alger avec une chorale. Le conférencier qui prépare un livre sur ce sujet s'est demandé, par ailleurs, pourquoi, durant la période d'après-indépendance, les jeunes Algériens avaient toutes les informations mêmes intimes sur les chanteurs et chanteuses égyptiens mais ne connaissaient pas les noms de Sfindja, Benteffahi et Yamna. On parle encore de transcription On doit signaler que certaines conférences étaient axées sur des sujets purement techniques et que le grand sujet de la transcription de la musique andalouse a encore une fois dominé les débats. Cela devient honteux de se poser une telle question. Les vrais musiciens qui ont les moyens de transcrire les noubas en solfège n'ont plus de temps à perdre en discutant. Ils devraient plutôt passer à l'acte en éditant des livres. Les conservateurs qui n'ont pas eu la chance d'étudier dans les conservatoires devraient, de leur côté, enregistrer les morceaux jalousement gardés. Aujourd' hui, on a des professeurs tels que Bachir Mazouni, Saoudi et bien d'autres ayant de grandes connaissances à la fois de la musique universelle et de l'andalou. C'est à eux que revient le rôle de la transcription. Cela ne veut pas dire qu'on va délaisser les enregistrements des maîtres tels que Mohamed Khaznadji ou Ahmed Serri. On doit signaler qu'en marge des Andaloussiate des expositions de peinture, couture, d'artisanat et d'instruments de musique ont été programmées. Les visiteurs ont pu, ainsi, apprécier la beauté de certains tableaux dont le bouquet de fleurs de Radia Zouaoui et les instruments de musique africains et ceux du grand spécialiste des instruments à cordes Rachid Chaffa. Des défilés de mode ont également fait la joie des spectateurs du théâtre de verdure.