L'ex-ArcelorMittal, complexe sidérurgique d'El Hadjar, devenu Imetal après le rachat du groupe par l'Etat en octobre 2015, renoue avec la sempiternelle grogne syndicale. En cause, l'expiration du mandat syndical de l'actuel bureau et le refus de le voir renouvelé par une majorité de salariés. L'actuel bureau syndical est accusé de tous les maux. On lui reproche notamment sa léthargie devant le retard dans le versement des salaires, ainsi que son absence face à la direction du complexe au sujet du traitement des problèmes socioprofessionnels des sidérurgistes. Dans ce sens, une correspondance vient d'être adressée au wali par le représentant de l'Union locale des travailleurs et le bureau de wilaya UGTA. La correspondance exige la tenue d'une assemblée générale élective et réclame le départ de l'actuel bureau syndical. Contacté, l'actuel SG du bureau syndical évoque l'existence de perturbateurs au sein du complexe et réfute toutes les accusations portées, selon lui, par des revanchards… Toujours est-il que la situation reste tendue. Des problèmes persistent, notamment sur la réhabilitation des équipements de production, tel le haut fourneau numéro 2. Ce dernier, dans le plan d'investissement global, avait été inscrit «prioritaire» dans l'enveloppe financière du milliard de dollars retenue pour l'investissement et la réhabilitation de la chaîne de production du complexe. Malheureusement, le HP 2 est toujours à l'arrêt et l'objectif d'augmenter la capacité de production à 2,2 millions de tonnes par an en 2017 reste aléatoire. En aval, l'implantation d'un nouveau laminoir de ronds à béton et de fils pour machine d'une capacité d'un million de tonnes devait booster la filière fonte, ainsi que celles de l'acier et laminoirs avec la concrétisation d'une nouvelle filière électrique. Or, le complexe vit actuellement des pertes de plusieurs dizaines de millions de dollars et ne répond nullement à la demande très dynamique du marché en termes sidérurgiques. La baisse de production est telle que, même après révision de la règle 51/49% en 2015, le complexe affiche seulement 300 000 tonnes, alors que la demande nationale attend, pour les seuls ronds à béton et fils pour machine, environ 4 millions de tonnes. C'est pourquoi la réhabilitation du haut fourneau numéro deux, lancée en octobre 2015 avec des experts russes et sud-africains, pose problème aux 5400 sidérurgistes, dont la masse salariale coûte à l'Etat 50 millions DA. Ils ne sont pas rassurés et appellent, pour la préservation de leurs emplois, à une implication plus responsable de leurs représentants syndicaux. Seront-ils entendus ? La question reste posée en attendant des réponses appropriées au malaise que vit le complexe…