Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a publié une vidéo de la Suissesse Béatrice Stockly enlevée par cette organisation extrémiste à Tombouctou depuis des mois. Dans cette vidéo publiée par le journal mauritanien Alakhbar, la Suissesse exprime son malaise causé par la chaleur. Cette otage précise «en ce jour du 16 mai 2016», «passe ses salutations à sa famille qui a tout fait» pour elle et «remercie également le Gouvernement suisse pour les efforts consentis, d'après elle, en sa faveur». Béatrice Stockly rappelle aussi qu'elle a été enlevée par Aqmi «depuis 130 jours». L'émirat du Sahara, affilé à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a exigé, en janvier 2016, la libération d'Abou Tourab, ex-patron de la Police islamique de Tombouctou, en échange de la Suissesse, Béatrice Stokly. Aqmi a proposé l'échange dans sa vidéo de revendication de l'enlèvement de la Suissesse début janvier de l'an dernier. Abou Tourab, alias Ahmed Ould El-Faghi, a été arrêté au Niger, en septembre 2015, et présenté à la Cour pénale internationale (CPI). Il aurait ordonné la destruction de neuf mausolées dont celle de Sidi Yahya à Tombouctou. Abou Tourab a dirigé la Police islamique de Tombouctou entre avril 2012 et janvier 2013 sous l'occupation du mouvement Ançar Eddine, écrit le journal mauritanien. En publiant la photo de Béatrice Stockly, Aqmi a cherché à montrer une preuve de vie de cet otage et, par là, relancer la tentative de négociations pour sa libération. Face à la caméra ou filmée de profil, cette dernière donne la date du mardi 17 mai 2016 et précise qu'elle est détenue par Aqmi depuis 130 jours. Aqmi avait revendiqué fin janvier dans une première vidéo l'enlèvement le 7 janvier de cette Suissesse dans le nord-ouest du Mali et avait réclamé pour la relâcher la libération de détenus extrémistes. La Suisse a exigé sa libération «sans condition». Béatrice Stockly, une quadragénaire, protestante convaincue qui ne faisait pas mystère de sa volonté évangélisatrice, avait déjà été retenue en otage en 2012, lorsque la ville de Tombouctou (Mali), était contrôlée par des groupes extrémistes.