Le ministère de l'Habitat a rendu, hier, public un communiqué dans lequel il avertit les promoteurs immobiliers non inscrits au tableau national de se mettre en conformité. A défaut, ce seront quelques 1543 promoteurs immobiliers qui risquent de se voir retirer leurs agréments. Un délai qui leur est accordé jusqu'au 2 novembre prochain pour prendre les mesures qui s'imposent. Sur 6225 promoteurs agréés, 1543 ont été avisés par une mise en demeure pour régulariser leur situation avant la date butoir. L'attestation d'inscription au tableau national des promoteurs immobiliers, obligatoire depuis 2012, est une autorisation pour l'exercice de l'activité et l'adhésion du promoteur au Fonds de garantie et de caution mutuelle de la promotion immobilière (FGCMPI). Selon de récentes estimations du ministère de l'Habitat, 27% des logements réalisés dans le cadre des promotions immobilières sont supervisés par des promoteurs agréés non-inscrits à ce tableau. Leur activité est considérée, par conséquent, «illégale». C'est la raison pour laquelle, le ministère incite l'acquéreur d'un bien immobilier selon la formule dite «Vente Sur Plan» de s'assurer que le promoteur immobilier a souscrit à une garantie, auprès du FGCMPI. Cette garantie doit être jointe au contrat de vente sur plan. Une procédure, explique-t-on au ministère de l'Habitat, qui est «une forme d'assurance obligatoire, qui peut être utilisée dans les cas où le promoteur décède ou disparaît, et en cas de faillite, de liquidation et escroquerie». Pour toute sécurité, le ministère a mis à la disposition des acquéreurs un site Internethttp://www.fgcmpi.org.dz/liste.htm où il est possible de consulter les listes des promoteurs immobiliers inscrits au tableau national. Une autre enquête menée par le ministère de l'Habitat sur l'implication des entreprises nationales dans la réalisation de projets de logements et d'équipements publics révèle que de nombreuses entreprises n'ont pas honoré leurs engagements. Un grand nombre d'entreprises n'a pas manifesté sa volonté de participer à ces programmes publics. Tandis que d'autres se sont carrément désistées de ces marchés à cause des prix fixés. Ils sont, rappelons-le, de l'ordre de 2.8 millions de dinars/ appartement. Parmi toutes ces entreprises 13 ont reçu un ou deux avis de résiliation les exposant ainsi à une interdiction de participation d'une année. Ils sont également ajoutés à la liste noire, ajoute le communiqué du ministère. 26 promoteurs poursuivis en justice Par ailleurs et pour mettre un terme aux constructions anarchiques et illicites, le département de Tebboune compte, ainsi sévir contre les promoteurs «douteux». Il a, à ce jour recensé 26 promoteurs immobiliers, répartis sur 12 wilayas, qui exercent sans agrément. Le ministère de l'Habitat a soumis leurs dossiers à la justice. «L'opération de recensement se poursuit toujours», indique-t-on dans le communiqué du ministère qui ne prend aucune réserve pour retirer les agréments dans le cas où le promoteur ne respecte pas les normes de construction. Une mesure qu'il a récemment appliquée, d'ailleurs, au promoteur M'hamed Sahraoui. Ce dernier était, rappelons-le, accusé par le ministère de l'Habitat d'être responsable du renversement d'un bâtiment en construction à El Achour. Concernant les agences immobilières, le ministère a enregistré 613 agents n'ayant pas déposé leurs dossiers, indique-t-on dans le même document. Le département de Tebboune a fixé la date du 20 novembre comme dernier délai pour la régularisation de leur situation. «Ces derniers verront leurs agréments retirés s'ils ne remplissent pas cette formalité», avertit encore le communiqué.