LE Mouvement islamiste Ennahda a convoqué son conseil consultatif pour une réunion extraordinaire qui se déroulera vendredi 4 novembre. Ordre du jour : examiner la question de la participation ou non aux élections législatives du printemps 2017. C'est ce qu'a annoncé, hier, le secrétaire général du parti, Mohamed Douibi, à l'occasion d'une conférence de presse animée au siège de sa formation à Alger. Il a appelé à réunir les conditions de la transparence de ces échéances, estimant que «si les élections seront entachées de fraude, la situation du pays se compliquera davantage». «La légitimité doit être le socle pour faire face aux défis qui attendent le pays», a-t-il dit, affirmant que les conditions de la transparence des prochaines échéances ne sont pas encore réunies. Selon lui, ni la Haute instance indépendante de surveillance des élections, créée dans le cadre de la nouvelle Constitution, ni la proposition de nommer Abdelwahab Derbal, pourtant ancien cadre d'Ennahda, ne suffisent pour garantir un scrutin crédible. «Nous connaissons Abdelwahab Derbal pour avoir travaillé avec lui pendant de longues années. Mais nous faisons la différence entre les personnes et les politiques. Derbal a des compétences politiques, juridiques et diplomatiques. Et c'est un patriote. Mais toutes ces qualités ne suffisent pas pour la transparence des élections. Cette instance ne peut pas garantir cette transparence. Il faut une réelle volonté politique», a-t-il affirmé. Le conférencier a appelé, dans ce contexte, le chef de l'Etat à faire part de sa volonté politique d'organiser des élections propres et crédibles car, a-t-il expliqué, «la question de la transparence est une affaire de volonté politique par excellence». L'Alliance de l'Algérie verte (AAV), coalition des partis Ennahda, El Islah et le MSP, constituée à l'occasion des élections législatives de 2012, sera-t-elle reconduite ? Le secrétaire général d'Ennahda n'apporte pas de réponse, se contentant d'affirmer qu'il est pour une alliance politique plus large. «On n'est pas pour les alliances idéologiques seulement. On est pour des alliances politiques plus grandes, capables de faire face aux défis sociaux et économiques qui nous attendent», a-t-il souligné. Le conférencier a déploré le fait que le pouvoir soit contre ce genre d'alliance politique. «Malheureusement, le pouvoir entrave ce genre de coalition. La loi électorale n'encourage pas ce type d'initiatives», a-t-il soutenu, en appelant à geler les lois contestées, notamment la loi électorale, jusqu'après les élections législatives.