«Pourquoi prendre, en se vaccinant, un risque de complications qui peuvent être graves pour éviter une maladie bénigne qu'est la grippe A ?», telle est la question culte universelle qui ne cesse d'être posée depuis l'apparition du virus H1N1. Tout devient flou dès qu'on parle de se protéger en se vaccinant. Quels sont réellement les risques, si risques il y a ? L'on pourrait dire que le vaccin aurait été impératif si le virus pouvait tuer tout le monde, sans exception et non pas seulement les personnes vulnérables. A ce propos, les autorités dans le monde entier avancent cette logique que si une faible population se vaccine, l'épidémie se répandra. Donc, il est conseillé de se faire vacciner car il y a un grand bénéfice collectif. Les populations sont informées que se faire vacciner pourrait engendrer un danger faible, mais un danger quand même. Ce qui n'est pas tout à fait faux. Afin d'éviter les discours alarmistes à l'étranger, les experts ont informé la population sur la vaccination. Ils ont annoncé que le vaccin sans adjuvant est sûr, ceux avec adjuvants relèvent du «bénéfice-risque». Et d'après cette précision, le citoyen est libre de choisir individuellement et librement en fonction de son état de santé personnel et du contexte familial, sa décision en toute connaissance de cause. Plus précisément, ce vaccin réalisé dans des conditions normales permettra de réaliser rapidement un diagnostic différentiel en cas de syndrome grippal. On doit, par contre, mesurer le rapport bénéfice-risques du vaccin H1N1 avec adjuvant : d'un côté une semaine de grippe, de l'autre une probabilité, faible mais définitive, d'avoir une maladie neurologique (syndrome Guillain-Barré) ou auto-immune. Un syndrome causant une sorte de paralysie ascendante qui débute aux membres inférieurs pour monter progressivement. Dans les formes graves elle peut se compliquer avec la paralysie des muscles respiratoires et la personne atteinte devra alors être placée sous respirateur artificiel. La paralysie peut être irréversible. En 1976 aux Etats-Unis d'Amérique, il y a eu des complications avec le vaccin contre la grippe porcine, où 46 millions de personnes avaient été vaccinées, et environ 4000 d'entre-elles ont porté plainte par la suite pour effets secondaires graves. Selon l'OMS, «des études laissent à penser que la vaccination régulière contre la grippe saisonnière pourrait être associée à une augmentation du risque de syndrome de Guillain-Barré de l'ordre d'un à deux cas par million de personnes vaccinées. Pendant la campagne de vaccination antigrippale de 1976, ce risque a augmenté pour atteindre environ dix cas par million de personnes vaccinées, ce qui a conduit à un retrait du vaccin. L'on n'arrête pas, par ailleurs, de prévenir les personnes qui réagissent excessivement à l'albumine, puisque les vaccins (contre tout type de grippe) sont développés dans des œufs. La réaction de ces sujets est, cependant, anodine et temporaire d'après des sources médicales. Qu'est-ce qu'un adjuvant dans un vaccin ? Dans les vaccins, les adjuvants sont des produits dits inertes qui, ajoutés au vaccin, stimulent la réaction immunitaire donc renforcent la fabrication d'anticorps. Normalement, dans le cas d'un virus pandémique, il faut deux doses de vaccin. Avec un adjuvant on commence à être protégé dès la première injection. En cas de mutation du virus, on reste protégé. Les adjuvants sont utilisés depuis toujours dans la plupart des vaccins comme le tétanos, la diphtérie. Les adjuvants utilisés dans les vaccins contre la grippe A sont à base de «squalène» (une substance que l'on trouve à l'état naturel dans les plantes, chez l'animal et chez l'homme). Dans l'organisme humain, il est synthétisé dans le foie et véhiculé par la circulation sanguine. On le trouve également dans différents aliments, produits cosmétiques, médicaments en vente libre et compléments alimentaires. Il est commercialement extrait de l'huile de poisson, en particulier de l'huile de foie de requin. Il est ensuite purifié et utilisé dans certains produits pharmaceutiques et vaccins. Selon l'OMS, depuis 1997, 22 millions de doses de vaccin antigrippal contenant environ 10 mg d'adjuvant par dose ont été administrées sans aucune réaction indésirable grave. Ce vaccin était destiné principalement aux personnes de plus de 65 ans. Néanmoins, les laboratoires en Europe proposent un vaccin sans adjuvant, sans pour autant bouder le vaccin avec adjuvant.