La facture pétrolière mondiale pourrait s'alourdir de plus de 900 milliards de dollars par an suite aux soulèvements populaires dans des pays arabes, notamment en Libye, a estimé un spécialiste des questions énergétiques. «En trois mois, le prix du brut a augmenté d'environ 40%, soit plus de 30 dollars par baril. C'est énorme. Cela représente un alourdissement de plus de 900 milliards de dollars par an de la facture pétrolière mondiale, sans compter la facture gazière dont une partie importante (en Europe et en Asie) est indexée sur le prix du pétrole», a indiqué le directeur de la revue Pétrostratégies, Pierre Terzian, dans un entretien à l'APS. Pour lui, une hausse aussi rapide et aussi ample «ne peut pas rester sans impact sur la croissance économique», surtout dans les pays industrialisés. Les cours du pétrole n'ont pas cessé d'évoluer jeudi. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait averti que l'Europe pourrait dépenser 76 milliards de plus pour ses importations de pétrole en 2011, comparé à l'an dernier, si le baril se maintient à son niveau actuel. Dans un discours télévisé mercredi, le leader libyen Mouammar Kadhafi a menacé de faire remplacer les personnels des compagnies ayant gelé leurs activités énergétiques en Libye par des Chinois et des Indiens. Selon des sources industrielles, la Libye a cessé de produire entre 700 000 et 750 000 de barils par jour, soit près de la moitié de sa production normale de 1,6 million de barils par jour, représentant près de 2% de la production mondiale. «Personne ne prend au sérieux cette menace du colonel Kadhafi. Ce qui inquiète tout le monde en revanche c'est un basculement total de la Libye dans une guerre civile sanglante et dont personne ne peut prévoir la durée.»