En participant aux assises nationales de la société civile qu'organise aujourd'hui le Conseil national économique et social (CNES) au Palais des nations, le secrétaire général de l'Association Algérienne des Ressources Humaines (ALGRH), Abdelhamid Maiza, veut saisir l'occasion pour mettre en avant «les dysfonctionnements du mouvement associatif algérien». L'ALGRH fera des propositions visant à redonner au mouvement associatif son rôle dans la société. «Nous allons plaider pour la création de la formation pour les cadres du mouvement associatif», nous a-t-il indiqué hier. A l'instar des autres pays, les associations doivent suivre des formations qui peuvent même être diplomantes. Il souhaite que les assises ne soient pas juste «une parade» sans lendemain. «Nous souhaitons qu'il y ait des organes permanents de consultations et d'échanges», a-t-il avoué. Selon lui, le mouvement associatif doit être associé par les pouvoirs publics durant toute l'année et ne pas faire de lui un alibi à utiliser dans certaines circonstances uniquement. Au sujet de la contribution d'ALGRH à ces assises de trois jours, M. Maiza a indiqué qu'un état des lieux sur les associations sera présenté à cette occasion. Ce rapport révèle que «la majorité des associations actives se trouve dans des wilayas qui ont échappé au terrorisme et à la violence». Lors de leur création, «32% des associations avancent le problème financier en tant que difficultés alors que 20% d'entre elles posent le problème du local». Le poids économique des associations est quasiment nul alors que leur grande majorité fonctionne avec du bénévolat. «Les subventions, quand elles existent, sont données au compte-gouttes et de façon aléatoire en raison de l'opacité qui règne en matière de financement des associations». Ces contraintes réduisent considérablement la durée de vie des associations. D'ailleurs, «la mortalité associative devient un phénomène inquiétant et répandu». Une prédominance des associations sociales qui totalisent 43% est également signalée, suivies par les associations culturelles avec 28% et à un degré moindre par les associations sportives avec 14%. Cependant, signale-t-on, «cette classification reste provisoire de par le fait que les associations tendent vers la polyvalence». «La wilaya d'Alger requiert la particularité de centraliser toutes les associations à dimension nationale», signale l'ALGRH, relevant aussi que «7,6% d'associations sont implantées dans les zones rurales et 20% dans les zones semi-urbaines». Outre une très faible adhésion, «peu d'associations possèdent du personnel permanent ou des volontaires qui assurent la permanence». Peu de moyens pour beaucoup de projets Dépourvues de moyens de communication, «55,6% d'associations ne possèdent pas de ligne téléphonique». Avec une forte présence du sexe masculin et un déficit en compétences, les responsables des organisations évitent de présenter des bilans ou les rapports d'activités. «Une rareté de vrais projets de développement durable et une prédominance des projets de courte durée et conjoncturels» sont autant de caractéristiques des associations algériennes. «Les associations sportives professionnelles absorbent la majorité des budgets de la wilaya et très loin derrière le secteur social», s'inquiète l'ALGRH. «L'opacité qui caractérise les modalités des répartitions des subventions et l'ampleur de la demande des sociétaires font toujours l'objet de multiples tensions, de conflits ouverts, de protestations et de diverses pressions», ajoute la même source. Quant à l'origine des financements, ils émanent des wilayas à hauteur de 33,5% et du secteur privé à 45%. Cependant, «l'instabilité frappe beaucoup les membres du bureau qui auront plus tard des conséquences négatives sur le fonctionnement normal des associations». La plupart des démissions s'expliquent, selon la même étude, par «la mésentente, l'inactivité ou l'individualisme des responsables associatifs, le type de management et le style de commandement ont une influence considérable sur la qualité et le niveau de fonctionnement et d'organisation des associations», qui recourent rarement à la consultation des membres ou des adhérents au moment où la pratique du vote est une démarche peu courante dans la plupart des associations. «Seules 14% prétendent opter pour cette démarche démocratique transparente et participative». Par ailleurs, les responsables d'associations reprochent aux collectivités locales leur indifférence et leur manque de volonté réelle de collaborer avec eux. Les convoitises des politiques freinent les associations L'ALGRH interpelle les pouvoirs publics pour «professionnaliser le secteur en développant en priorité la formation des formateurs et instituer un programme annuel de formation continue spécifique et ciblée à l'intention des cadres associatifs». Il faut «éloigner l'espace associatif des convoitises des forces politiques et à le préserver de l'englobement partisan et de l'embrigadement politique», recommande l'ALGRH, proposant aussi le «développement du bénévolat et l'encouragement du civisme». Il est préconisé aussi la création d'un Conseil national consultatif des associations qui se chargera du suivi de l'évolution des associations et de l'élaboration d'un ensemble de programmes d'actions et de formation notamment et la création des maisons d'associations dans chaque wilaya pour les regrouper dans des structures afin de régler les problèmes de domiciliation. La création d'institutions de la micro finance, d'un fonds national de développement des associations capable de soutenir des projets et de réguler certaines activités et la mise en place un statut du bénévole et du volontaire de sorte à multiplier les vocations et à permettre à la société civile d'améliorer le volume et la qualité des recrutements sont proposés aussi.