L'union générale des commerçants et artisans algériens (Ugcaa) a organisé, hier, une conférence pour passer en revue la situation et les entraves que connaît le secteur de la pêche en Algérie. Le président de la commission de la pêche, membre de l'Union générale des commerçants et artisans algériens, Hocine Bellout, qui a animé la conférence, s'est penché sur les problèmes auxquels est confronté le secteur de la pêche en donnant des chiffres sur la situation des ports et poissonneries sur le territoire national. Hocine Bellout a indiqué que les 31 ports de pêche, les 1200 kilomètres de côtes algériennes et les 14 wilayas côtières doivent être revus et étudiés à long terme. Il a déclaré aussi que la gestion du secteur de la pêche au niveau national est chaotique en raison de l'insécurité, la corruption, la spoliation et le manque de moyens, rudimentaires depuis longtemps, ce qui a mené le secteur à un véritable désastre. En tant responsable et professionnel du secteur de la pêche, M. Bellout a affirmé que «le nouveau ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques Sid Ahmed Ferroukhi n'est pas à l'écoute des soucis et des aspirations des pêcheurs, tout en indiquant que «le secteur de la pêche est entre les mains des barons et de la mafia». A propos de la régression de la production, notamment de thon, M. Bellout a indiqué que cela est lié à plusieurs facteurs, notamment l'inconscience des pêcheurs algériens mais aussi l'ouverture d'une poissonnerie qui importe 400 000 tonnes de poisson par an, ce qui a influé négativement sur la pêche nationale et a provoqué la fermeture de plusieurs poissonneries à l'échelle nationale. Il a indiqué que l'établissement d'une loi fondamentale dans le secteur de la pêche reste une illusion depuis 2005, soulignant que la reconnaissance du statut des pêcheurs est l'un des volets majeurs. Il déplore également la situation des ports de pêche qui manquent d'équipements de première nécessité, notamment l'absence de salles de soins, de médecins et autres moyens de base, ce qui a causé la mort de 37 pêcheurs algériens depuis 1962. Concernant les prix du poisson qui sont devenus de plus en plus élevés, M. Bellout a révélé l'absence de la direction du contrôle des prix (DCP) qui «a ouvert les portes aux barons qui n'ont pas de relation avec le domaine, ce qui fait régner l'anarchie dans ce secteur». Il a souligné aussi que le consommateur algérien reste toujours très loin derrière le chinois qui consomme 80 kilos de poisson par an, l'européen de 24 à 40 kilos, le marocain 12 kilos, le tunisien 10 kilos, alors qu'il n'en consomme qu'un ratio de 1 gramme par an. En outre, le conférencier a indiqué que le trafic du corail rouge a pris de l'ampleur ces dernières années. Il a déclaré que pas moins de 12 tonnes ont été saisies depuis 2000 en précisant que les quantités exportées illégalement vers les frontières et à l'étranger, notamment vers l'Italie, sont 4 fois plus grandes que celles de la consommation locale, selon les estimations.