Le sélectionneur national, Vahid Halilhodzic, a choisi l'ENTV pour s'expliquer sur la déroute de l'EN en Afrique du Sud lors de la CAN 2013 et vider son sac. «Beaucoup de supporters m'ont demandé des explications et c'est pour cette raison que j'ai choisi la télévision pour m'adresser à eux. Malgré la grosse déception engendrée par notre élimination à la CAN, on m'a réservé un accueil chaleureux à notre atterrissage à l'aéroport d'Alger. Cela m'a fait plaisir. C'est exceptionnel. Je ne veux pas trahir la confiance des Algériens qui adorent le football et je ferai tout mon possible pour améliorer le rendement de l'équipe nationale», a affirmé Vahid Halilhodzic, lundi soir sur le plateau de l'ENTV. «Tout le monde m'a incité à poursuivre ma mission. Le président de la FAF m'a dit tu vas rester même si on termine dernier à la CAN. Tous les joueurs et les membres de mon staff m'ont demandé aussi de rester. J'ai beaucoup réfléchi et j'ai décidé de continuer mon œuvre. Je peux toutefois partir à tout moment, voire ce soir même. J'ai un contrat moral avec un Monsieur (Raouraoua NDLR) qui fait un travail énorme pour le football algérien. Je le dis honnêtement. Mais, si je ressens que cette équipe ne progresse pas, je partirais», souligne le sélectionneur national, qui a très mal vécu l'élimination précoce des Verts en Afrique du Sud. «Après la défaite contre le Togo, je me suis réfugié et je n'ai pas parlé pendant deux jours. Quand je perds, je ne mange pas et je ne parle à personne. Tout le monde était abattu, mais j'ai aimé la réaction du groupe face à la Côte d'Ivoire, la meilleure équipe du tournoi, qu'on a dominée. Je suis fier de mes joueurs qui ont de la qualité et de l'orgueil. C'était une bonne expérience pour le groupe et on doit continuer sur cette voie, tout en étant plus exigeants», lance le driver des Verts, qui nourrit d'énormes regrets. «On est passés à côté de quelque chose de grand. On était les meilleures en termes de statistiques, mais la réussite n'était pas présente. Ça s'est joué sur peu de choses dans une épreuve où tout était contre nous. Même l'arbitrage nous a lésés. Le président de la FIFA a d'ailleurs parlé d'une injustice vis-à-vis de l'Algérie. Je pense qu'il nous a manqué un tueur dans la surface de vérité, de la trempe de Drogba, qui peut marquer sur une seule action, et peut être un leader au sein du groupe aussi. Tout le monde doit faire son mea culpa, moi en premier. J'ai peut-être fauté pour avoir trop osé», précise l'ancien coach du PSG, qui prend la défense de l'avant centre du onze national, Islam Slimani, muet en Afrique du Sud alors qu'il avait fait parler la poudre lors des éliminatoires. «On était les meilleurs en Afrique du Sud en termes de statistiques» «Il ne faut pas accabler Slimani qui revenait de blessure au même titre que Soudani. Je n'avais pas d'autres alternatives. Slimani était inconnu il y a un an et demi de cela. J'ai cru en lui. Il peut devenir plus fort et plus efficace. La chance n'était pas avec lui dans cette CAN. Lors de la dernière séance d'entraînement avant la rencontre contre le Togo, il a mis tous les tirs dans la lucarne, mais il n'a pas eu la même réussite dans le match. Il serait rentré dans l'histoire s'il avait marqué le second but face au Mali dans les éliminatoires du Mondial 2014 et si sa reprise de la tête ne s'était pas écrasée sur la barre transversale face à la Tunisie. S'il avait ouvert le score, on aurait battu facilement la Tunisie. J'étais triste après le premier tour de la CAN. On a reçu un message d'encouragement de la part du président de la République et un appel du Premier ministre. On aurait aimé battre les voisins tunisiens et procurer de la joie au peuple algérien, préoccupé alors par cette prise d'otages dans le sud algérien. Si Slimani avait également concrétisé sa seconde occasion face au Mali, on aurait gagné et assuré d'ores et déjà la qualification au Mondial. Il faut lui accorder des circonstances atténuantes. Il ne joue pas à Manchester United. C'est une question de niveau aussi. Idem pour Guedioura qui a une frappe fantastique, mais qui ne cadre pas ses tirs. Depuis 1962, l'Algérie n'a pas eu de grands buteurs. Même dans la sélection de 1982, ce sont les Madjer, Belloumi, Assad et autre Fergani qui faisaient la différence, pas les avants-centres. On ne fait pas le travail nécessaire pour former des buteurs. On ne peut créer des Drogba en l'espace d'une semaine», précise le patron de l'EN, en quête, justement, de renforts sur le plan offensif en prévision du match capital contre le Bénin. «On va renforcer l'équipe par 3 ou 4 nouveaux joueurs (Belfodil, Brahimi, Ghilas et Taider ?). L'un de mes adjoints est allé superviser Ghilas au Portugal. On fait les choses discrètement. On cherche les meilleurs joueurs algériens qui ne posent toutefois aucune condition pour rejoindre la sélection. J'aurai aussi besoin d'un assistant et d'un entraîneur des gardiens de but dans mon staff. On verra plus clair prochainement», a annoncé Coach Vahid, qui ne compte pas récupérer Belhadj et Ziani.