Le chemin de la protestation des anciens rappelés de l'ANP, entre 1994 et 1999, sera repris le 17 juin avec un rassemblement national dans la ville de Blida, après avoir été empêchés à maintes reprises d'organiser le moindre mouvement de contestation dans la capitale. La décision a été prise le 1er juin par les membres de la Coordination nationale des anciens rappelés du service national lors de leur rencontre à Batna. Selon le porte-parole de cette organisation nationale, 36 coordinations de wilaya ont pris part à la réunion. La reprise des actions de rue a été souhaitée par la majorité des participants, afin de maintenir la pression sur les autorités concernées, d'une part, et rester mobilisés, d'autre part, en maintenant le dynamisme de ce mouvement de protestation né depuis plus de deux ans. «La réussite de notre congrès national, tenu à Alger au siège de la LADDH le 18 mai, a donné un nouveau souffle à notre mouvement. On s'est mieux organisé afin de mobiliser le plus grand nombre possible d'anciens rappelés autour de notre plate-forme de revendications», nous dira Ali Babassi, porte-parole de la coordination, d'un air déterminé à continuer leur lutte pacifique pour arracher leurs droits. Selon notre interlocuteur, l'ensemble des membres de la Coordination des anciens rappelés de l'ANP ont exigé de mettre à l'écart des éléments qui ont essayé de récupérer leur mouvement à des fins politiques. «Notre mouvement est national et apolitique. Celui qui veut exceller dans la politique n'a qu'à adhérer à un parti qui lui convient», insiste l'infatigable Babassi. Ce dernier a précisé que l'absence de leur mouvement ces dernières semaines sur le terrain n'est aucunement un renoncement à leur combat. «Nous avons pris une période de réflexion mais surtout de réorganisation de nos rangs pour mener à bon port notre combat», indique le porte-parole des anciens rappelés de l'ANP durant la décennie noire. Il ajoutera que leur mouvement est toujours disponible et favorable pour un dialogue. Notons que les anciens rappelés de l'ANP, au nombre de 250 000, à l'échelle nationale, exigent des autorités du pays un droit à une pension d'indemnisation à leurs sacrifices qui couvre la période de 1995-2011, la réintégration de ceux qui ont perdu leurs postes de travail durant leur rappel par le «devoir de la nation», le droit au logement, l'accès aux structures sanitaires militaires des blessés et handicapés. Plusieurs marches et rassemblements ont été organisés depuis deux ans par les anciens rappelés. Les autorités militaires ont fini par convoquer l'ensemble des concernés pour des examens médicaux, mais les protestataires sont loin d'être satisfaits concernant les autres points de leur plate-forme remise au premier magistrat du pays.