J´ai toujours eu de la sympathie pour la chaîne. Et pas seulement pour une raison linguistique (elle est la seule à utiliser la seule langue que je maîtrise, bien qu´elle ne me soit pas maternelle). J´adore cette chaîne en raison de son ton qui a toujours tranché avec la langue de bois qui prévaut ailleurs. Je l´adore aussi (et ce depuis longtemps) pour la qualité de ses animateurs (trices), leur esprit d´ouverture et surtout leurs initiatives. (Je suis à peu près sûr que l´idée du concours du drapeau national ne vient pas d´eux et qu´elle a été concoctée à leur insu...). C´est pour toutes ces raisons, plus une que je tiens à saluer leur engagement sur le terrain de la vie sociale. On ne peut que louer la dernière campagne menée conjointement avec Sonelgaz (dont il faut signaler au passage son extrême engagement dans des opérations liées à la protection de l´environnement ou à l´utilisation rationnelle de l´énergie) pour le nettoyage de certaines plages du littoral qui s´étale d´El Tarf à Aïn Témouchent. Il va sans dire, bien sûr, que tout ceci se déroule avec l´assistance du ministère de l´Aménagement, de l´Environnement et du Tourisme qui en est le promoteur, puisque le premier intéressé. Ce volontariat, qui a mobilisé des associations pour la protection du littoral et des écoliers sensibilisés pour la circonstance, a connu un véritable écho dans le pays comme il a soulevé une série d´interrogations. Comme beaucoup d´estivants ont pu le remarquer par le passé, les plages de nos côtes sont sales, mal entretenues et manquent pour la plupart d´équipements pour attirer le touriste et faire d´une journée à la mer une journée agréable. Le fait est qu´il a fallu trois institutions coalisées pour redonner aux plages «un visage humain», si l´on ose s´exprimer ainsi. Il faut d´abord s´interroger sur le rôle des municipalités qui sont en charge de ces portions de territoire ouvertes épisodiquement au public. Ou bien l´entretien d´une plage revient cher ou bien les édiles, déjà accaparés par d´autres soucis plus urgents, manquent de moyens pour résoudre le problème. Dans les communes touristiques du sud de l´Europe, les municipalités intéressées par la manne touristique que peut ramener un afflux de touristes engagent souvent de vieux retraités qui passent chaque matin ramasser les détritus que les estivants indélicats de la veille ont oubliés sur le sable, car ces plages sont dotées de petites poubelles, mais, hélas, la propreté d´une plage ne dépend pas simplement des équipements. Et c´est en cela que le rôle de la radio est important: sensibiliser le citoyen par des actions concrètes pour l´amener à plus de civisme dans sa vie quotidienne. «Prière de laisser ce lieu aussi propre que vous souhaiteriez le trouver», devrait être le slogan qui doit être accroché au-dessus de chaque citoyen du berceau jusqu´à l´université. Et c´est par la saleté envahissante qu´on peut juger de la faillite de nombreuses institutions qui contribuent à former, à corriger ou à aider le citoyen: la famille, l´école, la municipalité. Il faudrait que cette initiative qui concerne la mer soit étendue à tous les espaces ouverts à un large public. Car si la mer demeure pour beaucoup une poubelle, les oueds, les terrains vagues, les forêts abritent des décharges sauvages.