La rencontre s'est tenue à l'Itma de Boukhalfa et les spécialistes du secteur ont reçu le patron de l'agriculture. A la veille d'octobre, dans un moment où la scène politique nationale bruisse de toutes parts, dans une wilaya longtemps fermée aux visites officielles, un ministre de la République, et quel ministre ! Celui de l'Agriculture réputé très proche du chef de l'Etat, était ce jeudi, l'hôte de Tizi Ouzou, précédant de quelques heures, celle du ministre de la Solidarité, M.Djamel Ould-Abbès prévue pour aujourd'hui samedi. C'est donc à l'occasion de la journée sur la vulgarisation agricole tenue à l'Itma de Boukhalfa que les spécialistes du secteur ont reçu le patron de l'agriculture. Tôt le matin, tout le monde était sur le pied de guerre, en costume-cravate pour beaucoup et en tenues à peine soignées pour les jeunes entrepreneurs qui attendaient que le ministre dans la foulée de cette journée, leur remette officiellement l'aide technique de l'Etat, tracteurs, matériel agricole etc...Seule ombre au tableau, l'absence des élus tant locaux que nationaux, notamment ceux du FLN. Seul, le président de l'APW assumait ses obligations officielles en se tenant à la tribune officielle aux côtés du wali et du ministre. Avant l'arrivée du ministre, dans un institut récuré avec soin et portant encore les traces du récent séisme, les ârch, une dizaine d'éléments conduite par Bélaïd Abrika, a essayé de «perturber» la visite. Un tour d'honneur aux cris de «pouvoir assassin!», une discussion «assez sérieuse» avec les policiers présents en masse et les ârchs se retirent. Devant les «stands» des divers secteurs agricoles, les «costumes-cravates» suaient à grosses gouttes et faisaient les cent pas, en attendant l'arrivée des officiels. Les jeunes investisseurs, par petits paquets, discutaient de leurs problèmes et surtout de ce qu'il faut dire au ministre. A son arrivée, le Dr Saïd Barket se dirige vers l'amphithéâtre de l'Itma où il prononça le discours officiel. Un discours émaillé de «jeunisme» et débonnaire et empreint de quelques mots en Kabyle pour dire: «Je suis chez moi à Tizi Ouzou!» Comme il a félicité les gens du secteur d'avoir su «préserver et garder ce cachet à l'institut de Boukhalfa...» Après avoir distribué symboliquement des diplômes à trois formateurs, des engins agricoles à une vingtaine de jeunes agriculteurs. Il a visité deux contrées: Cheurfa, près de Mekla où il a lancé officiellement la campagne agricole 2003 - 2004 et Bou-Illef près d'Irdjen où il a discuté avec des exploitants. Au retour sur Tizi Ouzou, dans la soirée, il est certain que les nouvelles en provenance d'Alger ont jeté un certain trouble dans la délégation. Aussi et après le repas, pris en retard à la résidence, le Dr Saïd Barkat a sacrifié au protocole en recevant la presse. Visiblement assez «contracté» ; le ministre devait défendre les réalisations du secteur, répondre à certains questionnements face à «certaines dérives du Fndr», en affirmant qu'au cours de la chaîne aboutissant à un crédit, des contrôles systématiques et divers se font et que malgré tout l'agriculture algérienne commence enfin à renouer avec l'exportation : comme c'est le cas des producteurs de pomme de terre d'El-Oued qui viennent de recevoir des commandes fermes de Tunisie. Cependant, la visite qui se voulait une sortie sur le terrain, s'est retrouvée «noyée» sous les nuages provenant d'Alger. Le ministre a, sans doute, laissé la place, toute la place au membre du comité de redressement. Une autre campagne, autre qu'agricole était en marche dans la capitale.