Les pèlerins algériens sont livrés à eux-mêmes C'est devenu un rituel. Malgré les promesses des officiels, des hadjis algériens dénoncent, chaque année, les mauvaises conditions d'accueil et d'hébergement. En finira-t-on, un jour, avec ces sempiternelles histoires de prises en charge qui empoisonnent la vie aux pèlerins algériens et les empêchent d'accomplir dans de bonnes conditions les rites du cinquième pilier de l'islam? En dépit des appels au calme et les assurances données par les officiels qui affirment que toutes les mesures ont été prises pour faciliter le séjour des hadjis, on relève chaque année des manques au niveau des structures d'accueil et de l'hébergement. Ils seront 36.000 encore cette année. 22.000 sont, déjà, sur place en attendant la seconde vague qui les rejoindra d'ici au 22 octobre. S'insurgeant contre les mauvaises conditions de séjour, 300 d'entre eux ont observé un sit-in, samedi, devant leur hôtel. Pourtant le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Bouabdallah Ghlamallah a instruit les membres de la mission afin qu'ils soient à l'écoute des pèlerins, notamment, les personnes âgées qui sont vulnérables et ont souvent besoin de l'aide d'un officiel, mourchidate ou imam pour régler leurs problèmes. Selon lui, 36.000 lits ont été réservés pour accueillir les 36.000 hadjis algériens inscrits pour le hadj de cette année. Mais les travaux d'agrandissement des Lieux Saints et la démolition des vieilles bâtisses et infrastructures hôtelières alentour risquent d'avoir un impact négatif sur l'hébergement des pèlerins. Même ceux qui sont logés dans de grands hôtels ne sont pas à l'abri et risquent de se retrouver à trois, voire quatre ou cinq personnes dans une chambre. La promiscuité risque aussi de s'étendre aux pèlerins logés dans des camps de toile qui ont, déjà, du mal à s'orienter et se retrouver au milieu de ces tentes à perte de vue, dressées en plein soleil et n'étant distinguables que grâce à l'emblème représentant tel ou tel pays. D'ailleurs, M.Ghlamallah a beaucoup insisté sur ce point, en invitant les hadjis à respecter l'organisation des groupes pour éviter, souligne-t-il, aux hadjis de s'égarer. En effet, beaucoup perdent leur chemin lors du rite réservé au «rajm» ou lapidation. C'est pourquoi, il recommande aux personnes âgées de ne pas trop faire d'efforts et d'envoyer, le cas échéant, un pèlerin pour effectuer le rite à leur place. Concernant le coût du Hadj, le ministre avait annoncé, il y a quelques mois, qu'il était toujours de 321.000 dinars et que les 25.000 dinars de hausse vont être supportés par l'Etat. Cette hausse est due, selon lui, aux frais supplémentaires relatifs au transport des hadjis et au loyer des logements et structures chargés de les accueillir. Concernant la couverture médicale, comme à l'accoutumée, des dizaines de médecins accompagneront et assisteront les pèlerins, tout comme de nombreux agents de la Protection civile pour les secourir en cas d'accident. Le ministre a tenu, enfin, à rassurer tout le monde, en précisant que le virus corona tant redouté par les hadjis est une histoire qui a été inventée de toutes pièces par des laboratoires pour faire vendre leurs médicaments ou vaccins.