Les terroristes ont égorgé Ahmed Benazza en 1994 sur sa terre à Mactaâ Kheïra. Sa terre est convoitée... Il n'a pas suffi que la famille Benazza perde en 1994 le papa, Ahmed Benazza, bénéficiaire d'une terre agricole (9 ha) férocement égorgé au lieudit Ferme Maâmar Bouziane (Mactaâ-Kheïra - Tipasa) après moult menaces de mort... Il n'a pas suffi que cinq orphelins et une veuve, Kheïra, reçoivent les gendarmes chargés de présenter les condoléances des autorités à la suite du lâche acte des terroristes dont le sanglant carrousel venait de débuter dans un pays jalousé, envié, mis à l'index pour son inflexibilité. Il n'a pas suffi que les autorités locales oublient les cinq orphelins et feront que seule la veuve Kheïra soit l'héritière sans ses bambins de l'époque. Il n'a pas suffi que le papa égorgé ait laissé des millions d'hectolitres de sueur pour faire d'une terre jadis (en 1975) en jachère, un beau verger. Il fallait que quelques années plus tard, un voisin vienne réclamer la terre inscrite au nom des Benazza dont le sang du papa avait arrosé les environs. Daoudi, l'aîné, un militaire blessé au combat contre les terroristes et laissé pour mort après avoir lui aussi vu et ressenti la lame parcourir son cou, heureusement solide, a pris la lourde responsabilité de sortir de sa torpeur en vue de sauver la terre du papa qui a rêvé, tant rêvé... Evidemment, qui dit terres agricoles, dit terrains, la justice appelle les antagonistes à la section «foncier». Le tribunal de Koléa (cour de Blida) prend les choses en main et déboute le voisin avec le sérieux et solide motif qu'il n'a aucune qualité pour prétendre avoir gain de cause. Parallèlement, la machine administrative avec la wilaya, la daïra, l'Office national des terres agricoles, et d'autres canaux, s'y mettent. Le voisin fonce, tête baissée en assurant que ses épaules sont suffisamment larges pour céder... Or, ce qu'ignorent de nombreux justiciables cupides et malintentionnés, c'est que cette juridiction menée d'une main experte par les deux pros de la justice, Kebabi, le président et Abdenour Gaci, le procureur en titre, fonctionne selon les normes propres à un tribunal qui se respecte. C'est même l'un des meilleurs tribunaux de la cour de Blida, avec Cherchell, Boufarik et encore Tipasa. L'aîné des Benazza trotte avec l'aide de son avocat Maître Draoui qui, pour le moment, observe les courses de son client. Brandissant une bonne douzaine de documents et nous citons l'acte de propriété du papa en 1975, année du sommet de la Révolution agraire où le fameux slogan «La terre à ceux qui la travaillent» était d'actualité, le désistement signé par Kheïra, la veuve au nom de son aîné Douadi, la lettre de protestation adressée au wali de Tipasa par les héritiers en voie d'être déplumés... Il y a aussi la notification du service de l'Office national des terres agricoles qui demeuret de glace...la correspondance adressée au parquet de Koléa dénonçant l'impossibilité de l'administration, une correspondance du ministre de l'Agriculture qui a saisi le directeur de cabinet de l'Office national des terres agricoles. Lettre restée morte comme le papa depuis 1994! Le jugement par défaut pris contre la veuve jamais convoquée, ni entendue par la justice...Le retraité militaire Douadi qui n'a jamais pu accepter que sa maman ait été ignorée car elle n'a jamais eu vent d'une quelconque affaire en justice. Et c'est dans ces cas d'espèce que les justiciables qui ressentent l'injustice, parlent de pistons, de faveurs, de pots-de-vin, de pots de fer et ceux de terre etc... L'arrêté du wali de Tipasa qui a décidé d'octroyer près de 9 ha à Mactaâ Kheïra en vue de sa mise en valeur. Ceux qui ont su à propos des prétentions de ce Sahraoui, flétrissent l'immobilisme du wali resté plus glacé que le marbre ou encore d'autres responsables qui se f... que les héritiers de Benazza n'attendent aucune faveur de l'Etat. Ils cherchent leur seul droit que des forces obscures empêchent de faciliter le travail de sauvegarde, poussant les Benazza à travailler la terre, léguée en toute légalité, en n'usant d'aucune magouille, ni aide des services concernés malgré le souci du président de la République de voir les gens dispersés par le terrorisme retourner chez eux en toute confiance et ce, grâce à la Réconciliation nationale. Les autorités de Tipasa savent désormais que les Benazza attendent un geste fort de la République, c'est tout.