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Quand la new wave emporte les mots !
MUSIQUE RAI
Publié dans L'Expression le 31 - 10 - 2001

De « Balaki matjich » à « Baraqa m'ranka », le raï aura consommé ses repères pour se livrer corps et âme au discours cru et contestataire des ghettos.
Finies les grandes envolées lyriques des chouyoukh, finis les beaux tableaux fièrement ciselés par les maîtres du melhoun, le temps est à la consommation fast-food, deux temps, trois mouvements enlever c'est pesé et ça rapporte gros même si ça ne marque pas son temps. Le raï trab est devenu obsolète et ceux qui le chantent des parias qui ne cadrent pas avec un environnement fait de vitesse. Cheik Mekki Nouna, le président de l'association Acto, évoque la grandeur du raï avec nostalgie.
« Ce n'était pas la complainte des désoeuvrés, des obsédés ou encore l'écho des ghettos», dira-t-il, pour raconter le raï trab, où la beauté était chantée avec une pointe de retenue. «On ne disait pas les choses avec des mots crus. On chantait l'amour, la beauté, la femme, l'ivresse mais sans verser dans l'impudeur»
D'autres cheikhs du raï refusent d'en faire une complainte. Les premiers textes étaient des cris de révolte contre l'oppression coloniale. «Hanani, quand il voulait chanter «Balaki matjich», ne s'adressait pas à sa dulcinée. Il criait son refus de rejoindre l'armée coloniale et partir vers l'Indochine. Il n'a jamais été question de femme, mais de Fafa, la France dans le jargon populaire de cette époque», dira cheikh El Ouahrani. Hadj Méliani, l'universitaire bien connu, auteur de plusieurs travaux sur le raï, avouera, au cours d'une rencontre organisée par l'association Apico, que le raï en tant que genre musical, a été dévoyé par l'aspect commercial des choses. «Les paroliers ne sont plus les cheikhs de melhoun, mais des jeunes qui se sont abreuvés d'une nouvelle culture universelle, faite de rock, de rap et de reggae. Tout ceci est compréhensible quand on observe la thématique du raï. On ne chante plus les chevauchées dans les vastes contrées fleuries, mais on vante la beauté de sa voiture dernier cri ou son téléphone portable», dit-il. Il est erroné de dire que le raï a évolué loin des mutations de la société. Il a collé à tous les soubresauts, collant à n'en plus pouvoir à des repères en perpétuelle évolution. Le raï a chanté l'amour, mais il a aussi vanté les mérites des héros de Gijon. Le raï a chanté l'ivresse mais il avait arrondi les angles pour plaire au Fis dissous.
Après le festival de la jeunesse en 1986, le raï s'est anobli et a quitté les murs qu'il rasait. Khaled, Mami ou encore Cheb Hamid ont enfourché la scène de l'esplanade de Riadh El Feth pour gagner un nouveau public outre-mer. Finie la tare des mots, crûs, osés ou mesurés, ils n'avaient plus ce poids, ce lest qui leur interdisait la scène ou encore les foyers en Algérie.
Les oreilles du public de Vincennes ou encore de Paris et Marseille n'étaient pas chastes. Maltraitées par le répertoire de NTM ou de Gainsbourg, les «écoutilles» pouvaient se remplir de flots de décibels. Les paroles, on n'en a cure. Qui pourrait rougir en évoquant des ébats amoureux dans une baraque déglinguée?
Pour séduire un nouvel auditoire, les mots ne sont devenus qu'un élément de la mélodie. L'essentiel est ailleurs. Chanter l'ivresse, sa belle ou encore sa belle voiture, est devenu un exercice pour «plouc »
L'ère est maintenant au parrainage du raï par des grandes maisons de production qui se plient en quatre pour satisfaire les besoins d'un public, bigarré, modelé par les principes de la politique d'intégration prônée par les différents gouvernements français. Maintenant, on chante Aïcha mais dans la langue de Molière. On chante l'amitié mais avec des mots «beurs» puisés dans le répertoire des jeunes issus de Nanterre, de Marseille ou de Barbès. On casse la structure du texte pour ne se consacrer qu'à la trame musicale. Le raï a échappé au contrôle des cheikhs pour tomber dans l'escarcelle des ingénieurs du son et des compositeurs qui peuvent reproduire un son de guellal sans martyriser les paumes de leurs mains.
Cheikh Mekki Nouna et les puristes sont emportés par une «new wave» qui les a rendus aphones en attendant que passe la bourrasque, car pour se ressourcer, le raï se retrouvera, un jour, contraint de revenir à ses origines, à sa matrice, à ses chantres, les cheikhs qui ont fait des noms de Hamada, Rimiti, Boutaîba Seghir, les symboles d'un raï disparu.


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