Treize personnes ont péri hier dans de nouvelles violences en Irak, où un oléoduc clé reliant le pays à la Turquie a de nouveau été la cible d'une attaque provoquant une interruption des exportations de brut, selon des sources officielles. Les violences ne connaissent pas de répit en Irak alors que le gouvernement peine à mettre fin aux attaques qui font de nombreuses victimes tous les jours en dépit d'une vaste opération lancée contre les groupes armés qui s'est soldée selon Baghdad par de nombreuses arrestations, notamment 82, lundi dernier. L'attaque la plus meurtrière mardi a eu lieu au sud de Baghdad lorsqu'une voiture piégée a explosé après les prières de la mi-journée à la husseiniyah (lieu de culte chiite) d'Al Zahraa, tuant quatre personnes et en blessant 14. Au nord de Baghdad, dans la province de Salaheddine, un soldat, un combattant anti-Qaîda et deux civils ont été tués dans des attentats à l'explosif ont indiqué des sources policières et médicales. Dans le nord de l'Irak, dans province de Kirkouk, l'explosion d'une voiture piégée a tué trois policiers. Un ex-soldat et un civil ont eux été tués par balles dans la province de Ninive, selon les mêmes sources. Parallèlement, un oléoduc reliant l'Irak à la Turquie a été la cible d'une nouvelle attaque à la bombe mardi près de la localité de Albu Jahash dans la province de Ninive, a indiqué un haut responsable de la North Oil Company, la société pétrolière publique chargée de l'exploitation des hydrocarbures dans le nord de l'Irak. La production se poursuit mais le brut est pour le moment stocké plutôt qu'exporté. Les réparations devraient prendre fin d'ici trois jours, a dit la même source. Cet oléoduc de 970 km reliant Kirkouk (nord de l'Irak) au port turc de Ceyhan en Méditerranée, a été attaqué plus de 30 fois cette année, avait indiqué fin juillet un responsable pétrolier irakien. L'Irak, second producteur d'or noir au Moyen-Orient, dépend des exportations de pétrole pour plus de 90% de ses revenus. Ces violences surviennent au lendemain d'attentats ayant fait 28 morts, selon un nouveau bilan. Elles portent à 3 421 le nombre de personnes tuées dans des attaques depuis le début de l'année en Irak, soit une moyenne de 15 morts chaque jour. Ces violences font suite à deux assauts spectaculaires, menés il y quasiment trois semaines par un groupe lié à Al Qaîda contre deux prisons, qui ont permis l'évasion de plusieurs centaines de détenus, dont des hauts responsables du réseau extrémiste. Selon des experts, ces évasions ajoutent à la défiance de la population vis-à-vis du gouvernement, déjà accusé d'incurie face à la recrudescence des attentats depuis début 2013 et qui se voit aussi reprocher son incapacité à fournir des services de base.